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		<title>" NEOMODERNE " ... Dépasser la modernité pour en accomplir la promesse (commentaires)</title>
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		<title>En guise de conclusion : la devise ultime du &amp;#34;socialisme néomoderne&amp;#34;...</title>
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<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><p>S'il ne fallait retenir qu'une seule phrase, en guise de conclusion, la voici.<br />
Elle résume merveilleusement tout ce qui précède.&#160;<br />
Avec humour, elle en dit bien plus, à elle seule,&#160;que beaucoup d'ouvrages.<br />
Elle mériterait, en démocratie,&#160;d'avoir sa place&#160;en entête de toute&#160;carte électorale.<br />
Fermez les yeux...&#160;<br />
Faites un rêve...<br />
&#160;</p>
<p style="text-align: center"><strong>"On se prend souvent pour quelqu'un, alors qu'au fond, on est plusieurs"&#160;<br />
</strong><span style="font-size: x-small"><br />
Raymond Devos cité dans "Genèse du désir" de Jean-Michel Oughourlian</span></p>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_33</link>
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		<category>Extraits</category>
		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 18:13:32 -0000</pubDate>
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		<title>Adam Smith adulte n&amp;#39;est pas Adam Smith enfant</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de  à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Même remarque pour la distinction Adulte / Enfant.<br />
La comparaison de doctrines politiques doit se faire à niveau de développement personnel identique.<br />
Comble du comble : tenter de démontrer la supériorité d'une doctrine en faisant appel&#160;aux connaissances en sciences humaines sur le comportement.... d'enfants... au sein de sociétés animistes...<br />
Certes c'est une caricature mais je force le trait pour bien montrer ce double écueil possible d'un projet de refondation de la philosophie politique sur une base anthropologique.<br />
Le socialisme est un projet éducatif portant sur nature mimétique du rapport humain.<br />
"Le socialisme est une expression de ce projet éducatif, qui consiste à poser des limites. Instaurer la démocratie, sous n'importe quelle forme, c'est toujours contrarier la nature humaine et les pulsions égoïstes" (Raffaele Simone).<br />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_32</link>
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		<category>Extraits</category>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 10:48:19 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Adam Smith n&amp;#39;est pas Adam : limites du projet de refondation de la philosophie politique sur une base anthropologique (réponse à Hervé Debonrivage)</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Je viens de relire votre intervention n° 28 qui m'inspire la réflexion suivante :<br />
<br />
Je reprends le modèle de description de la réalité humaine grossièrement ébauché plus haut.<br />
Je parlais de 2 constantes universelles. Je suis allé trop vite. Les voici sous une forme que je soumets à votre critique :<br />
<br />
- une dimension "politique" : qui fixe les modalités des rapports des humains entre eux.<br />
- une dimension "métaphysique" : qui fixe les modalités du rapport des humains au monde<br />
<br />
Nous dirons que ces 2 dimensions se combinent pour former une "anthropologie" c'est-à-dire une conception globale de l'homme.&#160;<br />
<br />
Selon cette idée, chaque société détermine ainsi sa propre "anthropologie" qui forme <i>un tout cohérent et indissociable </i>issu de la combinaison de sa propre conception du "politique" et du "métaphysique".<br />
C'est ainsi que je comprends la notion que vous évoquiez plus haut d' "universalisme relatif".<br />
<br />
Ainsi il existe différentes métaphysiques : animisme, monisme, panthéisme, métaphysique de la création, matérialisme (pour plus&#160;de détails&#160;voir par exemple Claude Tresmontant "Les métaphysiques principales").<br />
<br />
Il est entendu&#160;qu'à chacune de ces métaphysiques correspond une conception du "politique" qui détermine de quelle manière les hommes doivent se comporter entre eux.<br />
<br />
Ainsi la société moderne combine une métaphysique "matérialiste" ("la réalité matérielle est seule et unique")&#160;avec une approche politique plutôt "libertaire/individualiste" (j'entends par là très permissive dans la gamme des comportements autorisés pour chaque individu).<br />
<br />
A contrario, les sociétés "pré-modernes" (dont la survie est davantage liée&#160;aux caprices de&#160;l'environnement naturel)&#160;semblent&#160;percevoir le monde comme un "cosmos" dont l'équilibre est à préserver. Par conséquent les comportements humains (participant de cet ordre) y sont plus normés.&#160;<br />
A ce sujet l'institution du sacrifice&#160;dans ces sociétes&#160;peut très simplement se concevoir comme mode de communication avec le surnaturel (invisible) par destruction d'éléments visibles (animal, plante, prisonniers...).<br />
<br />
<b>Ma question est la suivante </b>: pensez-vous qu'il soit réellement possible d'établir une comparaison objective :&#160;<br />
- de la "véracité relative" de doctrines politiques (libéralisme, socialisme, néolibéralisme et...) <i>qui sont toutes parties prenantes d'un même paradigme métaphysique </i>(en gros le matérialisme naissant).<br />
- en faisant appel à l'anthropologie de sociétés "pré-modernes" (ayant par définition&#160;des paradigmes métaphysiques très différents).<br />
Pour donner une image, cela ne revient-il pas à "comparer la "propreté" de serviettes et de torchons qui n'ont pas été lavés dans la même machine ?".<br />
<br />
<b>Pour être encore plus clair : <i>quitte à faire appel aux sciences humaines ne convient-il pas de mettre en concurrence des doctrines politiques uniquement </i></b><u><b><i>sur le même terrain métaphysique</i> </b></u><i><b>(autrement dit relativement à des descriptions anthropologiques&#160;qui&#160;leur sont contemporaines)&#160;?<br />
</b></i><br />
Cela ne concerne qu'une petite partie du livre mais la question mérite, me semble-t-il, d'être posée.<br />
<br />
Enfin, pour conclure, une dernière idée (en guise de "provocation") pour faire rebondir le débat.<br />
Le dernier n° de "Philosophie magazine" pose la question : "la socialisme peut-il renaître ?". On y trouve un interview de Vincent Peillon. Titre de son dernier livre : "Une religion pour la république". Titre de l'article "Il faut armer spirituellement la gauche".<br />
Question : le libéralisme aurait-il gagné sur le terrain d'une métaphysique matérialiste ? Pour refonder le socialisme, convient-il de faire évoluer&#160;le&#160;paradigme métaphysique&#160;moderne&#160;?<br />
A lire aussi l'interview de l'essayiste italien Raffaele Simone... Détracteurs de la "théorie mimétique" s'abstenir !...<br />
Bonne lecture !]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_31</link>
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		<category>Extraits</category>
		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 21:52:10 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Rectificatif</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Rectificatif sur le titre de l'ouvragre de JM Oughourlian cité ci-dessus : il s'agit de "Genèse du Désir" paru en 2007 aux Editions Carnets Nord (et non pas "Un mime nommé désir" du même auteur mais plus ancien).]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_30</link>
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		<category>Extraits</category>
		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 20:09:36 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title></title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />La théorie du "désir mimétique" dont il a été fait allusion plus haut ne saurait s'assimiler à la seule "rivalité mimétique" où même, pire, à la "théorie du religieux" (critiquable) de René Girard.<br />
<br />
C'est <u><b>une clé de lecture</b></u><b><u> de discours </u></b>portant sur un mécanisme unique et polyformes : le désir mimétique (ou, pour éviter tout malentendu, le mécanisme du "Moi-du-Désir" selon la formule de Jean-Michel Oughourlian).<br />
<br />
Libéralisme, socialisme, néolibéralisme...<strong> </strong>: sont considérés ici comme <b><u>des points de vue</u> </b>sur le désir mimétique. Le discours qui s'en dégage est alors <u><b>autoréalisateur</b></u>.<br />
<br />
Ainsi, à bien des égards, le socialisme peut être considéré comme un discours portant et encourageant les conséquences positives du désir mimétique (empathie, collaboration etc...).<br />
<br />
<b><i>On voit donc qu'on est bien loin d'une théorie unique dogmatique mais au contraire d'un mécanisme qui laisse toute sa place aux réprésentations mentales, <u>à différents niveaux de rationalité</u> et, par là, à la liberté humaine.<br />
</i></b><br />
Je ne peux que vous conseiller la lecture de Jean-Michel Oughourlian : "Un mime nommé désir" (notamment le chapitre intitulé "une nouvelle théorie du désir"). Ou encore Jean-François Dortier : "Les humains mode d'emploi" (notamment la chapitre "Les marchés sont-ils fous ? Psychologie d'une crise financière").<br />
La grille d'analyse présentée plus haut pour la lecture de la philosophie politique ou de l'analyse économique vous apparaîtra peut-être plus pertinente.<br />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_29</link>
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		<category>Extraits</category>
		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 21:51:28 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>La rivalité mimétique : Abel n&apos;est pas Caïen</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Debonrivage à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><div> </div>
<div><b>La conception de la rivalité mimétique chez René Girard : sa portée et ses limites.</b></div>
<div>Par Hervé Debonrivage</div>
<div> </div>
<div>Repartons de la phrase de <b>Hobbes</b> citée plus haut</div>
<div><font color="#1e0101">"De cette égalité de capacité résulte une égalité d'espoir d'atteindre nos fins. Et c'est pourquoi si deux hommes désirent la même chose, dont ils ne peuvent cepen­dant jouir tous les deux, ils deviennent ennemis; et, pour atteindre leur but (principa­lement leur propre conservation, et quelquefois le seul plaisir qu'ils savourent), ils s'efforcent de se détruire ou de subjuguer l'un l'autre" </font></div>
<div><b><span style="color: #1e0101">René Girard (RG)</span></b><span style="color: #1e0101"> va perfectionner cette manière de voir en introduisant ce qui est pour lui un principe fondateur quasi universel : la <i>rivalité mimétique</i>.<br />
</span></div>
<div><b><span>Le triangle mimétique </span></b><span>de RG est constitué des trois sommets suivants :<b> le sujet S (ou le Moi)</b> qui désire, <b>l'objet O </b>du désir, <b>l'Autre A</b>.</span></div>
<div><span style="color: #1e0101">Vu au 1<sup>er</sup> degré, dans la conception Hobbésienne, O est est un objet matériel (chose, animal, humain, argent,..), l'Autre<b> </b>est un autre individu a (j'utilise volontairement ici la notation lacanienne).</span></div>
<div><span style="color: #1e0101">S et a désirent le même objet O et entrent en conflit.</span></div>
<div><span style="color: #1e0101">Vu au second degré, dans la conception Girardienne, la situation est plus complexe : O devient une représentation sociale de l'objet O (en quelque sorte fétichisé) qui confère à son propriétaire un statut, un privilège ou un <b>prestige</b> social.</span></div>
<div><span style="color: #1e0101">Si l'autre a possède l'objet O, ou le désire aussi en ayant la capacité de se l'approprier, il est investi de ce privilège ou prestige et devient l'Autre A.</span></div>
<div><span style="color: #1e0101">Alors S, <b>par mimétisme,</b> désire O car A le possède ou le désire aussi. L'Autre devient un<b> modèle </b>pour S qui peut éprouver pour lui fascination, admiration…D'autre part, le désir de S ne s'exerce plus directement sur O, il est médiatisé par l'Autre que Girard nomme de ce fait <b>médiateur.</b> Le désir de S est le désir de l'Aure et on retrouve ici une formule célèbre de Lacan : le désir de l'Homme est le désir de l'Autre, ou plutôt le désir induit par l'Autre.</span></div>
<div><b><span style="color: #1e0101">Ainsi, </span>l'objet ne possède de valeur que parce qu'il est désiré par un autre.</b></div>
<div> </div>
<div>Il est alors nécessaire ici de <b>distinguer besoin et désir</b>.</div>
<div>Nous ne appuierons pas sur la définition freudienne car RG récuse les thèses freudiennes.</div>
<div>Le <b>désir</b> est la recherche de la réduction d'une tension issue d'un sentiment de manque et en ce sens on ne désire que ce dont on manque. Quand on a trouvé des objets ou des buts considéré comme une source de satisfaction, on va tendre vers eux. Le désir est tantôt considéré positivement puisque l'on considère l'objet désiré comme source de plaisir ou de contentement, voire de bonheur, tantôt considéré négativement comme une source de souffrance, une forme d'insatisfaction. D'où l'ambivalence du désir.</div>
<div>D'un point de vue psychologique, le <b>désir</b> est une tendance devenue consciente d'elle-même, qui s'accompagne de la représentation du but à atteindre (qui peut être l'appropriation d'un objet) et souvent d'une volonté de mettre en œuvre des moyens d'atteindre ce but.</div>
<div><i>Le désir est à distinguer du</i><b><i> besoin</i></b>, qui renvoie au <b>manque</b> et à ce qui est utile pour le combler, et de la nécessité qui peut être impersonnelle ou logique.</div>
<div>Illustrons cela : Besoins : S veut acheter tel vêtement pour ne pas avoir froid l'hiver et qu'importe la marque, la coupe pourvu que la taille lui convienne.</div>
<div>S veut acheter une caisse métallique pourvue de 4 roues et d'un moteur pouvant le transporter d'un point A à un point B sans panne : la voiture ne trouve ici sont sens que dans son utilité.</div>
<div>Désirs : S désire un vêtement de telle marque, à la mode, lui conférant une apparence de manager dynamique ; S désire acheter la même voiture que son patron, ou de telle ou telle marque pour "impressionner la galerie".</div>
<div>On constate sur ces exemples que la notion d'Autre peut dépasseer la simple référence à un individu mais peut désigner une instance de l'ordre symbolique (le nom du père chez Lacan), ou, sur un autre plan, de l'ordre social (communauté, corporation,…). Si l'on considère A comme individu, il est alors élément représentatif de cette instance de l'ordre considéré.</div>
<div>Le désir mimétique est alors, par exemple, le désir d'être conforme relativement à un groupe d'appartenance.</div>
<div> </div>
<div>Mais observons aussi que les <strong>besoins fondamentaux définis par Maslow</strong><strong><span style="font-weight: normal"> en 1943, rendus </span></strong> célèbres par leur figuration pyramidale, recouvrent à la fois la notion de besoin et celle de désir. Les 2 premiers étages de la pyramide (besoins physiologiques, besoin de sécurité ( j'ai constaté que les psychiatres ajoutent sécurité intérieure) sont en effet des besoins, mais les étages suivants peuvent être aussi classés comme désirs ( appartenance, estime de soi et reconnaissance sociale, réussite).</div>
<div>On voit donc que cette distinction n'a pas de caractère universel ou normatif.</div>
<div> </div>
<div><b>Il se présentent alors 2 types de situations  concernant le rapport Sujet-Modèle.:</b></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">         </span>l'imitation du modèle par le sujet ne modifie pas ce modèle : RG prend l'exemple de</div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 18pt"> Don Quichotte qui désire devenir un chevalier parfait en imitant son maître chevaler. Ce dernier ne modifie pas son comportement pour autant.</div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 18pt">Dans des apprentissages passant par l'imitation, le maître-modèle ne ùodifie pas son comportement en raison de l'imitation de l'élève.</div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 18pt">Dans ce cas, se conserve une certaine distance entre sujet et modèle : RG parle alors de <b>médiation externe</b>.</div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">         </span>l'imitation du modèle par le sujet influe sur le comportement du modèle qui devient alors rétroactif : RG parle alors de <b>médiation interne</b> ou <b>de désir mimétique.</b></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt">Le modèle accroît son prestige en suscitant, en confortant le désir des autres pour le même objet : l'objet n'a de valeur sociale que s'il est convoité. Le modèle se fabrique ainsi des rivaux et le sujet S devient un rival pour A. Mais par imitation, S fait du modèle A, par réciprocité, un rival : on parle alors <b>de rivalité mimétique</b>.</div>
<div>           On remarque ici le caractère circulaire du processus qui construit une rivalité</div>
<div>            croissante.</div>
<div>           Le modèle peut interdire au sujet l'appropriation de l'objet O, rendre impossible la</div>
<div>            réalisation de son désir : on parle alors de <b>modèle-obstacle</b>.</div>
<div>            Dans une optique lacanienne, A devient le <i>non du père</i>.</div>
<div> Ainsi, A dit "imite-moi mais ne sois pas comme moi". Le modèle veut maintenir une <b>différentiation</b> alors que, contradictoirement nous sommes dans un processus d'imitation, de mimétisme. C'est cette interdiction ou obstacle qui explique ainsi, pour RG, les traits distinctifs des cultures, le besoin de se distinguer et de se fixer une identité propre.</div>
<div>D'autre part, ce caractère contradictoire est à la source de <b>l'ambiguïté ou embivalence des sentiments du sujet </b>pour le modèle : adoration (désir d'être le modèle) et haine (en raison de l'interdit). </div>
<div>Peut apparaître ainsi un conflit, une <b>violence mimétique d'appropriation</b> qui se<b> </b>rapporte plus à l’objet qu’est le besoin qu'à à sa représentation qu’est le désir, l'objet n'étant pas partageable contrairement à sa représentation qui l'est.</div>
<div> </div>
<div>Selon RG, cette violence mimétique conduit à la désignation de <b>boucs émissaires </b>qu'il convient alors d'éliminer. Puis, pour briser le cercle infini des vengeances et représailles, et ensuite réguler la violence humaine de toute société, la communauté commémore cet événement dans le <b>rite du sacrifice</b>. La violence, d'abord maléfique, se transforme en violence bénéfique, puisque alors la violence sacrificielle protège la communauté de sa propre violence et qu'elle est à l'origine du rite, lui-même à l'origine de la pensée religieuse, du<b> sacré </b>et de l'ordre culturel.</div>
<div>Ainsi, contrairement à Hobbes et Locke qui jugulent la violence par un pacte civil conduisant à l'établissement d'un Etat, pour RG, cette violence est jugulée par le rite sacrificiel et fait émerger le sacré et la religion.</div>
<div>Tel sont, <i>brièvement résumées</i>, les thèses de RG.</div>
<div> </div>
<div>L'une des raisons probables du succès de cette théorie mimétique, c'est qu'elle peut être appliquée à <b>différents niveaux de complexité de la réalité </b>en utilisant la terminologie de la théorie des contextes d'Anthony Widden ou des Méthodes d'Edgard Morin. Nous ne détaillons pas ce point.</div>
<div>Indiquons néanmoins que les phénomènes de mode, de conformité à un groupe d'appartenance (parti, communauté,…), d'identification d'une foule à un leader charismatique, d'assimilation de codes culturels du groupe dominant par les colonisés ou les dominés, les phénomènes moutonniers dans la finance ou ailleurs, l'identification de la victime à son bourreau, etc constituent des illustration de cette mimétique.</div>
<div>Cela a justifié la création de l'association Recherches Mimétiques : <a href="http://www.arm.asso.fr/mimetique" rel="nofollow" ><font color="#800080">http://www.arm.asso.fr/mimetique</font></a></div>
<div> </div>
<div>Cette conception du désir mimétique peut ainsi susciter l'admiration :</div>
<div>Voici par exemple quelques propos de <b>Michel Serres </b>sur ce sujet qui s'adresse à RG  à l'Institut ::</div>
<div>"… Anthropologique et tragique, le modèle que vous proposez à notre méditation, en illuminant notre expérience, part du mime et du désir qui en découle. Tel aime la maîtresse de son ami ou l’ami de sa maîtresse ; tel autre jalouse la place de son proche voisin ; quel enfant ne s’écrie « moi aussi »  dès que frère ou soeur reçoivent un cadeau, et quel adulte peut se défendre d’un même réflexe ? L’état d’égaux crée une rivalité qui, en retour, nous transforme en jumeaux, réattisant à la fois la haine et l’attirance. Le paysage entier des sentiments violents, des émotions de base, divers et coloré en apparence, jaillit de cette gémellité uniforme et pourtant productive. Nous désirons le même, le désir nous fait mêmes, le même fait le désir, qui se reproduit, monotone, sur la double carte de Tendre et de Haineux, que vous dessinez avec le pinceau du mime….. <b>Vous avez mis la main sur l’un des grands secrets de la culture humaine,</b> spécialement de celle que nous connaissons aujourd’hui, dont les codes envahissent le monde exponentiellement plus vite que ceux de la vie – trois milliards huit cent millions d’années pour l’une, quelques millénaires à peine pour l’autre – parce que ses grandes révolutions – tailles de la pierre au paléolithique, écriture dans l’Antiquité, imprimerie à la Renaissance, industrie de chaînes et de séries depuis quelques siècles, nouvelles technologies, plus récemment - inventèrent toutes, sans exception, des réplicateurs, codes ou opérations de codage dont la surabondance envahissante caractérise notre société de communication et de publicité. Ces replicateurs, dont la similitude excite et reproduit le mimétisme de nos désirs, semblent imiter, à leur tour, le processus de reproduction de l’ADN vivant…"<br />
 </div>
<div>Michel Serres fait aussi remarquer que :" Mieux encore, ce mimétisme jaillit du corps, du système nerveux comprenant <i>ces <b>neurones miroirs</b>, </i>découverts récemment par des cognitivistes italiens et dont nous savons aujourd’hui qu’ils s’excitent aussi bien lorsque nous faisons un geste qu’au moment où nous voyons un autre le faire, comme si la représentation équivalait à l’acte. Ainsi le mime devient-il l’un des formats universels de nos conduites. Nous imitons, nous reproduisons, nous répétons. La réplication propage et diffuse le désir individuel et les cultures collectives comme les gènes de l’ADN reproduisent et disséminent la vie : étrange dynamisme de l’identique dont l’automatisme redondant, repliqué indéfiniment, va se répétant." (source : académie française : <a href="http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_reponses/serres_2005.html" rel="nofollow" ><font color="#800080">http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_reponses/serres_2005.html</font></a> )<br />
 </div>
<div>Ajoutons tout de même que ces neurones mroirs seraient impliqués dans<b> l'empathie </b>et que l'imitation ne serait se réduire à un mimétisme de rivalité : bien au contraire. : ils ne constituent donc pas une illustration convaincante de la rivalité mimétique mais seulement du phénomène de mimétisme. Cependant, si par exemple, r<strong><span style="font-weight: normal">essentir la souffrance physique d'autrui passe par les neurones miroirs, ce ressenti passe aussi par l'évaluation d'une douleur morale qui nécessite une construction cognitive mettant en jeu d'autres neurones (Source : Revue <i>Pour la Science</i> 31/03/2009).</span></strong></div>
<div><span style="font-weight: normal">D'autre part, curieusement, un trou sémantique apparaît dans le phénomène d'imitation ou de mimétisme : </span><u><span style="font-weight: normal"><i>c'est l'allocentrisme</i></span></u><strong><span style="font-weight: normal">, non pas pris au sens de sa définition en psychiatrie, mais en psycho-sociologie : la capacité de se mettre à la place de l'autre, pendant un certain temps, pour comprendre son raisonnement (allocentrisme cognitif) ou ressentir ses émotions et ses sentiments (allocentrisme affectif), ce qui ne signifie pas pour autant acceptation définitive et partage de son système de représentation : le contraire de l'égocentrisme, tout simplement.</span></strong></div>
<div><strong><span style="font-weight: normal">Cet aspect qui semble ici ignoré </span></strong><span style="font-weight: normal">est à la base de la sociabilité et de la coopération</span><strong><span style="font-weight: normal">.</span></strong></div>
<div><strong><span style="font-weight: normal">La modélisation des comportements humains en intelligence artificielle distribuée, via les systèmes multi-agents, permet de construire des entités logicielles en interaction et coopérantes dont l'un des modules de fonctionnement est précisément cette capacité : l'entité logicielle doit connaître les systèmes de représentation des autres entités. Les simulations de comportements égoïstes, non coopérants, a montré leur inefficacité ou leur moins bien bonne performance au regard les systèmes coopératifs.</span></strong></div>
<div> </div>
<div>Après cette transition, <b>examinons maintenant la partie critique de le conception girardienne</b>.</div>
<div>Le concept d'imitation considéré comme central ou universel existe déjà chez<b> Aristote et Platon </b>même s'il existe des différences dans sa définition.</div>
<div>Pour Aristote, « L'homme diffère des autres animaux en ce qu'il soit le plus apte à l'imitation</div>
<div><span style="font-size: 11pt">(Poétique, 4)</span></div>
<div><span style="color: black">Non seulement, pour Aristote, la <b><i>mimêsis</i></b> est de l’ordre de l’action plutôt que de la contemplation, mais encore toute action, en tant qu’elle tend vers une fin, tout mouvement, en tant qu’une cause finale le motive, est mimétique en son essence. Qu’est-ce donc en effet que tendre vers une fin, sinon s’efforcer de rejoindre un modèle auquel on désire s’identifier, imiter, le plus qu’il est possible, une forme d’existence plus parfaite dont notre existence présente souffre la privation (<em>stérêsis</em>)? L’imitation est en ce sens, pour Aristote, le principe de l’univers matériel en sa totalité, le principe qui fait se mouvoir toute existence qui souffre d’être privée de la perfection."</span></div>
<div>Pour Platon, la mimêsis relève surtout de l’ordre de l’imaginaire : elle a pour fonction de produire une belle image, dont l’harmonie et la symétrie ont pour but de séduire;</div>
<div> </div>
<div>La notion de représentation et de médiation existent chez ces auteurs :</div>
<div>"Tous les hommes prennent plaisir aux imitations» (<em>Poét</em>, 48 b 5). Cette propriété marque, selon Platon, un défaut en la nature de l’homme, elle est l’effet de cet éblouissement du vrai auquel, en tant qu’hommes, nous sommes assujettis : à défaut de la vision directe, nous passerons par la médiation de la représentation.</div>
<div>Cette même propriété marque, selon Aristote, la grandeur de notre nature. C’est sur le thème de la ressemblance — qui est la fin de toute imitation — que l’opposition des deux penseurs est la plus manifeste."</div>
<div>Quelle est l'œuvre d'art la plus mimétique ?</div>
<div>De toutes les œuvres de l’art, la tragédie est sans doute la plus “mimétique”, c'est-à-dire la plus expressive de cette autonomie qui est le propre de l’homme, l’animal mimétique par excellence. Plus que tout autre œuvre en effet, la tragédie est une, ramassée dans son unité avec une concision et une économie exemplaires : « La tragédie s’efforce de s’enfermer, autant qu’il est possible, dans le temps d’une seule révolution du soleil, ou de ne le dépasser que de peu, tandis que l’épopée n’est pas limitée dans le temps » (49 b 13-14)."</div>
<div align="left">Pour une étude fort intéressante sur la mimésis chez Platon et Aristote, se reporter à l'analyse de Jacques Darriulat <a href="http://www.jdarriulat.net/Auteurs/Aristote/Poetique/Imitation.html" rel="nofollow" ><font color="#800080">http://www.jdarriulat.net/Auteurs/Aristote/Poetique/Imitation.html</font></a> dont j'ai extrais ici quelques passages.</div>
<div align="left">Chez Platon, le domaine de la mimêsis est celui du simulacre, icône ou idole, qui se substitue, de façon bénéfique ou maléfique, à l’absence du vrai. Penser les “mimêmata”, c’est toujours, pour Platon, réfléchir l’effet, de signification ou de fascination, qu’ils produisent sur l’esprit.</div>
<div align="left">Et on retrouve cette idée chez un contemporain : <b>Jean Baudrillard </b>qui soutient — dans le livre <i>L’Échange symbolique et la mort</i> — que les sociétés occidentales ont subi une « précession de simulacre ». La précession, selon Baudrillard, a pris la forme d'arrangement de simulacres, depuis l'ère de l'original, jusqu'à la contrefaçon, à la copie produite et mécanique / « L'œuvre d'art à l'ère de la reproduction mécanique »), et à travers « le troisième ordre de simulacre » par lequel la copie remplace l'original. Baudrillard distingue néanmoins le simulacre de la copie, en ce que la copie demeure dans un rapport de référence par rapport à l'original (une copie d'un tableau ne prend son sens qu'à l'égard du tableau original), tandis que le simulacre ne fait que simuler d'autres simulacres : toute notion d'une œuvre originale, d'un événement authentique, d'une réalité première a disparu, pour ne laisser plus la place qu'au jeu des simulacres. (voir, Baudrillard, wikipédia)</div>
<div>De même, on trouve chez <b>Spinoza</b> cette notion de mimétique :</div>
<div><span style="color: #3d3d3d">Cette théorie du désir mimétique présente une évidente analogie avec ce que déclare Spinoza dans son « Ethique » au sujet de l'émulation (3° partie, chapitre 33) : « L'émulation est le désir d'une chose et qui est engendré en nous parce que nous imaginons que d'autres ont ce désir » et, dans son explication, il précise que cette « émulation » ayant bénéficié indûment d'une connotation d'honnêteté n'est en rien différente de l'imitation pure et simple</span></div>
<div> On pourrait aussi se référer à<b> Tarde </b>.</div>
<div>. Selon <i>Les lois de l’imitation des affects</i> (1890), l’imitation est le principe constitutif de tout groupe social. Tarde pense l’imitation sur le mode de l’ondulation rayonnante. Or, nous retrouvons le mécanisme de l’imitation des affects et cet imaginaire ondulatoire dans le texte spinozien. On pourrait ainsi citer l'économie des affects de Yves Citton (<a href="http://www.laviedesidees.fr/Spinozisme-et-sciences-sociales.html" rel="nofollow" ><font color="#800080">http://www.laviedesidees.fr/Spinozisme-et-sciences-sociales.html</font></a> )</div>
<div>Voici pour le mimétisme</div>
<div> </div>
<div>Concernant le désir, on ne développe pas ici les différentes approches psychanalytiques et philosophiques..</div>
<div>Voir pour cela : <a href="http://home.nordnet.fr/~jpkornobis/Textes/Desir.html" rel="nofollow" ><font color="#800080">http://home.nordnet.fr/~jpkornobis/Textes/Desir.html</font></a></div>
<div>Indiquons simplement que pour Freud, comme pour Lacan : que le désir du sujet a besoin de passer par l'Autre pour être ensuite réapproprié</div>
<div>Mais pour René Girard , il se distingue de Platon et Freud car le désir n'est pas seulement dans le champ de la représentation<span>   mais dans celui de </span><b><span>l'appropriation.</span></b></div>
<div>Il se distingue de Lacan et Hegel pour qui le désir du sujet est le désir de l'Autre (réapproprié) car selon lui, il y a absence de désir propre au sujet. Pour être précis, contrairement à Lacan ou Hegel, , pour RG, le désir du sujet est <i>selon </i>l'Aure (sollicité par l'Autre). Dans le cas où l'autre sollicite le désir du sujet pour un objet qui ne lui appartient pas, il n'y a pas de rivalité mimétique (cas où l'autre est un analyste hypnotisant le sujet, par exemple).</div>
<div> </div>
<div><b>Ansi, on constate que RG a emprunté et retraité les concepts de mimésis et de désir pour expliquer des comportements particulièrement répandus dans l'art romanesque, les récits mythiques et religieux mais aussi dans la vie courante, sans que les ingrédients conceptuels soient d'une grande nouveauté ou originalité</b>.</div>
<div>Nous ne parlerons pas ici en détail du rapport de RG avec la psychanalyse et le christianisme ce qui allongerait encore notre propos.</div>
<div>On peut néanmoins faire remarquer que l'idée selon laquelle la violence fonde la Culture  chez RG <b>n'est pas sans analogie avec le récit biblique du meutre inaugural de Caïen envers son frère Abel.</b></div>
<div> </div>
<div>Mais tout cela n'implique pas pour autant l'universalisme quasi absolu que l'on prête à sa théorie mimétique.</div>
<div>D'abord, tout désir n'est pas forcément mimétique.</div>
<div>D'autre part, comme l'indique justement Jacques Généreux, l'obstacle à la réalisation du désir du sujet n'est pas forcément le modèle, l'autre mais <b><i>la Loi</i></b>. Ceci est une évidence : la Loi interdit le vol ! Le principal obstacle à l'appropriation est la Loi.</div>
<div>Il faut aussi s'interroger sur certains faits, pris comme des évidences.</div>
<div>Ainsi, <b>Jacques Généreux</b>, reprenant la thèse de Girard écrit (p96):</div>
<div style="margin: 0cm 0.45pt 0pt 0.2pt; text-indent: 9.8pt"><font size="2">"</font><span style="font-size: 11pt"> comme le rappelle René Girard, le comportement enfantin offre la première et la plus flagrante preuve d'une propension </span><span style="font-size: 10.5pt">à </span><span style="font-size: 11pt">«l'imitation acquisitive» : «Mettez un cer­tain nombre de jouets, tous identiques, dans une pièce vide, en compagnie du même nombre d'enfants : il y a de fortes chances que la distribution ne se fasse pas sans querelles</span><span style="font-size: 12pt">»( </span><i><span style="font-size: 12pt">Des choses cachées depuis la fondation du monde, </span></i><span style="font-size: 12pt">Grasset </span><span style="font-size: 12pt">& </span><span style="font-size: 12pt">Fasquelle, 1978, rééd. Le Livre de poche, p. 19)</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">Que ce genre de situations existe, personne ne prétendra le contraire, mais affirmer que ce comportement soit universel ou quasi universel ne repose sur aucune étude statistique scientifique. Certes avant 3 ou 4 ans l'enfant est très<b> égocentré </b>(ce qui ne veut pas dire égoïste). Il est exact qu'à cet âge l'enfant se sépare difficilement de ses jouets du fait que ceux-ci font partie de son monde, de lui-même en quelque sorte, et d'autant plus, qu'à cette étape de son développement, <b>l'enfant est animiste</b>. </span></div>
<div>Considérer l'enfant comme un être par nature égoïste accapareur en raison de ce comportement, c'est projeter le mental d'un adulte sur celui de l'enfant. <b>Or ce mental d'adulte est structuré dans un contexte civilisationnel naturaliste qui définit une césure entre l’individu humain et le reste du monde </b>: "c'est le premier pas de la Raison selon l’approche moderne classique : individu humain &#8800; reste du monde… Des réflexions contemporaines tentent de montrer que la césure radicale entre l’individu humain et le reste du monde n’est pas la base unique de la Raison et qu’elle est même une limitation de la pensée. Il y aurait d’autres découpages possibles, tout aussi raisonnables et porteurs, peut-être, d’une universalité plus profonde.".( L’égocentrage spatial, les Cultures et les situations Marie-Noëlle ChamouxCelia- UMR CNRS 8733)</div>
<div> </div>
<div> En effet, <b>l'anthropologue Philippe Descola </b>(successeur de Lévy Stauss au collège de France) a montré que notre civilisation occidentale, à dominante <b>naturaliste</b>, ne perçoit et se représente le monde qu'à partir d'un rapport particulier de l'intériorité à la physicalité et qu'il existe 3 autres modes possibles de représentation, dont l'animisme.</div>
<div>D'autre part, l'empathie se construit progressivement avec la maturation du cerveau et est en place généralement vers l'âge de 4-5 ans, mais la capacité de percevoir les émotions d'autrui et d'imitation est en place dès la naissance (voir La Recherche : <i>comment l'empathie vient aux enfants </i><span>   <a href="http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=10117" rel="nofollow" ><font color="#800080">http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=10117</font></a> ).</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">Maintenant, concernant le comportement de l'enfant par rapport à une distribution de jouets ne lui appartenant pas, je n'ai pas trouvé dans la littérature de la psychologie de l'enfant quelconque étude scientifique sur ce point.</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">JG, tout en acceptant cette thèse, partiellement vraie, lui donne une issue avec laquelle je suis d'accord : la régulation et la neutralisation des comportements violents par l'apprentissage de règles et l'intériorisation progressive de la Loi. </span></div>
<div> </div>
<div> </div>
<div><b>Cette prétention de réduire la complexité des comportements humains à un ou deux principes </b>(règle d'Occam oblige !) est pour le moins naïve : dans un domaine aussi limité (mais étendu !) et rigoureux que sont les mathématiques, le théorème d'incomplétude de Kurt Gödel (démontré en 1930) implique qu'il est impossible de déduire toutes les mathématiques à partir d'un nombre limité d'axiomes.</div>
<div>De même la prétention de trouver un modèle universel de résolution de problèmes en intelligence artificielle (appelé dans les années 1970 GPS : General Problem Solving) s'est avérée sans issue.</div>
<div>D'autre part, la notion<b> <i>d'universalisme relatif développée par Philippe Descola</i> </b>nous montre combien nos prétentions à l'universalisme sont souvent assujetties à un mode de représentation du monde bien particulier et dont nous n'avons pas, le plus souvent, conscience.</div>
<div>C'est probablement cette prétention à l'universel de RG et ce qui peut faire penser, par ailleurs, à un "retraitement" d'idées anciennes ou plus récentes sur la thématique du mimétisme qui explique "la dent dure" du<b> dictionnaire des philosophes </b>envers RG.</div>
<div style="margin: 0cm 36pt 0pt">" <span style="font-size: 13.5pt">Cependant, ce qu'a de réducteur et totalisant cette interprétation n'échappe pas au lecteur, malgré la faveur dont jouit Girard auprès de la critique, pas plus du reste que le statut de son discours que l'on situerait plus volontiers dans la religion que dans la théorie, dans la mesure où l'universalité d'un principe unique d'explication de toutes les conduites humaines convient fort peu à la science, et fait penser davantage à une profession de foi plus ou moins chargée de prosélytisme qu'à une analyse minutieuse des faits. De plus, il faut préciser que Girard n'est pas ethnologue lui-même, mais qu'il propose plutôt la méta-ethnologie que les ethnologues n'ont pas su faire, si on l'en croit tout du moins. Reste à savoir jusqu'à quel point elle manquait...." (<i>Dictionnaire des philosophes</i>, PUF t. 1 p. 1135-1137 (nov. 1993).</span></div>
<div style="margin: 0cm 36pt 0pt"> </div>
<div style="margin-right: 36pt"><b><span style="font-size: 13.5pt">Des aspects positifs </span></b><span style="font-size: 13.5pt">de la thèse de RG, à condition de la considérer comme non universelle, me semblent être les suivants : </span></div>
<div style="margin: 0cm 36pt 0pt 27pt; text-indent: -9pt"><span style="font-size: 13.5pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">   </span></span><span style="font-size: 13.5pt">elle affirme le caractère social du désir des individus et leur interdépendance </span></div>
<div style="margin: 0cm 36pt 0pt 27pt; text-indent: -9pt"><span style="font-size: 13.5pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">   </span></span><span style="font-size: 13.5pt">le mimétisme est une clée explicative, parmi d'autres, mais néanmoins importante du processus de domination : la fascination mimétique des dominées pour leurs "maîtres" , d'un groupe social (par exemple la bourgeoisie) pour un autre (par exemple la noblesse). Ainsi, le mimétisme est un facteur actif dans le processus du partage du système de représentation du monde des dominants par les dominés.</span></div>
<div style="margin: 0cm 36pt 0pt 27pt; text-indent: -9pt"><span style="font-size: 13.5pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">   </span></span><span style="font-size: 13.5pt">Elle permet de définir des ressorts communs à des comportements s'exerçant dans des contextes différents.</span></div>
<div style="margin: 0cm 36pt 0pt 18pt"> </div>
<div style="margin-right: 36pt"><b><span style="font-size: 13.5pt">Des aspects négatifs de sa thèse </span></b><span style="font-size: 13.5pt">me semblent être les suivants :</span></div>
<div style="margin-right: 36pt"><span style="font-size: 13.5pt">- son caractère réductionniste et extrêmement simplificateur.</span></div>
<div style="margin: 0cm 36pt 0pt 27pt; text-indent: -9pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">   </span><span style="font-size: 13.5pt">le fait que la volonté de puissance, la violence mimétique soit à l'origine des sociétés – ce qui n'est qu'une conviction d'ordre idéologique- conforte l'idée d'un homme prédateur par nature et légitime ainsi le processus de domination d'un groupe par un autre : les dominés , eux aussi par nature prédateurs récoltent la souffrance sociale qu'ils méritent.</span></div>
<div style="margin: 0cm 36pt 0pt 27pt; text-indent: -9pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">   </span>le fait que la religion soit considérée comme pacificatrice alors que les guerres de religions démontrent, du moins en partie, le contraire.</div>
<div style="margin: 0cm 36pt 0pt 27pt; text-indent: -9pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">   </span><b>La psychologisation des rapports sociaux</b> "qui consiste à penser certains problèmes, en faitliés à la structure de classe, à l'exploitation, à la domination, ou aux inégalités sociales, en termes de psychologie, et le plus souvent de caractéristiques psychologiques individuelles, en les rapportant à des <i>intériorités</i>. C'est donc naturaliser des rapports de domination.</div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 27pt">C'est dissimuler l'arbitraire social et politique qui est à leur principe, en culpabilisant les individus (la "honte sociale" de Gaulejac)</div>
<div style="margin-left: 27pt">. Un tel mécanisme idéologique de production de méconnaissance et de</div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 27pt">légitimation des dominations est bien connu depuis les travaux de Bourdieu." (voir étude de Lise Demailly<span>   <a href="http://www.iut.univ-lille3.fr/gracc/tableronde1/gracc-part4.pdf" rel="nofollow" ><font color="#800080">http://www.iut.univ-lille3.fr/gracc/tableronde1/gracc-part4.pdf</font></a> )</span></div>
<div> </div>
<div> </div>
<div style="margin-right: 36pt"><b>La difficulté, en sciences politiques, est d'avoir une approche multidimensionnelle, pluridisciplinaire donc, des phénomènes sociaux sans sombrer dans le psychologisme ou l'économisme. </b>Le grand mérite de Marx est d'avoir rompu avec plusieurs siècles de psychologisme et d'avoir expliqué l'exploitation d'une classe par une autre sans faire référence à <i>la tarte à la crème </i>de la volonté de puissance, la cupidité, l'égoïsme, la cruauté, etc qui peuplent depuis très longtemps les œuvres littéraires, historiques, philosophiques et encore aujourd'hui tous les médias.</div>
<div style="margin-right: 36pt">Evidemment, cela ne signifie pas que cette dimension psychologique ne joue aucun rôle dans l'Histoire, mais que celle-ci ne suffit pas à rendre compte de tous les phénomènes sociaux et notamment de leur origine. Mais il est bien connu que cet apport de Marx a conduit nombreux esprits réducteurs au défaut opposé : l'économisme.</div>
<div style="margin-right: 36pt"><b>Le grand mérite de Jacques Généreux est justement de ne pas tomber dans cette double erreur et cela est possible grâce à son approche interdisciplinaire non dogmatique. JG n'a pas de compte à régler avec tel ou tel penseur : il extrait de telle ou telle œuvre ce qui lui semble, vrai et juste.</b></div>
<div style="margin-right: 36pt"><b>C'est parce que je partage à 100% une telle démarche que j'ai pris le temps d'écrire longuement sur ce site et que je prends la défense de son livre (de ses idées).</b></div>
<div style="margin-right: 36pt"> </div>
<div> Hervé Debonrivage</div>
<div>.</div>
<div> </div>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_28</link>
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		<category>Extraits</category>
		<itunes:author>Debonrivage</itunes:author>
		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 23:45:09 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Hobbes et l&apos;émergence du libéralisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Merci pour votre longue réponse argumentée.<br />
Une phrase a retenu mon attention : "Le groupe dominant conçoit l'homme à son image".<br />
<b><i>Cela ne laisse-t-il pas entendre que les rapports humains sont tout simplement "autoréalisateurs", et qu'à ce titre, toutes les configurations psychologiques et&#160;par conséquent,&#160;politiques, sont possibles ?<br />
</i></b>C'est pourquoi l'ambition de "redéfinir scientifiquement la nature humaine" consiste, selon moi, essentiellement à dégager 2 constantes :<br />
<br />
- <i>la nature mimétique du rapport social </i>: au sens où l' "égo" a toujours tendance à oublier ce qu'il doit, dans sa genèse,&#160;à Autrui.<br />
<br />
- <i>la nature autoréalisatrice de ce mécanisme </i>par lequel il ne cesse de se dégrader sur le plan de ses conséquences psychologiques et sociales :&#160;oubli des "besoins humains fondamentaux"&#160;au profit de la&#160;multiplication des&#160;"désirs moyens" ...puis oubli des désirs moyens au profit des "désirs fins"&#160;...puis objectif de capture&#160;des "désirs fins" par les "cercles égocentriques&#160;d'intérêts" etc...<br />
<br />
Il y aurait ici toute une généalogie de la réalité sociale à décrire avec un vocabulaire simple (attention aux publications&#160;de type "public&#160;d'étudiants de sciences Po" qui laissent passer 90%&#160;de&#160;leur auditoire potentiel !).<br />
Dans le même ordre d'idée, voici quelques-uns des mots clés qui pourraient être ceux du "socialisme néomoderne" : prophétie autoréalisatrice, effet "pygmalion-démocratique", "pari mimétique", "motivation extracentrique", "effets multiplicateurs du don", ArgTemps (temps que l'on donne pour autrui et valorisé socialement) etc...<br />
<br />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_27</link>
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		<category>Extraits</category>
		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Thu, 14 Jan 2010 21:47:37 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Hobbes et l&apos;émergence du libéralisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Hervé Debonrivage à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><div> </div>
<div>Réponse de Debonrivage à contribution 25.</div>
<div>Cette intervention est tellement intéressante qu'elle demande une réponse développée.</div>
<div> </div>
<div><b>1- Parlons de Hobbes</b> qui n'est pas obsolète pour les libéraux dans sa conception de la nature humaine.</div>
<div>En prenant avec quelque espièglerie le contre-pied de l'idée de "cercles concentriques d'une communauté humaine" (L dissociété p.438 et suiv. ; Le socialisme néomoderne p.111 et suiv.) vous invoquez l'idée de "cercles égocentriques" où l'affrontement serait la règle selon Hobbes.</div>
<div>Bien que cette expression ne figure pas dans le Léviathan, il est vrai en effet que pour ce philosophe (1588-1679), à l'état de nature "l'homme à est un loup pour l'homme".</div>
<div>Dans cet état, il avance cette bonne idée que tous les hommes sont égaux mais, selon sa conception cette égalité conduit à l'état de guerre. Référons nous aux chapitres XIII et XIV du Léviathan.</div>
<div>"De cette égalité de capacité résulte une égalité d'espoir d'atteindre nos fins. Et c'est pourquoi si deux hommes désirent la même chose, dont ils ne peuvent cepen­dant jouir tous les deux, ils deviennent ennemis; et, pour atteindre leur but (principa­lement leur propre conservation, et quelquefois le seul plaisir qu'ils savourent), ils s'efforcent de se détruire ou de subjuguer l'un l'autre"</div>
<div>Cala engendre donc la défiance … " Et de cette défiance de l'un envers l'autre, [il résulte qu'] il n'existe aucun moyen pour un homme de se mettre en sécurité aussi raisonnable que d'anticiper, c'est-à-dire de se rendre maître, par la force ou la ruse de la personne du plus grand nombre possible d'hommes, jusqu'à ce qu'il ne voit plus une autre puissance assez importante pour le mettre en danger; et ce n'est là rien de plus que ce que sa conservation exige, et ce qu'on permet généralement."</div>
<div> </div>
<div>Mais existe-t-il quelques moments de trêves, de plaisir d'être ensemble ?</div>
<div>…" De plus, les hommes n'ont aucun plaisir (mais au contraire, beaucoup de déplaisir) à être ensemble là où n'existe pas de pouvoir capable de les dominer tous par la peur"</div>
<div> </div>
<div>Pour Hobbes, qui a une conception très mécaniste du comportement humain, les actes sont animés implacablement par le déterminisme de leurs passions :</div>
<div style="text-indent: 17.85pt; line-height: 13pt">" De sorte que nous trouvons dans la nature humaine trois principales causes de querelle : premièrement, la rivalité; deuxièmement, la défiance; et troisièmement la fierté…..La première fait que les hommes attaquent pour le gain, la seconde pour la sécurité, et la troisième pour la réputation.". Tout ceci coiffé par le volonté de puissance.</div>
<div style="line-height: 13pt"> </div>
<div style="line-height: 13pt">On remarque la logique déductive utilisée par Hobbes qui a étudié la logique mathématique et fréquenté Descartes, Mersenne, Gassendi…</div>
<div style="line-height: 13pt">Il poursuit ;" Par là, il est manifeste que pendant le temps où les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les maintienne tous dans la peur, ils sont dans cette condition qu'on appelle guerre, et cette *guerre est telle qu'elle est celle de tout homme contre homme."</div>
<div style="line-height: 13pt">Ainsi, selon cette conception, l'Homme est un prédateur par nature et qui met donc sa vie perpétuellement en danger.</div>
<div style="line-height: 13pt"> </div>
<div style="line-height: 13pt">Mais une telle situation permanente d'insécurité est difficilement supportable, et par instinct de conservation (appelé conatus), l'homme aspire à la paix. Et Hobbes a alors recours comme philosophe rationaliste a la puissance de la raison :</div>
<div style="line-height: 13pt">D'où, conséquemment les deux lois fondamentales de la nature exposées dans le chapitre XIV suivant du livre 1<sup>er</sup> du Léviathan ::</div>
<div style="line-height: 13pt">" Et par conséquent, c'est un précepte, une règle générale de la raison, <i>que tout homme doit s'efforcer à la paix, aussi longtemps qu'il a l'espoir de l'obtenir, et, que, quand il ne parvient pas à l'obtenir, il peut rechercher et utiliser tous les secours et les avantages de la guerre</i>. La première partie de cette règle contient la première et fondamentale loi de nature, qui est <i>de rechercher la paix et de s'y conformer</i>."</div>
<div style="line-height: 13pt">Et comment réaliser cette paix ? C'est la seconde Loi :</div>
<div style="text-indent: 18pt; line-height: 13pt">" De cette fondamentale loi de nature qui ordonne aux hommes de s'efforcer à la paix, dérive la seconde loi : <i>qu'un homme consente, quand les autres consentent aussi, à se démettre de ce droit sur toutes choses, aussi longtemps qu'il le jugera nécessaire pour la paix et sa propre défense; et qu'il se contente d'autant de liberté à l'égard des autres hommes qu'il en accorderait aux hommes à son propre égard</i>. Car aussi longtemps que chaque homme détient ce droit de faire tout ce qui lui plaît, tous les hommes sont dans l'état de guerre<span style="font-size: 10pt; font-family: Times">".</span></div>
<div style="text-indent: 18pt; line-height: 13pt"> </div>
<div style="line-height: 13pt">J'arrête ici les citations. Je résume la suite : les hommes doivent donc s'entendre, établir un contrat politique pour éviter la guerre permanente : accepter de se soumettre à un souverain tout puissant, de pouvoir absolu.</div>
<div style="line-height: 13pt">Hobbes est considéré par ce fait comme un théoricien de l'absolutisme.</div>
<div style="line-height: 13pt">Hobbes n'était pas athée (une partie du Léviathan est un traité de théologie) mais, protestant, critique du pouvoir ecclésiastique.</div>
<div style="line-height: 13pt">Bien que défendant ainsi l'absolutisme des rois européens de son époque, il fut l'objet de menaces en raison du caractère révolutionnaire (pour l'époque) de cette idée : le pouvoir politique naît du consentement du peuple.Hobbes fait partie des théoriciens du droit naturel, opposés à la théorie de droit divin. Hobbes considère que l'entrée en société est un choix volontaire et non le produit d'une providence divine.</div>
<div style="line-height: 13pt">Il s'oppose ainsi radicalement aux théoriciens du droit divin de son époque : Suarez<i> (De legibus</i> 1612) et Bossuet (</div>
<div style="line-height: 13pt"><i>Politique tirée des propres paroles de l'Écriture Sainte</i> 1670). Cette manière de placer l'origine du pouvoir royal dans l'espace civil et son non conformisme religieux expliquent pourquoi Le Léviathan fut brûlé à Oxford 4 ans après sa mort.</div>
<div style="line-height: 13pt">Pour Hobbes, les individus sont des particules élémentaires en mouvement, guidés par la force mécanique de leur volonté, de leurs passions, mais aussi par la recherche, parfois raisonnée, de leurs intérêts égoïstes.</div>
<div style="line-height: 13pt">Nous nous intéresserons pas ici à la critique de la conception du contrat développée par Hobbes car J.Généreux la développe dans son livre La Dissociété p.295 et suiv. (Ed. Points Essais Seuil).</div>
<div style="text-indent: 17.85pt; line-height: 13pt">La conception de Hobbes conduit à écraser la liberté par la sécurité.</div>
<div style="line-height: 13pt">Son "successeur" John Locke (1632-1704), considéré aussi comme l'un des fondateurs de la philosophie politique libérale contestera cet absolutisme et développera plutôt la notion de liberté et de propriété. Comme Hobbes, il partage l'idée qu'il faut un Etat régalien mais sa conception de l'état de nature est pour lui une période heureuse de "communisme primitif". Les hommes sont libres, égaux, raisonnables par nature et la propriété est un droit naturel. Il conçoit le pouvoir politique comme fondé sur la représentation et il est l'auteur de la séparation de pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, séparation qui sera complétée plus tard par Montesquieu (pouvoir judiciaire).</div>
<div style="line-height: 13pt">Ceci pour rappeler, sur cet exemple, que les sources philosophiques du libéralisme sont multiples. Ceci implique que pour un libéral, il est possible d'accepter une société sécuritaire, un pouvoir autoritaire et en même temps une certaine liberté (d'opinion, d'expression notamment). Mais cette conception d'un Etat fort n'a pas leur préférence, sauf quand les circonstances l'exigent !</div>
<div style="line-height: 13pt">En revanche sa conception de l'homme individualiste et prédateur constitue une ligne de force idéologique constante pour le libéralisme, qui traverse les siècles, et c'est la raison pour laquelle je vais m'attarder sur ce point.</div>
<div style="line-height: 13pt"> </div>
<div style="line-height: 13pt">Mais l'état de nature ainsi écrit, comme tous les autres décrits ultérieurement par les philosophes du 18<sup>ème</sup> siècle ne sont que des fictions métaphysiques ou des suppositions –types axiomes (donc indémontrables) – qui seraient validées par leurs conséquences observables. Or, pour Hobbes, il semble bien qu'il s'agit de cela : il est conscient de la fragilité de sa conception :</div>
<div>" Peut-être peut-on penser qu'il n'y a jamais eu une telle période, un état de guerre tel que celui-ci; et je crois aussi que, de manière générale, il n'en a jamais été ainsi dans le monde entier. Mais il y a beaucoup d'endroits où les hommes vivent aujourd'hui ainsi…."</div>
<div>C'est à dire que, même Hobbes n'est pas totalement convaincu que la conception de la nature humaine qu'il énonce soit une donnée anthropologique fondamentale. La démarche de Hobbes est en réalité inducto-déductive. C'est à dire : il observe le monde, se réfère à des faits observables fréquents de son époque, en déduit des principes sur la nature humaine, puis, ensuite, essaie de déduire de ces principes supposés vrais, les faits historiques observés.</div>
<div> </div>
<div><b>2 –L'histoire tourmentée de l'époque de Hobbes et la naissance du capitalisme.</b></div>
<div>C'est la raison pour laquelle, il est absolument nécessaire d'analyser le contexte historique de la période où vit Hobbes, Locke ou d'autres pour comprendre leur philosophie.</div>
<div>Si l'on adopte cette démarche, on comprend non seulement la vision de Hobbes mais les fondements historiques de la philosophie libérale, notamment les fondements de sa conception "prédatriste" de l'Homme.</div>
<div>Peut-on trouver dans le texte de Hobbes (toujours chapitres XIII et XIV) quelque chose qui confirme mon propos ?</div>
<div>Oui, voici ce que dit cet auteur :</div>
<div style="line-height: 13pt">"Mais, bien qu'il n'y ait jamais eu un temps où les particuliers fussent en un état de guerre de chacun contre chacun, cependant, à tout moment, les rois et les personnes qui possèdent l'autorité souveraine, à cause de leur indépendance, se jalousent de façon permanente, et sont dans l'état et la position des gladiateurs, ayant leurs armes pointées, les yeux de chacun fixés sur l'autre, c'est-à-dire avec leurs forts, leurs garnisons, leurs canons aux frontières de leurs royaumes et leurs espions à demeure chez les voisins, ce qui est [là] une attitude de guerre. Mais, parce que, par là, ils protègent l'activité laborieuse de leurs sujets, il n'en découle pas cette misère qui accompagne la liberté des particuliers."</div>
<div style="line-height: 13pt"> </div>
<div>Si l'on se penche sur l'histoire de l'Angleterre et de l'Europe de l'époque contemporaine de Hobbes (mi-16<sup>ème</sup> siècle-1<sup>er</sup> quart du -17<sup>ème</sup> sicle) qui correspond aux débuts du capitalisme marchand et du capitalisme commercial, ce qui rend cette période particulièrement intéressante, tous les propos de Hobbes s'éclairent à la lumière de la cascade des événements sanglants de cette période. Sans vouloir être exhaustif, en voici quelques uns.</div>
<div>Espagne : Les voyages des grands navigateurs ouvrirent la porte aux conquistadors (règnes des Hadsbourg : Charles Quint, Philippe 1<sup>er</sup> Philippe 3).</div>
<div>Qui étaient ces conquistadors ?</div>
<div>" De nombreux conquistadores étaient des hobereaux (nobles peu fortunés) <i>hidalgos</i>, dont beaucoup venaient d'Estrémadure « extrême et dure », authentiques, durs à cuire, individualistes, mercenaires dans l'âme, amants des défis qui voulaient s'enrichir dans les « Indes » car ils ne pouvaient pas le faire en Europe" (wikipédia).</div>
<div>Ceux-ci permirent au royaume d'Espagne de s'enrichir par le pillage d'or et d'argent des pays indigènes d'Amérique du sud</div>
<div>" <span style="font-size: 11pt">On connaît l'épouvantable barbarie des </span><span style="font-size: 11pt">conquistadores</span><span style="font-size: 11pt">espagnoles aux Amériques. En l'espace de cinquante ans, ils exterminèrent 15 mil­lions d'Indiens s'il faut en croire Bartholomeo de Las Casas, et 12 millions selon des critiques plus « conserva­teurs ». Des régions à population dense comme Haïti, Cuba, le Nicaragua, la côte du Venezuela furent entiè­rement dépeuplées . L'accumulation primitive du capital commercial portugais aux Indes fut caractérisée par des manifestations « civilisatrices </span><span style="font-size: 11pt">» </span><span style="font-size: 11pt">du même aloi…" (Traité d'économie marxiste tome E.Mandel p132).</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">La puissance de l'Espagne était redoutée et explique l'instauration de monarchies absolues en Angleterre et en France, prétextant du péril extérieur (c.f. Du Pouvoir de Bertrand De Jouvenel p.242).</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">En même temps, compte tenu de la dispersion du pouvoir royal espagnol à la fin du 16<sup>ème</sup> siècle (non absolutiste) et du coût exorbitant des armées dispersées dans de multiples territoires, l'Espagne s'enfonce dans des conflits internes et des difficultés financières : manque de force de cohésion du pouvoir central. (banqueroute en 1627). Nous nous attarderons pas sur la guerre de 30 ans qui </span>est une suite de conflits armés qui ont déchiré l’Europe de 1618<span style="font-size: 11pt"> à 1648 qui impliqua, entre autres, les Pays Bas espagnols.</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">En France, l</span>es guerres de religion commencent en 1562et se poursuivent entrecoupées de périodes de paix jusqu'en 1598, avec la mise en place de l'Édit de Nantes Ces troubles coïncident avec un affaiblissement de l’autorité royale. Les rois François I<sup><span style="font-size: 8.5pt">er</span></sup> et Henri II n'ont permis aucune contestation de leur pouvoir. Lorsque Henri II meurt accidentellement en 1559, ses successeurs François II et Charles IX sont trop jeunes pour pouvoir imposer leur autorité. Ils ne peuvent pas empêcher les Français de s'entredéchirer. Entre les deux camps belligérants, la reine mère Catherine de Médicis hésite entre tolérance religieuse et répression, ce qui ne fait qu'accentuer les tensions. Les monarchies qui vont suivre seront absolutistes.</div>
<div> </div>
<div>La vie en Angleterre n'est pas non plus un long fleuve tranquille.</div>
<div>Le règne de Elisabeth 1<sup>er</sup> (1558-1603) fut caractérisé par une période d'expansion économique, artistique et par la suprématie de l'Angleterre sur les mers.</div>
<div>Elisabeth, désavouée par Pie V, fonde une église anglicane d'etat : de nombreuses tensions avec les catholiques accompagnés de violences meurtrières. Par ailleurs, Elisabeth suspectant de complot la reine d'Ecosse Marie Stuart, la fait décapiter en 1587.</div>
<div>Le roi d'Espagne, allié de l'Ecosse et de l'Irlande envoie son "invincible armada" de 130 navires pourvus de 29300 marins et soldats en Angleterre : celle-ci est mis en déroute par la flotte anglaise qui réussit alors à détruire environ la moitié de l'armada.</div>
<div>: c'est l'année de naissance de Tomas Hobbes.</div>
<div>La reine d'Angleterre utilisa la technicité des pirates dans l'art du pillage pour s'emparer des butins des pillards espagnols et s'attaquer aussi aux colonies espagnoles. La figure emblématique de l'époque est Francis Drake, corsaire expert dans la prédation qui fut nommé vis-amiral et chevalier par Elisabeth 1<sup>er</sup>. On comprend ainsi mieux ma dernière citation de Hobbes.</div>
<div>Autre figure emblématique du même règne :le commerçant et financier Gresham qui, en 1565, fit une proposition au conseil municipal de Londres de construire sur ses propres deniers d'une Bourse - qui devint la Bourse royale, sur le modèle de celle d'Anvers. Ce financier, aussi honnête qu'Arsène Lupin, aida à nombreuses reprises la couronne d'Angleterre à résoudre ses problèmes financiers : il devint l'homme le plus riche du royaume. Le lecteur intéressé trouvera dans Wikipédia, par exemple,</div>
<div>une histoire de ces deux figures qui montrent combien la prédation est payante.</div>
<div> </div>
<div>La fin du 16<sup>ème</sup> siècle et le début du 17<sup>ème</sup> sont marqués par l'expansion coloniale anglaise.</div>
<div>En 1584 Walter Raleigh établit la première colonie sur le sol de l’Amérique du Nord. Cette colonie, appelée <i>Virginia</i>, est établie dans les Outer Banks, sur le territoire actuel de la Caroline du Nord.</div>
<div>La Compagnie des Indes (à charte) fut fondée en 1600 par des hommes d'affaires. La reine lui octroya le monopole du commerce avec les pays de l'océan Indien. Cette compagnie établit ultérieurement des comptoirs, dont les principaux furent Madras (1639), Bombay (1668) et Calcutta (1690).</div>
<div>La compagnie hollandaise des Indes Orientales fut fondée en 1602 et fut la 1<sup>ère</sup> société par actions.</div>
<div> </div>
<div> Le successeur de Elisabeth, Jacques 1<sup>er</sup> (1603-1625) fonde la compagnie de Virginie afin de coloniser les territoires réclamés de la colonie de Virginie, entre le 34<sup><span style="font-size: 8.5pt">e</span></sup> et le 45<sup><span style="font-size: 8.5pt">e</span></sup> degré de latitude nord</div>
<div>L'implantation des colons s'accompagnera de bains de sang. Examinons le premier, en Virginie</div>
<div>" Le plus ancien établissement fixe des Anglais ayant perduré jusqu’à nos jours est la ville de Jamestown, en juin 1607, fondée par les envoyés de la compagnie, sur les terres d'un chef Potomac Powathan : elle compte une centaine d’habitants. L’agriculture et les conditions de vie sont mauvaises pour les colons car les terres sont insalubres. Pour ne pas mourir de faim, ils se réfugient dans le village de Potomac Powathan, nouant d'abord des relations avec les indiens (Histoire des Pocahontas). Au cours de l’été 1608, le conseil de la colonie réclame leur retour, le chef Powathan refuse. Le 30 août 1608, le capitaine John Smith envoie ses troupes « libérer les nôtres, esclaves du sauvage ». Il attaque un village amérindien, tue 23 hommes, et repart avec les réserves et une vingtaine de femmes et d’enfants qui servent d’otages et d’esclaves. Les enfants sont ensuite noyés et les femmes égorgées. Cette colonie développe rapidement la plantation du tabac….Le premier débarquement d'esclaves noirs s'effectuera en 1619 sur le site de Jamestown par des bateaux néerlandais." (wikipédia).</div>
<div>Jacques 1<sup>er</sup>, se veut monarque absolu de droit divin, d'assise anglicane. Il persécute puritains et catholiques dont certains émigreront vers le Nouveau Monde.</div>
<div>Il provoque une opposition de plus en plus marquée de la bourgeoisie et de la chambre des commune (chambre qui existe, rappelons le depuis le Moyen age en Angleterre) qui apprécient peu son despotisme. Il dissout plusieurs fois le parlement réélu.</div>
<div> </div>
<div>En 1625, Charles 1<sup>er</sup> lui succède, encore plus absolutiste et toujours de droit divin.</div>
<div>il tente contre l'Espagne et la France des expéditions qui sont un échec: il échoue dans l'expédition sur Cadix, puis au siège de La Rochelle en 1627-1628 Cet échec joue un rôle important dans la dégradation de l’image du souverain dans l'opinion anglaise. Le Parlement aurait préféré une attaque navale sur les colonies espagnoles du Nouveau Monde, espérant que la capture de la flotte espagnole aurait fourni un butin pour financer la guerre. (on remarque ici la remarquable finesse de l'esprit de prédation des parlementaires).</div>
<div>Il prélève taxes et impôts en passant outre l'avis du parlement. L'augmentation de la pression fiscale provoque des révoltes dont celle des calvinistes écossais en 1639. Nombreux puritains s'exilent. De 1629 à 1640, le parlement assimile le roi à un tyran.</div>
<div>Après plusieurs arrestations et exécution d'opposants, la guerre civile éclate et la révolution se poursuit de 1642 à 1649 dont nous ne détaillons pas ici les 3 phases. Charles 1<sup>er</sup> est décapité en 1649. Cette alliance de la bourgeoisie et de la plèbe contre le pouvoir royal est une sorte de préfiguration de ce qui se passera en France 140 ans plus tard.</div>
<div>Cromwel proclame la république (ou Commonwealth) en 1649 mais il s'avère être lui aussi un despote avec des visées expansionnistes. Il renforce la flotte (154 navires) et crée ainsi la Royal Navy. Cromwell espère ainsi prolonger la guerre des Hollandais contre l'Espagne qui s'est achevée en 1648.</div>
<div>De 1652 à 1654 , l'Angleterre entre en guerre contre les provinces unies des Pays Bas pour détruire son hégémonie sur la mer du Nord..</div>
<div>En 1655, l'amiral William Pennéchoue dans sa tentative de prise de contrôle de la colonie espagnole d'Hispaniola mais parvient à s'emparer de la Jamaïque, dont il fait une importante base pour les corsaires de toute nationalité et l'attaque des navires espagnols. (pas franchement touristique, donc)</div>
<div>Cromwell meurt en 1658 et la royauté sera vite restaurée : Charles II avec l'aide armée de George Monck prend le pouvoir en 1661.</div>
<div>Un deuxième conflit avec la Hollande a lieu (1665-1667). Celui-ci commence bien pour l'Angleterre, par la capture de la Nouvelle-Amsterdam (plus tard rebaptisée New York en l'honneur du frère Jacques, duc d'York futur Jacques II d'Angleterre), mais en 1667, les Néerlandais lancent une attaque surprise en remontant la Tamise. Presque toute la flotte britannique alors à quai est coulée à l'exception du navire amiral, Charles royal, ramené en trophée aux Pays-Bas<sup><span style="font-size: 9.5pt"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/#cite_note-2" rel="nofollow" >[3]</a></span></sup>. La deuxième guerre hollandaise prend fin avec la signature du traité de Breda.</div>
<div>En 1668, l'Angleterre s'allie avec la Suède et son ancien ennemi la Hollande, afin de s'opposer à Louis XIV dans la guerre de Dévolution. Louis XIV, forcé de faire la paix avec la triple alliance, continue à maintenir ses intentions agressives. En 1670, Charles, cherchant à résoudre ses ennuis financiers, accepte le Traité de Douvres selon lequel Louis XIV doit lui verser £200 000 tous les ans.</div>
<div>Charles II meurt en 1685 et est remplacé par son frère Jacques II. Avant même de monter sur le trône, Jacques II devient la grande figure du lobby esclavagiste du <span style="text-transform: uppercase">XVII</span><sup><span style="font-size: 8.5pt">e</span></sup> siècle aux Antilles, en créant en 1672 la Compagnie royale d'Afrique, qui approvisionne en esclaves la Barbade et la colonie de Caroline, fondée par son frère Charles II en 1664 avec des Irlandais de la Barbade. Leurs esclaves vont aussi en Virginie, rachetée par son père Charles I<sup><span style="font-size: 8.5pt">er</span></sup> en 1624 pour en faire une compagnie royale et au Maryland.</div>
<div> </div>
<div>Jacques II (dit aussi Jacques Stuart) favorise les Églises dissidentes et les catholiques (Déclaration d'indulgence) et se rapproche de la papauté et de Louis XIV. Ceci barre la route à sa fille Mary et Guillaume III d'Orange, son époux, pour accéder ultérieurement au trône..</div>
<div>Ces derniers, en s'appuyant sur des notables et le parlement obtiennent le départ de Jacques II en 1688 qui se réfugie en France.</div>
<div>Cette révolution pacifique aboutit à l'instauration d'une monarchie constitutionnelle et parlementaire à la place du gouvernement autocratique des Stuarts, en 1689, événement de grande portée, qui sera notamment célébré par …John Locke.</div>
<div> </div>
<div>Pillages, guerres, razzias, esclavagisme, exterminations, conditionnent ainsi la formation et l'extension d'un capitalisme marchand et commercial dans un 1<sup>er</sup> temps assujetti au pouvoir royal mais qui va de plus en plus s'autonomiser, le pouvoir des rois et des nobles étant de plus en plus dépendants des ressources financières que lui apporte la bourgeoisie. Celle-ci favorisera le parlementarisme dont Locke fut un théoricien.</div>
<div>Mais un autre facteur de l'accumulation croissante du Capital est l'appropriation des terres communes par des lords et certains bourgeois.</div>
<div>Le long processus des enclosures et l'imposition des droits de propriété sur les champs vont créer une distinction nette entre le propriétaire et le salarié (les anciens petits exploitants devenant les salariés des <i>landlords)</i>. Ceci conduira en 1727, à l'<i>Enclosure Act</i> qui permet aux <i>lords</i> britanniques de s'approprier et de clôturer les champs.</div>
<div>En pleine transition démographique; cette appropriation est le fait d'un intérêt nouveau pour le monde agraire de la part des élites britanniques, qui souhaitent développer une agriculture à haut rendement, et donc lucrative, sur le modèle de la Hollande et des Flandres. Cette appropriation entraînera immédiatement une activité et des investissements importants, du fait même de l'installation des clôtures. Sur le modèle des îles britanniques, la propriété privée des terres s'étend à travers l'Europe et les Amériques, non sans rencontrer des oppositions. (Wikipédia) Pour avoir une idée concrète de cette pratique dans les premières colonies de l'Amérique du nord, , on peut se référer à l'excellent film de King Vidor : <i>l'homme qui n'avait pas d'étoile</i>, avec Kirk Douglas (1955)</div>
<div>Il s'agit ici d'une appropriation privée de biens collectifs : on appelle cela aujourd'hui : privatisation.</div>
<div>Tel est, rapidement brossé le contexte historique (surtout en Angleterre) extrêmement agité dans lequel s'élaborent la philosophie politique de Hobbes et aussi de Locke. Rappelons aussi que Hobbes s'était exile d'Angleterre en raison de la guerre civile qui frappait son pays.</div>
<div>Constatant que la cohésion et la puissance du royaume d'Espagne s'affaiblissent faute d'un pouvoir fort et absolu, que, pour la même raison, des guerres de religion vont se développer, Hobbes justifie, rationalise, théorise sur l'absolutisme, nécessaire à la paix. En même temps, il constate que ceci ne suffit pas car une monarchie absolue de droit divin est aussi génératrice de guerres, de répressions incessantes : il développe alors la notion de pouvoir à partir de la société civile : l'Etat, incarné par le roi, doit s'affranchir de sa nature religieuse et devenir rationnel. Poursuivant ainsi la réflexion de Machiavel, on le considère pour cette raison comme l'un des fondateurs des "sciences politiques".</div>
<div>Une telle période, aussi riche en violence, où l'avidité, la prédation conduisent à la réussite sociale et aux victoires ne peut que donner à Hobbes qu'une vision sombre de la Nature humaine dont il veut déduire ce qu'il observe.</div>
<div> </div>
<div><b>3 – Des faits observés à la nature profonde des choses et des phénomènes</b>.</div>
<div>Mais l'histoire des sciences nous apprend qu'entre ce que l'on peut observer d'une chose, d'un phénomène et sa nature profonde, il il y a un abîme. Pour accéder à la nature profonde des phénomènes du monde, il faut disposer d'instruments et de concepts scientifiques. Ainsi, si chacun peut observer que le soleil tourne autour de la Terre, on sait depuis Copernic que c'est l'inverse : lunette astronomique et calculs de la mécanique céleste sont nécessaires pour le savoir. De même, sans microscope ou mécanique quantique, il est impossible de savoir que tout être vivant est constitué de cellules et que toute matière est constituée d'atomes.</div>
<div>De même, le caractère fréquent du comportement égoïste, violent, cupide ,etc ne permet de conclure que l'être humain est par nature égoïste, violent etc, d'autant qu'il existe des êtres humains qui ne le sont pas.</div>
<div>Pour appréhender la nature profonde et multidimensionnelle de l'être humain, il faut disposer d'outils scientifiques multidisciplinaires : neurobiologie, psychologie du développement, psychologie sociale, sociologie, anthropologie, ethnologie, etc, autant d'outils que ne possèdent ni Hobbes, ni les philosophes de son époque, ni les philosophes du 18<sup>ème</sup> et des 2 premiers tiers du 19<sup>ème</sup> siècle. Mais ceci ne suffit pas : il faut disposer de méthodes d'analyse en histoire et en économie qui soient fiables</div>
<div>Or, le grand intérêt des ouvrages de J.Généreux est d'utiliser ces outils modernes pour redéfinir scientifiquement la nature humaine : et en effet, même si certaines "constantes anthropologiques" qu'il invoque peuvent paraître de "bon sens" (par exemple la nature coopérante de l'homo sapiens), en réalité, elles n'ont rien d'évidente, et ce, pour deux raisons :</div>
<div style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">              </span>comme résultat d'une démarche scientifique</div>
<div style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt">-<span style="font: 7pt 'times new roman'">              </span>parce que, vivant dans des dissociétés ou des hypersociétés, le comportement des hommes peut être contraire à leur nature sociale profonde. Comment cela est possible ? JG répond, en bonne partie à cette question dans le chapitre 10 de la dissociété : l'Homme dissocié et la servitude volontaire.</div>
<div style="margin-left: 18pt">Je complète brièvement son analyse par le point suivant.</div>
<div><b>4- La reproduction idéologie de la notion de l'Homme égoïste et prédateur par nature.</b></div>
<div>Comment cette idéologie de l'homme égoïste et prédateur reste répandue et dominante ? Parce que depuis</div>
<div>quatre siècles nous vivons dans un système capitaliste, qui a certes évolué du point de vue technique, qui s'est muni d'appareils politiques (régimes) variés mais qui reste toujours composée fondamentalement de 2 classes sociales : les dominants et les dominés. Ces 2 grands groupes peuvent être composés de sous-groupes ayant des fonctions différentes ou défendant des intérêts différents, mais le schéma de base reste le même. On peut utiliser d'autres catégorisations qui brouille cette réalité simple : stratifications sociales, notion de "multitude" (T.Négri), on peut invoquer la diffusion de la propriété et des responsabilités sur une myriade d'actionnaires, etc, mais, à moins d'être sourd et aveugle, chacun sait qu'une poignée de capitalistes (quelques milliers) possèdent la majorité du patrimoine d'un pays et contrôlent toute l'économie, et par leurs amis politiques contrôlent la quasi totalité du champ politique. D'un point de vue économique les dominés se partagent à notre époque en 3 groupes : salariés du privé, salariés du public, travailleurs indépendants.</div>
<div>Or, le groupe dominant conçoit l'homme à son image de prédateur victorieux, la prédation étant en outre conçue comme moyen de construction (les USA se sont bâtis sur un génocide, pour ne citer qu'un seul exemple massif). Le groupe dominant fait partager, par toutes sortes de moyens, son système de représentation du monde aux dominés, et ce, de génération en génération, avec les ajustements nécessaires. Les gens dit de culture, dont les philosophes, n'échappent pas complètement au système de valeurs du groupe dominant prédateur. Parfois même, ils le légitiment par des "théories" qui se veulent rationnelles. Dans la Dissociétés, JG montre combien la quasi-totalité des théories libérales n'ont aucune assise scientifique.</div>
<div>Dans un système de domination, notamment sur le lieu de travail où les salariés sont sous pression, à tous les échelons, culpabilisés en permanence, et qui plus est, dans un système où des besoins fondamentaux comme se nourrir, se loger restent problématiques, quelque soit le niveau technique atteint, il ne faut pas être étonné que nombreuses personnes restent ou deviennent agressives et violentes et qu'ainsi, l'image véhiculée par le groupe dominant de l'homme égoïste et violent, trouve un terrain favorable. Voilà donc pourquoi, cette image de l'homme égoïste et prédateur, reste actuelle, et bien présente dans de nombreux films notamment.</div>
<div>Il est alors plus facile au groupe dominant de s'attaquer aux liens de solidarité sociale (dont les services publics).</div>
<div>Cette image de l'Homme, par nature égoïste est prédateur est l'un des plus puissants moyens idéologiques d'assujettissement inventé par le libéralisme : c'est la raison de la longueur de mon développement.</div>
<div> </div>
<div>C'est la raison pour laquelle, les conceptions défendues par JG n'ont pu s'imposer jusqu'à maintenant. Le défi de JG est donc celui-ci, imaginer et construire une société qui ne soit ni une hypersociété, ni une dissociété qui reproduisent ces dominations, mais qui soit une société de développement humain et il n'a jamais prétendu que cela était évident.</div>
<div> </div>
<div>Pour être plus complet, on pourrait étudier des périodes antérieurs au capitalisme ou le cas des sociétés étatiques-socialistes (appelées improprement communistes), en étudiant pour chaque type de société, la nature des classes sociales, les formes de domination et ce, en relation avec le type de formation économique. Ce travail a été fait par Robert Fossaert mais son travail de titan en 6 volumes (La société Ed. Seuil) n'a jamais été ré-édité. Néanmoins ils sont mis gratuitement à disposition en ligne par l'université du Québec. Pour avoir un inventaire de ces modes de domination (14 modes de domination pour 18 types de formations économiques), on se reporte à la p.43 du tome 5 format pdf.</div>
<div><a href="http://classiques.uqac.ca/contemporains/fossaert_robert/la_societe_tome_5/la_societe_t5_chap_1-7.pdf" rel="nofollow" ><font color="#800080">http://classiques.uqac.ca/contemporains/fossaert_robert/la_societe_tome_5/la_societe_t5_chap_1-7.pdf</font></a></div>
<div>Pour accéder aux 6 tomes :</div>
<div><a href="http://classiques.uqac.ca/contemporains/fossaert_robert/la_societe_tome_1/tome_1.html" rel="nofollow" ><font color="#800080">http://classiques.uqac.ca/contemporains/fossaert_robert/la_societe_tome_1/tome_1.html</font></a></div>
<div>Mais là, on passe de l'histoire événementiel à la sociologie historique, ce qui permet de comprendre, en utilisant des outils homogènes puissants, ce qui créer les événements et d'en comprendre le sens profond.</div>
<div style="line-height: 13pt"> </div>
<div style="line-height: 13pt">Hervé Debonrivage</div>
<div> </div>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_26</link>
		<guid>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_26</guid>
		<category>Extraits</category>
		<itunes:author>Hervé Debonrivage</itunes:author>
		<pubDate>Wed, 13 Jan 2010 01:19:26 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Hobbes a-t-il rêvé ?</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><div style="text-align: justify">Question à Debonrivage :<br />
<br />
Quand Hobbes, dans "Léviathan", décrit la matrice type&#160;de l'organisation humaine en société, à savoir, l'organisation sous forme de "cercles égocentriques" en lutte les uns contre les autres,&#160;a-t-il inventé ou fait-il lui aussi oeuvre de philosophie basée sur&#160;un savoir anthropologique ?<br />
<br />
<span style="font-size: x-small">(L'accord artificiel des hommes entre eux)...<br />
</span><span style="font-size: x-small">"revient à dire&#160;: <i><b>désigner un homme, ou une assemblée, pour assumer leur personnalité</b></i> ; et que chacun se reconnaisse comme l'auteur de tout ce qu'aura fait ou fait faire, quant aux choses qui concernent la paix et la sécurité commune, <i><b>celui </b></i><i><b>qui a ainsi assumé leur personnalité</b></i>, que chacun par conséquent soummette sa volonté et son jugement à la volonté et au jugement de cet homme ou de cette assemblée. <span style="color: #ff0000"><b>Cela va plus loin que le consensus, ou concorde :</b> <i><b>il s'agit d'une unité réelle de tous en une seule et même personne</b></i> </span>(...)"....<br />
</span><br />
Si les fondements&#160;anthropologiques du socialisme néomoderne&#160;sont si évidents, pourquoi est-ce qu'une société basée sur ces principes ne s'est-elle jamais&#160;imposée <i>d'elle-même </i>?</div>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_25</link>
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		<category>Extraits</category>
		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 09 Jan 2010 17:37:10 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Des fondements nouveaux pour la ph</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Debonrivage à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><br />
<div><b>Réflexions sur le <i>socialisme néomoderne </i>par H. Debonrivage<br />
</b></div>
<div>La crise économique&#160;et financière&#160;actuelle focalise toutes les attentions à gauche comme à droite mais celle-ci n'est que la partie émergée de l'iceberg d'une crise généralisée, non seulement du capitalisme contemporain qui s'est de plus en plus financiarisé mais <b>d'une crise politique plus générale </b>encore.&#160;Non seulement le libéralisme est à bout de souffle mais aussi les modèles alternatifs qui ont été développés au 20<sup>ème</sup>&#160;siècle ;: échec cinglant du socialisme étatique (improprement appelé communiste), épuisement des modèles sociaux-démocrates y compris scandinaves, échec de la gauche plurielle en France pour résoudre les problèmes sociaux majeurs.</div>
<div><b>Et à défaut d'idées nouvelles </b>, les partis dominants (UMP et PS en France) deviennent des entreprises de marketing politique : la politique n'est réduite progressivement à n'être, en-deçà ou au-delà des mots, qu'un gagne-pain (selon l'expression de Bourdieu) , c'est à dire une pourvoyeuse d'emplois, de gains et de profits narcissiques. Cette absence d'idées est occultée par des discours gestionnaires, sécuritaires et sociétaux. On ne peut donc être surpris des multiples ralliements, revirements, reconversions en tous genres, notamment dans des institutions internationales au service du libéralisme économique,( sous prétexte de "réalisme") &#160;on ne peut être surpris de ces pertes de repères qui frappent non seulement le PS mais aussi, dans une certaine mesure aussi la droite qui est devenue moins assurée dans sa foi aux bienfaits du libre marché non régulé. Pendant ce temps les conditions de travail et de vie se dégradent, les acquis sociaux&#160;se dissolvent. L'avenir des enfants devient problématique dans toutes les couches sociales, sauf pour une très petite frange de la population à patrimoine élevé.</div>
<div>Face à cette situation, la gauche du PS est incroyablement morcelée malgré de nombreuses convergences idéologiques. Grâce à une réflexion collective approfondie, ce morcellement pourrait être surmonté et aboutir à l'émergence d'une force politique nouvelle alternative de gauche. En attendant, cette gauche ne propose aucune alternative unitaire autre que des catalogues programmatiques de type syndical ou des convergences d'actions, souvent défensives et sans lendemain, ou encore des alliances électorales dont le contenu stratégique occupe l'essentiel du champ de ses discussions.</div>
<div>Cette gauche souffre donc d'une triple carence : <b>une absence de projet de société alternatif fondé sur de nouvelles bases</b> (absence de réflexion sur les fondements), une absence de structure organisationnelle d'un type nouveau conciliant la verticalité traditionnelle et l'horizontalité respectant les diversités et favorisant l'émergence de formes nouvelles de réflexion collective et d'action. Un aspect de cette carence organisationnelle est le déficit de liens des intellectuels avec les couches populaires. Enfin, une déficience d'audience liée à plusieurs facteurs endogènes et exogènes.<br />
&#160;</div>
<div>Une conséquence importante de cette situation est l'absence de relais politique pour satisfaire les revendications syndicales et associatives qui trouvent en face d'eux un pouvoir toujours plus arrogant ou intransigeant. Cette absence d'unité et de projet engendrent le désespoir et la rancœur des couches populaires qui se réfugient dans l'abstention, la dépolitisation . Cela peut même se traduire, dans certains cas, par le rejet des tracts ou journaux proposés par des militants de gauche, peut s'exprimer par une indifférence à l'égard des multiples petits mouvements de résistance. Et dans un tel contexte de division, on peut&#160;comprendre de tels comportements. Plus grave encore, cette division et absence d'alternative unitaire peut favoriser le développement de mouvements fascistes récupérateurs de la désespérance et de la souffrance sociale.<br />
&#160;</div>
<div><b>Or, le livre de Jacques Généreux arrive, si j'ose dire, au bon moment</b>, car après avoir fait un bilan du libéralisme et des expériences socialistes, en montrant comment leurs fondements (ou du moins une partie de leurs fondements) les mènent à leur perte, <b>il refonde sur de nouvelles bases ce qu'il appelle la société de développement humain ou le socialisme néomoderne</b>.</div>
<div>Nouvelles bases? JG creuse large et profond car sa prospection des sociétés passées à l'aide des science de l'Homme, le conduit à identifier <b>des invariants anthropologiques </b>incontournables pour la construction de toute société humaine, invariants qu'il va utiliser, en les adaptant, pour construire les 20 fondements anthropologiques du socialisme néomoderne.</div>
<div><b>Mais que signifie socialisme pour J.Généreux ?</b></div>
<div style="margin: 0cm 0.45pt 0pt 0cm"><i><span style="font-size: 12pt">"Ainsi, pour moi, le mot </span></i><i><span style="font-size: 12pt">« </span></i><i><span style="font-size: 12pt">socialisme» désigne </span></i><i><span style="font-size: 12pt">une théorie politique fondée sur une conception sociale de l'être humain, </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">savoir que l'être humain, sa conscience, sa personnalité, ses motivations, ses capacités, etc., se construisent dans et par la relation avec les autres hommes, si bien que chacun est </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">la fois acteur de la vie des autres et acté par la vie des autres. Cette conception est simultanément </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">l'opposé de l'individualisme méthodologique et du holisme, parce qu'elle récuse aussi bien tout déterminisme social que tout </span></i><i><span style="font-size: 12pt">déterminisme individuel. Il n'y a dans le socialisme métho­dologique aucun déterminisme, il n'y a qu'une interaction entre les êtres, d'une part, et entre les êtres et la société qu'ils constituent ensemble, d'autre part. L'histoire de cette interaction est contingente et pour cette raison ouverte à l'action politique qui vise à l'orienter. </span></i></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 10.3pt"><i><span style="font-size: 12pt">L'orienter dans quel but et comment? Dans </span></i><i><span style="font-size: 12pt">le but d'une égale et réelle liberté pour tous; par la transformation de la société en sorte que celle-ci renforce les liens solidai­res et les possibilités d'association qui étendent la capa­cité de tous. Le socialisme est donc ici défini par une méthode d'analyse de la société et par le projet d'une construction sociale de la liberté. Ce socialisme-là n'est pas un postulat arbitraire, c'est un cadre de raisonnement politique rigoureusement fondé par l'étude des connais­sances disponibles sur la façon dont les êtres humains se construisent, grandissent et vivent en société.(p55)</span></i></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 10.3pt"><span style="font-size: 12pt">JG définit ce socialisme comme <b>socialisme méthodologique fondée sur une conception scientifique et non idéologique ou métaphysique de la nature humaine</b>. Mais tout cela n'exclut pas , bien au contraire sa référence à Marx et Jaurès :</span></div>
<div style="text-indent: 10.2pt"><span style="font-size: 12pt">"</span><span style="font-size: 11pt"> <i>Cette refondation anthro­pologique ne dissout pas pour autant le double héritage de la morale et de la science socialistes du </i></span><i><span style="font-size: 8pt">XIX<sup>e</sup> </span></i><i><span style="font-size: 11pt">siècle. Nous verrons que, d'une certaine manière, elle réunit ces deux traditions en opérant la synthèse véritable de leurs intuitions. L'idéal humaniste de Jaurès ou de Malon et le matérialisme historique de Marx ou d'Engels sont insuffisants si on les oppose. Ils ouvrent au contraire un nouvel horizon quand on soumet l'humanisme du premier </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">l'ambition scientifique du second. Le socialisme néomodeme est le discours politique fondé sur une science de la nature humaine<sup>l6</sup></span></i><span style="font-size: 9pt">.(</span><span style="font-size: 9pt"> 15. Ci-après, par «anthropologie générale» ou par «science de l'homme </span><span style="font-size: 9pt">», </span><span style="font-size: 9pt">je désigne l'ensemble des disciplines pourvoyeuses d'informa­tions sur la constitution, le fonctionnement, le développement personnel et collectif des êtres humains. Cela inclut notamment la paléoanthropologie, l'éthologie, la psychiatrie, la psychanalyse, la neurobiologie, la psycholo­gie, la sociologie, l'économie, l'histoire, l'archéologie, l'ethnologie, etc.)</span></div>
<div style="text-indent: 10.2pt">&#160;</div>
<div><span style="font-size: 12pt">Cela ne signifie pas non plus que JG partage la vision sociologique marxiste du 19<sup>ème</sup> siècle.</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">Comme l'affirmèrent plus tard par exemple les auteurs marxiens Henri Lefèvre ou Maurice Godelier, JG précise :</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">"<i>La science de l'homme nous met aussi <b>sur la voie d'un nouveau matérialisme historique</b>. D'une part, les conditions matérielles de production et d'existence ne sont pas des infrastructures déterminant des superstructures idéologiques (idées, croyances, conventions sociales, etc.) ; en réalité, toutes les activités intellectuelles, morales et symboliques des êtres humains sont aussi matérielle aussi déterminantes que les autres formes matérielles d'existence. D'autre part, l 'histoire réelle de l'humain n'est pas d'abord celle des rapports de force économiques entre classes antagonistes. La constitution biologique, la psychologie des humains se sont forgées (des millions d'années durant) et se sont stabilisées dans le cadre petites communautés de chasseurs cueilleurs."</i></span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 8.4pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">On comprendra alors pourquoi JG accorde une place de choix à la psychologie dans son livre bien que l'auteur soit de formation économique.&#160;<br />
Pour autant, il n'a pas une conception substantialiste de la nature humaine. Pour lui :</span><i><span style="font-size: 12pt">"</span></i><i><span style="font-size: 12pt">Par «nature humaine </span></i><i><span style="font-size: 12pt">», </span></i><i><span style="font-size: 12pt">on entend donc </span></i><i><span style="font-size: 12pt">des fonctionnem­ents de l'être humain, invariants dans leur mécanisme mais d'une variété infinie dans leurs manifestations, parce que </span></i><i><span style="font-size: 12pt">celles-ci résultent de l'interaction complexe de multi­ples facteurs (génétiques, familiaux, culturels, institu­tionnels, etc.), dans le contexte singulier d'une histoire ~personnelle unique, elle-même encastrée dans une histoire collective particulière."</span></i></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">L'auteur définit 20 fondements anthropologiques qui s'opposent aux conceptions individualistes qui sont des idéologies légitimant le capitalisme contemporain : l'humain est un être social, aucun comportement n'est génétiquement codé, la liberté réelle est construite par la richesse des liens sociaux, etc</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><b><span style="font-size: 12pt">A partir de ces fondements anthropologiques </span></b><span style="font-size: 12pt">en accord avec la nature humaine, et qui définit ainsi un ordre social naturel,&#160;JG inverse la problématique de la liberté :</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 12pt">"Le problème politique majeur n'est pas d'introduire un ordre social sans détruire la liberté naturelle : il est d'introduire de la liberté dans l'ordre social naturel"</span></i><span style="font-size: 12pt"> .</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">On pourrait donc risquer cette boutade : Jacques Généreux est un Jean-Jacques Rousseau des temps modernes !</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">Il défend alors l'idée que la société est un bien en soi.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 12pt">"</span><span style="font-size: 11pt">Pour un être social </span><span style="font-size: 12pt">la société n'est pas un contrat facultatif d'échange de services, c'est le lieu inéluctable et le moyen même de l'existence. La société comme ses institutions constituent dès lors un bien en soi, et non unmal nécessaire."</span></i></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">L'auteur rejette donc une conception contractualiste (ou utilitariste) de la société où les droits sont conçus comme contreparties des obligations engendrant alors la compétition individualiste ou solidaire.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><b><span style="font-size: 12pt">Il y substitue une société de coopération solidaire</span></b><span style="font-size: 12pt">.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">JG aborde aussi une question qui prend de plus en plus d'importance en Europe : le communautarisme mais sous un angle plus général et distancié : </span><b><span style="font-size: 12pt">quels peuvent être les rapports d'une communauté avec la société ? </span></b></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">Il discerne dans toute société les liens intracommunautaires et les liens intercommunautaires ; il distingue alors quatre dynamiques de liens possibles :</span></div>
<div><i><span style="font-size: 12pt">"Selon que la société favorise ou contrarie les liens intracommunautaires et le liens entre communautés, on identifie quatre dynamiques: la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">dissociété individualiste </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui réprime ces deux types de liens; la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">dissociété communautarisée </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui soutient les liens intracommunautaires pour mieux séparer les communau­tés; </span></i><i><span style="font-size: 12pt">l' hypersociété </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui dissout les liens intracommunau­taires pour fondre les êtres singuliers dans un tout social homogène; la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">société de progrès humain </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui s'efforce de soutenir et de concilier tous les liens sociaux. Cette dernière voie est celle du socialisme: elle ne construit pas la commu­nauté politique en détruisant les appartenances singulières, elle n'abolit ni la diversité des identités ni la conflictualité inhérente à cette diversité; elle préserve au contraire une humanité pleine, c'est-à-dire contradictoire, tendue entre l'être soi et l'être avec, et, comme le mouvement même de la vie, s'appuie sur cette contradiction pour engendrer la dialectique positive des liens qui libèrent."</span></i></div>
<div>&#160;</div>
<div>En analysant les aspirations fondamentales de l'être humain, par nature social, en actualisant la notion de nature humaine à la lumière des sciences contemporaines, en prenant appui sur les fondements anthropologiques, <b>JG définit méthodiquement&#160;les principes de philosophie politique d'une société socialiste néomoderne,</b> <b>principes, qui, à leur tour, expliquent et justifient des mesures politiques concrètes :</b> répartition des richesses, nécessité d'un secteur public puissant qui n'exclut pas une économie plurielle où le travailleur est aussi citoyen sur son lieu de travail. Il aborde, entre autres problèmes plus concrets : le rôle de l'impôt, la politiques du logement, de santé, d'éducation, l'abandon du productivisme, etc.</div>
<div>&#160;</div>
<div>Il ne s'agit donc pas seulement de reprendre les principes de philosophie politique de Locke, Rousseau, Montesquieu, Tocqueville, Marx, Weber, ou Rawls, etc à des fins de pur exercice ou satisfaction intellectuels, mais de <b>refonder une philosophie politique moderne pour donner assise à de nouvelles institutions, à une économie au service de l'humain et non au service d'une poignée de prédateurs, et aussi de permettre la construction et la vie de relations humaines non violentes et solidaires.</b></div>
<div><u><b>Et ce qui fait le caractère exceptionnel de ce livre est bien l'ampleur de son approche pour définir avec méthode les nouveaux fondements d'une société alternative</b></u>.</div>
<div>De même que les œuvres des philosophes des Lumières ont permis de penser et construire les démocratie modernes, l'œuvre de J.G permet de penser et de construire une société post-capitaliste et post-socialiste étatique.</div>
<div>&#160;</div>
<div>Il serait trop long de mentionner ici tous les thèmes abordés par JG, car son livre constitue, d'une certaine manière, un véritable traité complet de philosophie et de sociologie politique : <b>toutes les questions fondamentales sont abordées </b>: justice, égalité et inégalité, responsabilité, coopération, solidarité, fraternité, contractualité, propriété, rapport de l'Homme à la Nature et au vivant ;notion de croissance ou décroissance économique, rapport entre conceptions économique et écologie, etc</div>
<div>&#160;</div>
<div>Nous nous arrêterons sur une question que beaucoup considèrent comme prioritaire : <b>quel type de système ou de fonctionnement économique propose notre professeur d'économie JG ?</b></div>
<div>Nationalisations massives, étatisation, entreprises autogérées, société du tout marché ou économie planifiée ? <b>Les esprits avides de simplicité resteront sur leur faim</b>.</div>
<div>Après avoir étudié les rapports entre capitalisme et économie de marché,&#160;(p337 et suivantes)</div>
<div><b>JG propose une société à "économie plurielle"</b>. (qui n'a pas grand chose à voir avec l'expérience de la "gauche plurielle". (p352 et suiv.)</div>
<div><i><span style="font-size: 11pt">"<b>Une économie plurielle est constituée par une grande variété d'organisations productives</b>: associations d'éco­nomie solidaire, coopératives, mutuelles, entreprises indi­viduelles, PME privées, grandes entreprises publiques ou mixtes, sociétés de personnes et de capitaux, etc. Le pro­grès humain passant notamment par la sociodiversité et le progrès de la coopération, les politiques publiques doivent favoriser la libre création de formes multiples d' organisa­tions productives fondées sur l'association et la solidarité de leurs membres</span></i><span style="font-size: 11pt">."</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">Mais il s'agit pour JG de réaliser ce que ni les libéraux, ni les socialistes étatiques n'ont réussi à réaliser : <b>concilier démocratie et économie à tous les niveaux de la société </b>et, au premier rang, au niveau de l'entreprise :</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; text-indent: 10.05pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">"Le principe d'égalité impose l'égalité de pouvoir, de droits et de dignité pour chaque membre de la société. </span></i><b><span style="font-size: 11pt">Aucun citoyen ne doit être en capacité de dominer un autre citoyen du fait de sa position sociale, économique, hiérar­chique, etc.</span></b><span style="font-size: 11pt"> </span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; text-indent: 10.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">Cela implique notamment <i>un nouveau droit des sociétés privées qui distingue l'entreprise (bien commun </i></span><i><span style="font-family: arial"><font size="2">à </font></span></i><i><span style="font-size: 11pt">tous les acteurs) des capitaux (propriété privée de leurs détenteurs) et qui assure la participation de tous les acteurs de la pro­duction </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">la direction de l'entreprise et </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">l'affectation de ses résultats</span></i><i><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial">. </span></i><b><span style="font-size: 11pt">Une économie humaine ne peut comporter aucune institution dans laquelle un seul des acteurs en présence peut imposer sa domination sur tous les autres et se voir attribuer la propriété privée d'une production collective.</span></b><span style="font-size: 11pt"> Cette seule réforme est en soi la fin de la firme capitaliste au sens strict. L'égalité nécessite aussi un <i>renforcement des droits sociaux </i>dans toutes les formes d'entreprises, capitalistes ou non." </span></div>
<div style="line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">Les organisations syndicales voient leur rôle et pouvoir accrus :</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">" La réalité de ces droits suppose, notamment, des moyens et des <i>droits renforcés pour les représentants syndicaux </i>des salariés, une administration du travail dotée des moyens de contrôle et des effectifs nécessaires."</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div>Oui, mais qui organise et décide des orientations de l'entreprise&#160;ou, à un niveau plus élevé, des orientations économiques d'une région ou du pays ?</div>
<div>JG, dans l'application méthodique des principes expliqués dans les chapitre précédents (son ouvrage constitue un tout cohérent), se réfère alors au <b>principe de souveraineté populaire démocratique et à la Loi :</b></div>
<div style="line-height: 14.4pt"><font size="2">"</font><span style="font-size: 11pt"> Par ailleurs, <i>le principe de souveraineté impose que le peuple est seul souverain pour décider </i>(via <i>ses représen­tants ou directement) de l'ensemble des règles organisant </i></span></div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.2pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">la vie de la société</span></i><span style="font-size: 11pt">. Appliqué à la vie économique, ce prin­cipe a quelques conséquences majeures: </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- les lois et règlements appliqués aux activités écono­miques ne peuvent émaner que d'autorités élues par le peu­ple et responsables devant lui (ce sont ces lois et règlements que je désigne ci-après par </span><span style="font-size: 9.5pt">« </span><span style="font-size: 11pt">la loi démocratique») ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">-la loi démocratique décide des activités qui appartiennent à la sphère privée ou publique, à la sphère marchande ou non marchande; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- il n'y a pas de « libre concurrence» ; seuls les citoyens ont un droit à la liberté; la loi démocratique décide le champ d'ap­plication (les secteurs) et les modalités de la concurrence ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- la propriété d'un actif quelconque ne confère à son détenteur aucun droit sur autrui ou sur la société autre que le droit à la protection de cette propriété par la loi (voir les développements sur la propriété à la section suivante) ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">-<b>la loi démocratique est toujours supérieure aux contrats</b>, </span></i><span style="font-size: 11pt">c'est-à-dire à l'ensemble des arrangements particuliers négociés entre des individus ou des organisations privées ou publiques. </span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">Quoique les principes ci-dessus semblent aller de soi, ils constituent en réalité une révolution complète de la culture économique dominante<b>…."</b></span></div>
<div>&#160;</div>
<div><span style="font-size: 11pt">JG rappelle alors en quoi cette "culture économique dominante" repose sur des principes anthropologiques et philosophiques erronés.</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">(Rappelons ici que dans son livre précédent La disociété, JG fait une étude approfondie des fondements philosophiques et économiques du libéralisme en montrant leurs apports historiques positifs dans leur remise en cause du féodalisme et de l'ancien régime mais aussi en en montrant leurs limites et leur nature non scientifique ou métaphysique.)</span></div>
<div><b>Remarquons que sur ce point crucial de la nécessité d'une véritable démocratie économique, JG rejoint j'analyse de Jean Lojkine : <i>la double impasse de l'étatisme et du mouvementisme</i> dans son livre <i>La crise des deux socialismes : leçons théoriques; leçons politiques</i></b>.(Ed. Le Temps des cerises). Voici ce que dit cet auteur :</div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.2pt; text-indent: 14.6pt; line-height: 12.95pt"><font size="2">"</font><span style="font-size: 10.5pt"> Les expériences soviétiques mais aussi les expériences de gouvernement de la gauche </span><span style="font-size: 8pt; font-family: Arial">« </span><span style="font-size: 10.5pt">plurielle» (PS-PC-Écologistes) dans les pays capitalistes développés n'ont-elles pas prouvé </span><b><span style="font-size: 10.5pt">que toute tentative de transformation sociale par le haut était vouée </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">un double échec: politique et économique? </span></b><span style="font-size: 10.5pt">Un échec politique: sans liaison avec la mobilisation consciente des masses populaires, avec leur appropriation des objectifs pour­suivis, il n'y a pas de dépassement véritable du capitalisme, de passage durable au socialisme, et plus encore </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">une société com­muniste conçue comme la </span><span style="font-size: 8.5pt; font-family: Arial">« </span><span style="font-size: 10.5pt">libre association des produc­teurs ». </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.45pt; text-indent: 13.9pt; line-height: 12.95pt"><span style="font-size: 10.5pt">La prise de pouvoir </span><span style="font-size: 8pt; font-family: Arial">"</span><span style="font-size: 10.5pt">par en haut" sur les grands moyens de production et d'échange n'est donc pas le socialisme, car il n'y a pas libre appropriation individuelle et collective. La cou­pure profonde en URSS entre le prolétariat des usines et des champs et le parti unique bolchevique a abouti </span><span style="font-size: 11pt">à </span><span style="font-size: 10.5pt">une dépoli­tisation massive, l'envers d'une dictature du parti-État. L'échec politique entraîne l'échec économique: la non re­montée des informations d'en bas, l'absence de coopérations horizontales entre collectifs de travail, entre unités écono­miques ont entraîné la démotivation, la démobilisation des ouvriers et des paysans, des cadres techniques; la collectivi­sation forcée des campagnes a abouti </span><span style="font-size: 11pt">à </span><span style="font-size: 10.5pt">un désastre écono­mique (énormes gâchis et gestions bureaucratiques inefficaces dans les entreprises collectivisées et les kolkhozes) ; l'indiffé­rence politique qui en est résultée, explique l'extrême facilité avec laquelle la </span><i><font size="2">nomenclatura </font></i><span style="font-size: 10.5pt">soviétique s'est convertie </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">l'éco­nomie capitaliste et a liquidé les institutions soviétiques. </span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Dans un autre contexte, capitaliste, mais relativement dé­mocratique (État de droit, liberté d'expression, pluralisme partisan), les expériences de transformation sociale initiée en Europe par les gouvernements de la gauche plurielle (avec ou sans les PC) et les social-démocraties ont aussi buté sur la non intervention des masses populaires au niveau politique et éco­nomique." (p67 et suiv. :&#160;fin de citation de Lojkine)</span></div>
<div>&#160;</div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Mais la démocratie économique (et politique) nécessite un bon niveau de formation des citoyens et un cadre institutionnel permettant que la Loi ne soit pas celle qui défende essentiellement les intérêts d'une classe dominante de privilégiés ou d'exploiteurs mais soit au service de tous.</span></b></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Pour JG, ceci est rendu possible parla mise en place d'une </span><u><span style="font-size: 10.5pt">république sociale.</span></u></b></div>
<div><i><span style="font-size: 10.5pt">"La «république sociale </span></i><i><span style="font-size: 9.5pt">», </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">chère à Jaurès, est une expres­sion hélas tombée en désuétude dans la bouche des élus socialistes, à quelques exceptions notables, dont celle de Jean-Luc Mélenchon<sup>8</sup>• Quelle est donc cette république? Elle est celle qui intègre les citoyens, non par la seule éga­lité politique, mais aussi par l'égalité sociale et par la solida­rité sociale, celle qui attache le plus haut prix </span></i><i><span style="font-size: 11pt">à </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">l'éducation citoyenne de chacun de ses enfants, celle qui construit un espace public laïc transcendant toutes les appartenances sin­gulières, non pour aliéner le droit </span></i><i><span style="font-size: 11pt">à </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">la différence, mais pour créer un monde commun à tous les différents, un monde où s'enracine le désir de vivre ensemble."</span></i></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Cette république sociale doit éviter le double écueil de l'hypersociété et de la dissociété et s'inscrire dans une société de développement humain pour reprendre sa terminologie.</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Cette république ne doit donc pas être monolithique et fermée.</span></div>
<div><i><span style="font-size: 10.5pt">"</span></i><i><span style="font-size: 11.5pt"> La république</span></i><i><span style="font-size: 11.5pt">socialiste ne peut pas mépriser les croyances, les cultures ou les traditions spécifiques, parce que la liberté des individus se construit et s'exprime aussi en elles, parce que l'individu en chair et en os ne s'émancipe pas en détruisant des liens sociaux, mais au contraire en les multipliant et en les diversifiant."</span></i></div>
<div>&#160;</div>
<div><span style="font-size: 11.5pt">Mais certains diront "Tout ça c'est bien beau, c'est généreux, mais pour moi, ce qui compte, c'est le concret : me loger, me soigner,…"</span></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Il n'y a pas d'opposition entre traitement des problèmes sociaux concrets et réflexion sur les fondements&#160;mais cohérence : la force d'une vraie gauche est de montrer que sa politique sociale et économique repose sur des fondements rationnels, scientifiquement valides, répond aux besoins humains fondamentaux,&#160;ce que les libéraux ne peuvent faire du fait que le fondement philosophique de leur action n'a pas d'assise scientifique valide.</span></b><span style="font-size: 10.5pt"> Leur soutien permanent au groupe prédateur trouve pour eux son fondement dans cette conception erronée : l'Homme est par nature et essentiellement un prédateur, un égoïste. Mais comme l'explique JG, les libéraux n'acceptent jamais les débats de fond car beaucoup savent parfaitement que leur action politique ne repose sur aucun socle en accord avec les sciences de l'Homme. Alors ils voilent leur indigence par le "pragmatisme", "la faillite des idéologies", la manipulation des émotions, etc<br />
</span></div>
<div>&#160;</div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Il est assez incroyable de constater qu'un ouvrage d'une telle qualité, d'une telle envergure n'ait pas été l'objet d'une vaste publicité dans les médias et notamment dans la presse qui se dit de gauche </span></b><span style="font-size: 10.5pt">alors que nombreux ouvrages bavards ou insignifiants sont placés en tête de gondole dans le supermarché médiatique. Mais c'est peut-être le reflet de l'indigence intellectuelle&#160;d'une certaine sphère politico-médiatique dont l'activité essentielle est la personnalisation de la vie politique, l'anectotisme, la narration factuelle ou narcissique et l'électoralisme. On pourrait être "plus optimiste" en disant que ce livre est trop dérangeant et que la chape de plomb du silence s'impose pour les principaux médias.</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Mais peut-être aussi que Jacques Généreux est trop en avance sur son temps et que la valeur de son œuvre sera comprise, comme pour Van Gogh, qu'après sa mort ? Mais peut-être suis-je ici un peu trop pessimiste !!</span></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Espérons que son travail permette aux multiples courants politiques à gauche du PS de "se remettre à niveau" (au niveau de leur temps)&#160;et trouver un fondement commun à la philosophie politique qui guide et donne du sens à leur action, au-delà des éternels discours sur "l'urgence sociale" et des plate-formes programmatiques que syndicats et associations sont capable d'élaborer, et surtout au-delà des tactiques et stratégies électorales alimentaires et claniques</span></b><span style="font-size: 10.5pt">.<br />
</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Hervé Debonrivage</span></div>
<div>&#160;</div>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_24</link>
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		<itunes:author>Debonrivage</itunes:author>
		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 14:00:34 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Des fondements nouveaux pour la ph</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Debonrivage à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><br />
<div><b>Réflexions sur le <i>socialisme néomoderne </i>par H. Debonrivage<br />
</b></div>
<div>La crise économique&#160;et financière&#160;actuelle focalise toutes les attentions à gauche comme à droite mais celle-ci n'est que la partie émergée de l'iceberg d'une crise généralisée, non seulement du capitalisme contemporain qui s'est de plus en plus financiarisé mais <b>d'une crise politique plus générale </b>encore.&#160;Non seulement le libéralisme est à bout de souffle mais aussi les modèles alternatifs qui ont été développés au 20<sup>ème</sup>&#160;siècle ;: échec cinglant du socialisme étatique (improprement appelé communiste), épuisement des modèles sociaux-démocrates y compris scandinaves, échec de la gauche plurielle en France pour résoudre les problèmes sociaux majeurs.</div>
<div><b>Et à défaut d'idées nouvelles </b>, les partis dominants (UMP et PS en France) deviennent des entreprises de marketing politique : la politique n'est réduite progressivement à n'être, en-deçà ou au-delà des mots, qu'un gagne-pain (selon l'expression de Bourdieu) , c'est à dire une pourvoyeuse d'emplois, de gains et de profits narcissiques. Cette absence d'idées est occultée par des discours gestionnaires, sécuritaires et sociétaux. On ne peut donc être surpris des multiples ralliements, revirements, reconversions en tous genres, notamment dans des institutions internationales au service du libéralisme économique,( sous prétexte de "réalisme") &#160;on ne peut être surpris de ces pertes de repères qui frappent non seulement le PS mais aussi, dans une certaine mesure aussi la droite qui est devenue moins assurée dans sa foi aux bienfaits du libre marché non régulé. Pendant ce temps les conditions de travail et de vie se dégradent, les acquis sociaux&#160;se dissolvent. L'avenir des enfants devient problématique dans toutes les couches sociales, sauf pour une très petite frange de la population à patrimoine élevé.</div>
<div>Face à cette situation, la gauche du PS est incroyablement morcelée malgré de nombreuses convergences idéologiques. Grâce à une réflexion collective approfondie, ce morcellement pourrait être surmonté et aboutir à l'émergence d'une force politique nouvelle alternative de gauche. En attendant, cette gauche ne propose aucune alternative unitaire autre que des catalogues programmatiques de type syndical ou des convergences d'actions, souvent défensives et sans lendemain, ou encore des alliances électorales dont le contenu stratégique occupe l'essentiel du champ de ses discussions.</div>
<div>Cette gauche souffre donc d'une triple carence : <b>une absence de projet de société alternatif fondé sur de nouvelles bases</b> (absence de réflexion sur les fondements), une absence de structure organisationnelle d'un type nouveau conciliant la verticalité traditionnelle et l'horizontalité respectant les diversités et favorisant l'émergence de formes nouvelles de réflexion collective et d'action. Un aspect de cette carence organisationnelle est le déficit de liens des intellectuels avec les couches populaires. Enfin, une déficience d'audience liée à plusieurs facteurs endogènes et exogènes.<br />
&#160;</div>
<div>Une conséquence importante de cette situation est l'absence de relais politique pour satisfaire les revendications syndicales et associatives qui trouvent en face d'eux un pouvoir toujours plus arrogant ou intransigeant. Cette absence d'unité et de projet engendrent le désespoir et la rancœur des couches populaires qui se réfugient dans l'abstention, la dépolitisation . Cela peut même se traduire, dans certains cas, par le rejet des tracts ou journaux proposés par des militants de gauche, peut s'exprimer par une indifférence à l'égard des multiples petits mouvements de résistance. Et dans un tel contexte de division, on peut&#160;comprendre de tels comportements. Plus grave encore, cette division et absence d'alternative unitaire peut favoriser le développement de mouvements fascistes récupérateurs de la désespérance et de la souffrance sociale.<br />
&#160;</div>
<div><b>Or, le livre de Jacques Généreux arrive, si j'ose dire, au bon moment</b>, car après avoir fait un bilan du libéralisme et des expériences socialistes, en montrant comment leurs fondements (ou du moins une partie de leurs fondements) les mènent à leur perte, <b>il refonde sur de nouvelles bases ce qu'il appelle la société de développement humain ou le socialisme néomoderne</b>.</div>
<div>Nouvelles bases? JG creuse large et profond car sa prospection des sociétés passées à l'aide des science de l'Homme, le conduit à identifier <b>des invariants anthropologiques </b>incontournables pour la construction de toute société humaine, invariants qu'il va utiliser, en les adaptant, pour construire les 20 fondements anthropologiques du socialisme néomoderne.</div>
<div><b>Mais que signifie socialisme pour J.Généreux ?</b></div>
<div style="margin: 0cm 0.45pt 0pt 0cm"><i><span style="font-size: 12pt">"Ainsi, pour moi, le mot </span></i><i><span style="font-size: 12pt">« </span></i><i><span style="font-size: 12pt">socialisme» désigne </span></i><i><span style="font-size: 12pt">une théorie politique fondée sur une conception sociale de l'être humain, </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">savoir que l'être humain, sa conscience, sa personnalité, ses motivations, ses capacités, etc., se construisent dans et par la relation avec les autres hommes, si bien que chacun est </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">la fois acteur de la vie des autres et acté par la vie des autres. Cette conception est simultanément </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">l'opposé de l'individualisme méthodologique et du holisme, parce qu'elle récuse aussi bien tout déterminisme social que tout </span></i><i><span style="font-size: 12pt">déterminisme individuel. Il n'y a dans le socialisme métho­dologique aucun déterminisme, il n'y a qu'une interaction entre les êtres, d'une part, et entre les êtres et la société qu'ils constituent ensemble, d'autre part. L'histoire de cette interaction est contingente et pour cette raison ouverte à l'action politique qui vise à l'orienter. </span></i></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 10.3pt"><i><span style="font-size: 12pt">L'orienter dans quel but et comment? Dans </span></i><i><span style="font-size: 12pt">le but d'une égale et réelle liberté pour tous; par la transformation de la société en sorte que celle-ci renforce les liens solidai­res et les possibilités d'association qui étendent la capa­cité de tous. Le socialisme est donc ici défini par une méthode d'analyse de la société et par le projet d'une construction sociale de la liberté. Ce socialisme-là n'est pas un postulat arbitraire, c'est un cadre de raisonnement politique rigoureusement fondé par l'étude des connais­sances disponibles sur la façon dont les êtres humains se construisent, grandissent et vivent en société.(p55)</span></i></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 10.3pt"><span style="font-size: 12pt">JG définit ce socialisme comme <b>socialisme méthodologique fondée sur une conception scientifique et non idéologique ou métaphysique de la nature humaine</b>. Mais tout cela n'exclut pas , bien au contraire sa référence à Marx et Jaurès :</span></div>
<div style="text-indent: 10.2pt"><span style="font-size: 12pt">"</span><span style="font-size: 11pt"> <i>Cette refondation anthro­pologique ne dissout pas pour autant le double héritage de la morale et de la science socialistes du </i></span><i><span style="font-size: 8pt">XIX<sup>e</sup> </span></i><i><span style="font-size: 11pt">siècle. Nous verrons que, d'une certaine manière, elle réunit ces deux traditions en opérant la synthèse véritable de leurs intuitions. L'idéal humaniste de Jaurès ou de Malon et le matérialisme historique de Marx ou d'Engels sont insuffisants si on les oppose. Ils ouvrent au contraire un nouvel horizon quand on soumet l'humanisme du premier </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">l'ambition scientifique du second. Le socialisme néomodeme est le discours politique fondé sur une science de la nature humaine<sup>l6</sup></span></i><span style="font-size: 9pt">.(</span><span style="font-size: 9pt"> 15. Ci-après, par «anthropologie générale» ou par «science de l'homme </span><span style="font-size: 9pt">», </span><span style="font-size: 9pt">je désigne l'ensemble des disciplines pourvoyeuses d'informa­tions sur la constitution, le fonctionnement, le développement personnel et collectif des êtres humains. Cela inclut notamment la paléoanthropologie, l'éthologie, la psychiatrie, la psychanalyse, la neurobiologie, la psycholo­gie, la sociologie, l'économie, l'histoire, l'archéologie, l'ethnologie, etc.)</span></div>
<div style="text-indent: 10.2pt">&#160;</div>
<div><span style="font-size: 12pt">Cela ne signifie pas non plus que JG partage la vision sociologique marxiste du 19<sup>ème</sup> siècle.</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">Comme l'affirmèrent plus tard par exemple les auteurs marxiens Henri Lefèvre ou Maurice Godelier, JG précise :</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">"<i>La science de l'homme nous met aussi <b>sur la voie d'un nouveau matérialisme historique</b>. D'une part, les conditions matérielles de production et d'existence ne sont pas des infrastructures déterminant des superstructures idéologiques (idées, croyances, conventions sociales, etc.) ; en réalité, toutes les activités intellectuelles, morales et symboliques des êtres humains sont aussi matérielle aussi déterminantes que les autres formes matérielles d'existence. D'autre part, l 'histoire réelle de l'humain n'est pas d'abord celle des rapports de force économiques entre classes antagonistes. La constitution biologique, la psychologie des humains se sont forgées (des millions d'années durant) et se sont stabilisées dans le cadre petites communautés de chasseurs cueilleurs."</i></span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 8.4pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">On comprendra alors pourquoi JG accorde une place de choix à la psychologie dans son livre bien que l'auteur soit de formation économique.&#160;<br />
Pour autant, il n'a pas une conception substantialiste de la nature humaine. Pour lui :</span><i><span style="font-size: 12pt">"</span></i><i><span style="font-size: 12pt">Par «nature humaine </span></i><i><span style="font-size: 12pt">», </span></i><i><span style="font-size: 12pt">on entend donc </span></i><i><span style="font-size: 12pt">des fonctionnem­ents de l'être humain, invariants dans leur mécanisme mais d'une variété infinie dans leurs manifestations, parce que </span></i><i><span style="font-size: 12pt">celles-ci résultent de l'interaction complexe de multi­ples facteurs (génétiques, familiaux, culturels, institu­tionnels, etc.), dans le contexte singulier d'une histoire ~personnelle unique, elle-même encastrée dans une histoire collective particulière."</span></i></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">L'auteur définit 20 fondements anthropologiques qui s'opposent aux conceptions individualistes qui sont des idéologies légitimant le capitalisme contemporain : l'humain est un être social, aucun comportement n'est génétiquement codé, la liberté réelle est construite par la richesse des liens sociaux, etc</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><b><span style="font-size: 12pt">A partir de ces fondements anthropologiques </span></b><span style="font-size: 12pt">en accord avec la nature humaine, et qui définit ainsi un ordre social naturel,&#160;JG inverse la problématique de la liberté :</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 12pt">"Le problème politique majeur n'est pas d'introduire un ordre social sans détruire la liberté naturelle : il est d'introduire de la liberté dans l'ordre social naturel"</span></i><span style="font-size: 12pt"> .</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">On pourrait donc risquer cette boutade : Jacques Généreux est un Jean-Jacques Rousseau des temps modernes !</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">Il défend alors l'idée que la société est un bien en soi.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 12pt">"</span><span style="font-size: 11pt">Pour un être social </span><span style="font-size: 12pt">la société n'est pas un contrat facultatif d'échange de services, c'est le lieu inéluctable et le moyen même de l'existence. La société comme ses institutions constituent dès lors un bien en soi, et non unmal nécessaire."</span></i></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">L'auteur rejette donc une conception contractualiste (ou utilitariste) de la société où les droits sont conçus comme contreparties des obligations engendrant alors la compétition individualiste ou solidaire.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><b><span style="font-size: 12pt">Il y substitue une société de coopération solidaire</span></b><span style="font-size: 12pt">.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">JG aborde aussi une question qui prend de plus en plus d'importance en Europe : le communautarisme mais sous un angle plus général et distancié : </span><b><span style="font-size: 12pt">quels peuvent être les rapports d'une communauté avec la société ? </span></b></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">Il discerne dans toute société les liens intracommunautaires et les liens intercommunautaires ; il distingue alors quatre dynamiques de liens possibles :</span></div>
<div><i><span style="font-size: 12pt">"Selon que la société favorise ou contrarie les liens intracommunautaires et le liens entre communautés, on identifie quatre dynamiques: la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">dissociété individualiste </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui réprime ces deux types de liens; la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">dissociété communautarisée </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui soutient les liens intracommunautaires pour mieux séparer les communau­tés; </span></i><i><span style="font-size: 12pt">l' hypersociété </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui dissout les liens intracommunau­taires pour fondre les êtres singuliers dans un tout social homogène; la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">société de progrès humain </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui s'efforce de soutenir et de concilier tous les liens sociaux. Cette dernière voie est celle du socialisme: elle ne construit pas la commu­nauté politique en détruisant les appartenances singulières, elle n'abolit ni la diversité des identités ni la conflictualité inhérente à cette diversité; elle préserve au contraire une humanité pleine, c'est-à-dire contradictoire, tendue entre l'être soi et l'être avec, et, comme le mouvement même de la vie, s'appuie sur cette contradiction pour engendrer la dialectique positive des liens qui libèrent."</span></i></div>
<div>&#160;</div>
<div>En analysant les aspirations fondamentales de l'être humain, par nature social, en actualisant la notion de nature humaine à la lumière des sciences contemporaines, en prenant appui sur les fondements anthropologiques, <b>JG définit méthodiquement&#160;les principes de philosophie politique d'une société socialiste néomoderne,</b> <b>principes, qui, à leur tour, expliquent et justifient des mesures politiques concrètes :</b> répartition des richesses, nécessité d'un secteur public puissant qui n'exclut pas une économie plurielle où le travailleur est aussi citoyen sur son lieu de travail. Il aborde, entre autres problèmes plus concrets : le rôle de l'impôt, la politiques du logement, de santé, d'éducation, l'abandon du productivisme, etc.</div>
<div>&#160;</div>
<div>Il ne s'agit donc pas seulement de reprendre les principes de philosophie politique de Locke, Rousseau, Montesquieu, Tocqueville, Marx, Weber, ou Rawls, etc à des fins de pur exercice ou satisfaction intellectuels, mais de <b>refonder une philosophie politique moderne pour donner assise à de nouvelles institutions, à une économie au service de l'humain et non au service d'une poignée de prédateurs, et aussi de permettre la construction et la vie de relations humaines non violentes et solidaires.</b></div>
<div><u><b>Et ce qui fait le caractère exceptionnel de ce livre est bien l'ampleur de son approche pour définir avec méthode les nouveaux fondements d'une société alternative</b></u>.</div>
<div>De même que les œuvres des philosophes des Lumières ont permis de penser et construire les démocratie modernes, l'œuvre de J.G permet de penser et de construire une société post-capitaliste et post-socialiste étatique.</div>
<div>&#160;</div>
<div>Il serait trop long de mentionner ici tous les thèmes abordés par JG, car son livre constitue, d'une certaine manière, un véritable traité complet de philosophie et de sociologie politique : <b>toutes les questions fondamentales sont abordées </b>: justice, égalité et inégalité, responsabilité, coopération, solidarité, fraternité, contractualité, propriété, rapport de l'Homme à la Nature et au vivant ;notion de croissance ou décroissance économique, rapport entre conceptions économique et écologie, etc</div>
<div>&#160;</div>
<div>Nous nous arrêterons sur une question que beaucoup considèrent comme prioritaire : <b>quel type de système ou de fonctionnement économique propose notre professeur d'économie JG ?</b></div>
<div>Nationalisations massives, étatisation, entreprises autogérées, société du tout marché ou économie planifiée ? <b>Les esprits avides de simplicité resteront sur leur faim</b>.</div>
<div>Après avoir étudié les rapports entre capitalisme et économie de marché,&#160;(p337 et suivantes)</div>
<div><b>JG propose une société à "économie plurielle"</b>. (qui n'a pas grand chose à voir avec l'expérience de la "gauche plurielle". (p352 et suiv.)</div>
<div><i><span style="font-size: 11pt">"<b>Une économie plurielle est constituée par une grande variété d'organisations productives</b>: associations d'éco­nomie solidaire, coopératives, mutuelles, entreprises indi­viduelles, PME privées, grandes entreprises publiques ou mixtes, sociétés de personnes et de capitaux, etc. Le pro­grès humain passant notamment par la sociodiversité et le progrès de la coopération, les politiques publiques doivent favoriser la libre création de formes multiples d' organisa­tions productives fondées sur l'association et la solidarité de leurs membres</span></i><span style="font-size: 11pt">."</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">Mais il s'agit pour JG de réaliser ce que ni les libéraux, ni les socialistes étatiques n'ont réussi à réaliser : <b>concilier démocratie et économie à tous les niveaux de la société </b>et, au premier rang, au niveau de l'entreprise :</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; text-indent: 10.05pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">"Le principe d'égalité impose l'égalité de pouvoir, de droits et de dignité pour chaque membre de la société. </span></i><b><span style="font-size: 11pt">Aucun citoyen ne doit être en capacité de dominer un autre citoyen du fait de sa position sociale, économique, hiérar­chique, etc.</span></b><span style="font-size: 11pt"> </span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; text-indent: 10.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">Cela implique notamment <i>un nouveau droit des sociétés privées qui distingue l'entreprise (bien commun </i></span><i><span style="font-family: arial"><font size="2">à </font></span></i><i><span style="font-size: 11pt">tous les acteurs) des capitaux (propriété privée de leurs détenteurs) et qui assure la participation de tous les acteurs de la pro­duction </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">la direction de l'entreprise et </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">l'affectation de ses résultats</span></i><i><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial">. </span></i><b><span style="font-size: 11pt">Une économie humaine ne peut comporter aucune institution dans laquelle un seul des acteurs en présence peut imposer sa domination sur tous les autres et se voir attribuer la propriété privée d'une production collective.</span></b><span style="font-size: 11pt"> Cette seule réforme est en soi la fin de la firme capitaliste au sens strict. L'égalité nécessite aussi un <i>renforcement des droits sociaux </i>dans toutes les formes d'entreprises, capitalistes ou non." </span></div>
<div style="line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">Les organisations syndicales voient leur rôle et pouvoir accrus :</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">" La réalité de ces droits suppose, notamment, des moyens et des <i>droits renforcés pour les représentants syndicaux </i>des salariés, une administration du travail dotée des moyens de contrôle et des effectifs nécessaires."</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div>Oui, mais qui organise et décide des orientations de l'entreprise&#160;ou, à un niveau plus élevé, des orientations économiques d'une région ou du pays ?</div>
<div>JG, dans l'application méthodique des principes expliqués dans les chapitre précédents (son ouvrage constitue un tout cohérent), se réfère alors au <b>principe de souveraineté populaire démocratique et à la Loi :</b></div>
<div style="line-height: 14.4pt"><font size="2">"</font><span style="font-size: 11pt"> Par ailleurs, <i>le principe de souveraineté impose que le peuple est seul souverain pour décider </i>(via <i>ses représen­tants ou directement) de l'ensemble des règles organisant </i></span></div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.2pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">la vie de la société</span></i><span style="font-size: 11pt">. Appliqué à la vie économique, ce prin­cipe a quelques conséquences majeures: </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- les lois et règlements appliqués aux activités écono­miques ne peuvent émaner que d'autorités élues par le peu­ple et responsables devant lui (ce sont ces lois et règlements que je désigne ci-après par </span><span style="font-size: 9.5pt">« </span><span style="font-size: 11pt">la loi démocratique») ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">-la loi démocratique décide des activités qui appartiennent à la sphère privée ou publique, à la sphère marchande ou non marchande; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- il n'y a pas de « libre concurrence» ; seuls les citoyens ont un droit à la liberté; la loi démocratique décide le champ d'ap­plication (les secteurs) et les modalités de la concurrence ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- la propriété d'un actif quelconque ne confère à son détenteur aucun droit sur autrui ou sur la société autre que le droit à la protection de cette propriété par la loi (voir les développements sur la propriété à la section suivante) ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">-<b>la loi démocratique est toujours supérieure aux contrats</b>, </span></i><span style="font-size: 11pt">c'est-à-dire à l'ensemble des arrangements particuliers négociés entre des individus ou des organisations privées ou publiques. </span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">Quoique les principes ci-dessus semblent aller de soi, ils constituent en réalité une révolution complète de la culture économique dominante<b>…."</b></span></div>
<div>&#160;</div>
<div><span style="font-size: 11pt">JG rappelle alors en quoi cette "culture économique dominante" repose sur des principes anthropologiques et philosophiques erronés.</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">(Rappelons ici que dans son livre précédent La disociété, JG fait une étude approfondie des fondements philosophiques et économiques du libéralisme en montrant leurs apports historiques positifs dans leur remise en cause du féodalisme et de l'ancien régime mais aussi en en montrant leurs limites et leur nature non scientifique ou métaphysique.)</span></div>
<div><b>Remarquons que sur ce point crucial de la nécessité d'une véritable démocratie économique, JG rejoint j'analyse de Jean Lojkine : <i>la double impasse de l'étatisme et du mouvementisme</i> dans son livre <i>La crise des deux socialismes : leçons théoriques; leçons politiques</i></b>.(Ed. Le Temps des cerises). Voici ce que dit cet auteur :</div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.2pt; text-indent: 14.6pt; line-height: 12.95pt"><font size="2">"</font><span style="font-size: 10.5pt"> Les expériences soviétiques mais aussi les expériences de gouvernement de la gauche </span><span style="font-size: 8pt; font-family: Arial">« </span><span style="font-size: 10.5pt">plurielle» (PS-PC-Écologistes) dans les pays capitalistes développés n'ont-elles pas prouvé </span><b><span style="font-size: 10.5pt">que toute tentative de transformation sociale par le haut était vouée </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">un double échec: politique et économique? </span></b><span style="font-size: 10.5pt">Un échec politique: sans liaison avec la mobilisation consciente des masses populaires, avec leur appropriation des objectifs pour­suivis, il n'y a pas de dépassement véritable du capitalisme, de passage durable au socialisme, et plus encore </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">une société com­muniste conçue comme la </span><span style="font-size: 8.5pt; font-family: Arial">« </span><span style="font-size: 10.5pt">libre association des produc­teurs ». </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.45pt; text-indent: 13.9pt; line-height: 12.95pt"><span style="font-size: 10.5pt">La prise de pouvoir </span><span style="font-size: 8pt; font-family: Arial">"</span><span style="font-size: 10.5pt">par en haut" sur les grands moyens de production et d'échange n'est donc pas le socialisme, car il n'y a pas libre appropriation individuelle et collective. La cou­pure profonde en URSS entre le prolétariat des usines et des champs et le parti unique bolchevique a abouti </span><span style="font-size: 11pt">à </span><span style="font-size: 10.5pt">une dépoli­tisation massive, l'envers d'une dictature du parti-État. L'échec politique entraîne l'échec économique: la non re­montée des informations d'en bas, l'absence de coopérations horizontales entre collectifs de travail, entre unités écono­miques ont entraîné la démotivation, la démobilisation des ouvriers et des paysans, des cadres techniques; la collectivi­sation forcée des campagnes a abouti </span><span style="font-size: 11pt">à </span><span style="font-size: 10.5pt">un désastre écono­mique (énormes gâchis et gestions bureaucratiques inefficaces dans les entreprises collectivisées et les kolkhozes) ; l'indiffé­rence politique qui en est résultée, explique l'extrême facilité avec laquelle la </span><i><font size="2">nomenclatura </font></i><span style="font-size: 10.5pt">soviétique s'est convertie </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">l'éco­nomie capitaliste et a liquidé les institutions soviétiques. </span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Dans un autre contexte, capitaliste, mais relativement dé­mocratique (État de droit, liberté d'expression, pluralisme partisan), les expériences de transformation sociale initiée en Europe par les gouvernements de la gauche plurielle (avec ou sans les PC) et les social-démocraties ont aussi buté sur la non intervention des masses populaires au niveau politique et éco­nomique." (p67 et suiv. :&#160;fin de citation de Lojkine)</span></div>
<div>&#160;</div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Mais la démocratie économique (et politique) nécessite un bon niveau de formation des citoyens et un cadre institutionnel permettant que la Loi ne soit pas celle qui défende essentiellement les intérêts d'une classe dominante de privilégiés ou d'exploiteurs mais soit au service de tous.</span></b></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Pour JG, ceci est rendu possible parla mise en place d'une </span><u><span style="font-size: 10.5pt">république sociale.</span></u></b></div>
<div><i><span style="font-size: 10.5pt">"La «république sociale </span></i><i><span style="font-size: 9.5pt">», </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">chère à Jaurès, est une expres­sion hélas tombée en désuétude dans la bouche des élus socialistes, à quelques exceptions notables, dont celle de Jean-Luc Mélenchon<sup>8</sup>• Quelle est donc cette république? Elle est celle qui intègre les citoyens, non par la seule éga­lité politique, mais aussi par l'égalité sociale et par la solida­rité sociale, celle qui attache le plus haut prix </span></i><i><span style="font-size: 11pt">à </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">l'éducation citoyenne de chacun de ses enfants, celle qui construit un espace public laïc transcendant toutes les appartenances sin­gulières, non pour aliéner le droit </span></i><i><span style="font-size: 11pt">à </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">la différence, mais pour créer un monde commun à tous les différents, un monde où s'enracine le désir de vivre ensemble."</span></i></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Cette république sociale doit éviter le double écueil de l'hypersociété et de la dissociété et s'inscrire dans une société de développement humain pour reprendre sa terminologie.</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Cette république ne doit donc pas être monolithique et fermée.</span></div>
<div><i><span style="font-size: 10.5pt">"</span></i><i><span style="font-size: 11.5pt"> La république</span></i><i><span style="font-size: 11.5pt">socialiste ne peut pas mépriser les croyances, les cultures ou les traditions spécifiques, parce que la liberté des individus se construit et s'exprime aussi en elles, parce que l'individu en chair et en os ne s'émancipe pas en détruisant des liens sociaux, mais au contraire en les multipliant et en les diversifiant."</span></i></div>
<div>&#160;</div>
<div><span style="font-size: 11.5pt">Mais certains diront "Tout ça c'est bien beau, c'est généreux, mais pour moi, ce qui compte, c'est le concret : me loger, me soigner,…"</span></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Il n'y a pas d'opposition entre traitement des problèmes sociaux concrets et réflexion sur les fondements&#160;mais cohérence : la force d'une vraie gauche est de montrer que sa politique sociale et économique repose sur des fondements rationnels, scientifiquement valides, répond aux besoins humains fondamentaux,&#160;ce que les libéraux ne peuvent faire du fait que le fondement philosophique de leur action n'a pas d'assise scientifique valide.</span></b><span style="font-size: 10.5pt"> Leur soutien permanent au groupe prédateur trouve pour eux son fondement dans cette conception erronée : l'Homme est par nature et essentiellement un prédateur, un égoïste. Mais comme l'explique JG, les libéraux n'acceptent jamais les débats de fond car beaucoup savent parfaitement que leur action politique ne repose sur aucun socle en accord avec les sciences de l'Homme. Alors ils voilent leur indigence par le "pragmatisme", "la faillite des idéologies", la manipulation des émotions, etc<br />
</span></div>
<div>&#160;</div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Il est assez incroyable de constater qu'un ouvrage d'une telle qualité, d'une telle envergure n'ait pas été l'objet d'une vaste publicité dans les médias et notamment dans la presse qui se dit de gauche </span></b><span style="font-size: 10.5pt">alors que nombreux ouvrages bavards ou insignifiants sont placés en tête de gondole dans le supermarché médiatique. Mais c'est peut-être le reflet de l'indigence intellectuelle&#160;d'une certaine sphère politico-médiatique dont l'activité essentielle est la personnalisation de la vie politique, l'anectotisme, la narration factuelle ou narcissique et l'électoralisme. On pourrait être "plus optimiste" en disant que ce livre est trop dérangeant et que la chape de plomb du silence s'impose pour les principaux médias.</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Mais peut-être aussi que Jacques Généreux est trop en avance sur son temps et que la valeur de son œuvre sera comprise, comme pour Van Gogh, qu'après sa mort ? Mais peut-être suis-je ici un peu trop pessimiste !!</span></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Espérons que son travail permette aux multiples courants politiques à gauche du PS de "se remettre à niveau" (au niveau de leur temps)&#160;et trouver un fondement commun à la philosophie politique qui guide et donne du sens à leur action, au-delà des éternels discours sur "l'urgence sociale" et des plate-formes programmatiques que syndicats et associations sont capable d'élaborer, et surtout au-delà des tactiques et stratégies électorales alimentaires et claniques</span></b><span style="font-size: 10.5pt">.<br />
</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Hervé Debonrivage</span></div>
<div>&#160;</div>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_23</link>
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		<itunes:author>Debonrivage</itunes:author>
		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 14:00:34 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Des fondements nouveaux pour la ph</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Debonrivage à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><br />
<div><b>Réflexions sur le <i>socialisme néomoderne </i>par H. Debonrivage<br />
</b></div>
<div>La crise économique&#160;et financière&#160;actuelle focalise toutes les attentions à gauche comme à droite mais celle-ci n'est que la partie émergée de l'iceberg d'une crise généralisée, non seulement du capitalisme contemporain qui s'est de plus en plus financiarisé mais <b>d'une crise politique plus générale </b>encore.&#160;Non seulement le libéralisme est à bout de souffle mais aussi les modèles alternatifs qui ont été développés au 20<sup>ème</sup>&#160;siècle ;: échec cinglant du socialisme étatique (improprement appelé communiste), épuisement des modèles sociaux-démocrates y compris scandinaves, échec de la gauche plurielle en France pour résoudre les problèmes sociaux majeurs.</div>
<div><b>Et à défaut d'idées nouvelles </b>, les partis dominants (UMP et PS en France) deviennent des entreprises de marketing politique : la politique n'est réduite progressivement à n'être, en-deçà ou au-delà des mots, qu'un gagne-pain (selon l'expression de Bourdieu) , c'est à dire une pourvoyeuse d'emplois, de gains et de profits narcissiques. Cette absence d'idées est occultée par des discours gestionnaires, sécuritaires et sociétaux. On ne peut donc être surpris des multiples ralliements, revirements, reconversions en tous genres, notamment dans des institutions internationales au service du libéralisme économique,( sous prétexte de "réalisme") &#160;on ne peut être surpris de ces pertes de repères qui frappent non seulement le PS mais aussi, dans une certaine mesure aussi la droite qui est devenue moins assurée dans sa foi aux bienfaits du libre marché non régulé. Pendant ce temps les conditions de travail et de vie se dégradent, les acquis sociaux&#160;se dissolvent. L'avenir des enfants devient problématique dans toutes les couches sociales, sauf pour une très petite frange de la population à patrimoine élevé.</div>
<div>Face à cette situation, la gauche du PS est incroyablement morcelée malgré de nombreuses convergences idéologiques. Grâce à une réflexion collective approfondie, ce morcellement pourrait être surmonté et aboutir à l'émergence d'une force politique nouvelle alternative de gauche. En attendant, cette gauche ne propose aucune alternative unitaire autre que des catalogues programmatiques de type syndical ou des convergences d'actions, souvent défensives et sans lendemain, ou encore des alliances électorales dont le contenu stratégique occupe l'essentiel du champ de ses discussions.</div>
<div>Cette gauche souffre donc d'une triple carence : <b>une absence de projet de société alternatif fondé sur de nouvelles bases</b> (absence de réflexion sur les fondements), une absence de structure organisationnelle d'un type nouveau conciliant la verticalité traditionnelle et l'horizontalité respectant les diversités et favorisant l'émergence de formes nouvelles de réflexion collective et d'action. Un aspect de cette carence organisationnelle est le déficit de liens des intellectuels avec les couches populaires. Enfin, une déficience d'audience liée à plusieurs facteurs endogènes et exogènes.<br />
&#160;</div>
<div>Une conséquence importante de cette situation est l'absence de relais politique pour satisfaire les revendications syndicales et associatives qui trouvent en face d'eux un pouvoir toujours plus arrogant ou intransigeant. Cette absence d'unité et de projet engendrent le désespoir et la rancœur des couches populaires qui se réfugient dans l'abstention, la dépolitisation . Cela peut même se traduire, dans certains cas, par le rejet des tracts ou journaux proposés par des militants de gauche, peut s'exprimer par une indifférence à l'égard des multiples petits mouvements de résistance. Et dans un tel contexte de division, on peut&#160;comprendre de tels comportements. Plus grave encore, cette division et absence d'alternative unitaire peut favoriser le développement de mouvements fascistes récupérateurs de la désespérance et de la souffrance sociale.<br />
&#160;</div>
<div><b>Or, le livre de Jacques Généreux arrive, si j'ose dire, au bon moment</b>, car après avoir fait un bilan du libéralisme et des expériences socialistes, en montrant comment leurs fondements (ou du moins une partie de leurs fondements) les mènent à leur perte, <b>il refonde sur de nouvelles bases ce qu'il appelle la société de développement humain ou le socialisme néomoderne</b>.</div>
<div>Nouvelles bases? JG creuse large et profond car sa prospection des sociétés passées à l'aide des science de l'Homme, le conduit à identifier <b>des invariants anthropologiques </b>incontournables pour la construction de toute société humaine, invariants qu'il va utiliser, en les adaptant, pour construire les 20 fondements anthropologiques du socialisme néomoderne.</div>
<div><b>Mais que signifie socialisme pour J.Généreux ?</b></div>
<div style="margin: 0cm 0.45pt 0pt 0cm"><i><span style="font-size: 12pt">"Ainsi, pour moi, le mot </span></i><i><span style="font-size: 12pt">« </span></i><i><span style="font-size: 12pt">socialisme» désigne </span></i><i><span style="font-size: 12pt">une théorie politique fondée sur une conception sociale de l'être humain, </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">savoir que l'être humain, sa conscience, sa personnalité, ses motivations, ses capacités, etc., se construisent dans et par la relation avec les autres hommes, si bien que chacun est </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">la fois acteur de la vie des autres et acté par la vie des autres. Cette conception est simultanément </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">l'opposé de l'individualisme méthodologique et du holisme, parce qu'elle récuse aussi bien tout déterminisme social que tout </span></i><i><span style="font-size: 12pt">déterminisme individuel. Il n'y a dans le socialisme métho­dologique aucun déterminisme, il n'y a qu'une interaction entre les êtres, d'une part, et entre les êtres et la société qu'ils constituent ensemble, d'autre part. L'histoire de cette interaction est contingente et pour cette raison ouverte à l'action politique qui vise à l'orienter. </span></i></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 10.3pt"><i><span style="font-size: 12pt">L'orienter dans quel but et comment? Dans </span></i><i><span style="font-size: 12pt">le but d'une égale et réelle liberté pour tous; par la transformation de la société en sorte que celle-ci renforce les liens solidai­res et les possibilités d'association qui étendent la capa­cité de tous. Le socialisme est donc ici défini par une méthode d'analyse de la société et par le projet d'une construction sociale de la liberté. Ce socialisme-là n'est pas un postulat arbitraire, c'est un cadre de raisonnement politique rigoureusement fondé par l'étude des connais­sances disponibles sur la façon dont les êtres humains se construisent, grandissent et vivent en société.(p55)</span></i></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 10.3pt"><span style="font-size: 12pt">JG définit ce socialisme comme <b>socialisme méthodologique fondée sur une conception scientifique et non idéologique ou métaphysique de la nature humaine</b>. Mais tout cela n'exclut pas , bien au contraire sa référence à Marx et Jaurès :</span></div>
<div style="text-indent: 10.2pt"><span style="font-size: 12pt">"</span><span style="font-size: 11pt"> <i>Cette refondation anthro­pologique ne dissout pas pour autant le double héritage de la morale et de la science socialistes du </i></span><i><span style="font-size: 8pt">XIX<sup>e</sup> </span></i><i><span style="font-size: 11pt">siècle. Nous verrons que, d'une certaine manière, elle réunit ces deux traditions en opérant la synthèse véritable de leurs intuitions. L'idéal humaniste de Jaurès ou de Malon et le matérialisme historique de Marx ou d'Engels sont insuffisants si on les oppose. Ils ouvrent au contraire un nouvel horizon quand on soumet l'humanisme du premier </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">l'ambition scientifique du second. Le socialisme néomodeme est le discours politique fondé sur une science de la nature humaine<sup>l6</sup></span></i><span style="font-size: 9pt">.(</span><span style="font-size: 9pt"> 15. Ci-après, par «anthropologie générale» ou par «science de l'homme </span><span style="font-size: 9pt">», </span><span style="font-size: 9pt">je désigne l'ensemble des disciplines pourvoyeuses d'informa­tions sur la constitution, le fonctionnement, le développement personnel et collectif des êtres humains. Cela inclut notamment la paléoanthropologie, l'éthologie, la psychiatrie, la psychanalyse, la neurobiologie, la psycholo­gie, la sociologie, l'économie, l'histoire, l'archéologie, l'ethnologie, etc.)</span></div>
<div style="text-indent: 10.2pt">&#160;</div>
<div><span style="font-size: 12pt">Cela ne signifie pas non plus que JG partage la vision sociologique marxiste du 19<sup>ème</sup> siècle.</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">Comme l'affirmèrent plus tard par exemple les auteurs marxiens Henri Lefèvre ou Maurice Godelier, JG précise :</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">"<i>La science de l'homme nous met aussi <b>sur la voie d'un nouveau matérialisme historique</b>. D'une part, les conditions matérielles de production et d'existence ne sont pas des infrastructures déterminant des superstructures idéologiques (idées, croyances, conventions sociales, etc.) ; en réalité, toutes les activités intellectuelles, morales et symboliques des êtres humains sont aussi matérielle aussi déterminantes que les autres formes matérielles d'existence. D'autre part, l 'histoire réelle de l'humain n'est pas d'abord celle des rapports de force économiques entre classes antagonistes. La constitution biologique, la psychologie des humains se sont forgées (des millions d'années durant) et se sont stabilisées dans le cadre petites communautés de chasseurs cueilleurs."</i></span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 8.4pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">On comprendra alors pourquoi JG accorde une place de choix à la psychologie dans son livre bien que l'auteur soit de formation économique.&#160;<br />
Pour autant, il n'a pas une conception substantialiste de la nature humaine. Pour lui :</span><i><span style="font-size: 12pt">"</span></i><i><span style="font-size: 12pt">Par «nature humaine </span></i><i><span style="font-size: 12pt">», </span></i><i><span style="font-size: 12pt">on entend donc </span></i><i><span style="font-size: 12pt">des fonctionnem­ents de l'être humain, invariants dans leur mécanisme mais d'une variété infinie dans leurs manifestations, parce que </span></i><i><span style="font-size: 12pt">celles-ci résultent de l'interaction complexe de multi­ples facteurs (génétiques, familiaux, culturels, institu­tionnels, etc.), dans le contexte singulier d'une histoire ~personnelle unique, elle-même encastrée dans une histoire collective particulière."</span></i></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">L'auteur définit 20 fondements anthropologiques qui s'opposent aux conceptions individualistes qui sont des idéologies légitimant le capitalisme contemporain : l'humain est un être social, aucun comportement n'est génétiquement codé, la liberté réelle est construite par la richesse des liens sociaux, etc</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><b><span style="font-size: 12pt">A partir de ces fondements anthropologiques </span></b><span style="font-size: 12pt">en accord avec la nature humaine, et qui définit ainsi un ordre social naturel,&#160;JG inverse la problématique de la liberté :</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 12pt">"Le problème politique majeur n'est pas d'introduire un ordre social sans détruire la liberté naturelle : il est d'introduire de la liberté dans l'ordre social naturel"</span></i><span style="font-size: 12pt"> .</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">On pourrait donc risquer cette boutade : Jacques Généreux est un Jean-Jacques Rousseau des temps modernes !</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">Il défend alors l'idée que la société est un bien en soi.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 12pt">"</span><span style="font-size: 11pt">Pour un être social </span><span style="font-size: 12pt">la société n'est pas un contrat facultatif d'échange de services, c'est le lieu inéluctable et le moyen même de l'existence. La société comme ses institutions constituent dès lors un bien en soi, et non unmal nécessaire."</span></i></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">L'auteur rejette donc une conception contractualiste (ou utilitariste) de la société où les droits sont conçus comme contreparties des obligations engendrant alors la compétition individualiste ou solidaire.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><b><span style="font-size: 12pt">Il y substitue une société de coopération solidaire</span></b><span style="font-size: 12pt">.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">JG aborde aussi une question qui prend de plus en plus d'importance en Europe : le communautarisme mais sous un angle plus général et distancié : </span><b><span style="font-size: 12pt">quels peuvent être les rapports d'une communauté avec la société ? </span></b></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">Il discerne dans toute société les liens intracommunautaires et les liens intercommunautaires ; il distingue alors quatre dynamiques de liens possibles :</span></div>
<div><i><span style="font-size: 12pt">"Selon que la société favorise ou contrarie les liens intracommunautaires et le liens entre communautés, on identifie quatre dynamiques: la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">dissociété individualiste </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui réprime ces deux types de liens; la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">dissociété communautarisée </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui soutient les liens intracommunautaires pour mieux séparer les communau­tés; </span></i><i><span style="font-size: 12pt">l' hypersociété </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui dissout les liens intracommunau­taires pour fondre les êtres singuliers dans un tout social homogène; la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">société de progrès humain </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui s'efforce de soutenir et de concilier tous les liens sociaux. Cette dernière voie est celle du socialisme: elle ne construit pas la commu­nauté politique en détruisant les appartenances singulières, elle n'abolit ni la diversité des identités ni la conflictualité inhérente à cette diversité; elle préserve au contraire une humanité pleine, c'est-à-dire contradictoire, tendue entre l'être soi et l'être avec, et, comme le mouvement même de la vie, s'appuie sur cette contradiction pour engendrer la dialectique positive des liens qui libèrent."</span></i></div>
<div>&#160;</div>
<div>En analysant les aspirations fondamentales de l'être humain, par nature social, en actualisant la notion de nature humaine à la lumière des sciences contemporaines, en prenant appui sur les fondements anthropologiques, <b>JG définit méthodiquement&#160;les principes de philosophie politique d'une société socialiste néomoderne,</b> <b>principes, qui, à leur tour, expliquent et justifient des mesures politiques concrètes :</b> répartition des richesses, nécessité d'un secteur public puissant qui n'exclut pas une économie plurielle où le travailleur est aussi citoyen sur son lieu de travail. Il aborde, entre autres problèmes plus concrets : le rôle de l'impôt, la politiques du logement, de santé, d'éducation, l'abandon du productivisme, etc.</div>
<div>&#160;</div>
<div>Il ne s'agit donc pas seulement de reprendre les principes de philosophie politique de Locke, Rousseau, Montesquieu, Tocqueville, Marx, Weber, ou Rawls, etc à des fins de pur exercice ou satisfaction intellectuels, mais de <b>refonder une philosophie politique moderne pour donner assise à de nouvelles institutions, à une économie au service de l'humain et non au service d'une poignée de prédateurs, et aussi de permettre la construction et la vie de relations humaines non violentes et solidaires.</b></div>
<div><u><b>Et ce qui fait le caractère exceptionnel de ce livre est bien l'ampleur de son approche pour définir avec méthode les nouveaux fondements d'une société alternative</b></u>.</div>
<div>De même que les œuvres des philosophes des Lumières ont permis de penser et construire les démocratie modernes, l'œuvre de J.G permet de penser et de construire une société post-capitaliste et post-socialiste étatique.</div>
<div>&#160;</div>
<div>Il serait trop long de mentionner ici tous les thèmes abordés par JG, car son livre constitue, d'une certaine manière, un véritable traité complet de philosophie et de sociologie politique : <b>toutes les questions fondamentales sont abordées </b>: justice, égalité et inégalité, responsabilité, coopération, solidarité, fraternité, contractualité, propriété, rapport de l'Homme à la Nature et au vivant ;notion de croissance ou décroissance économique, rapport entre conceptions économique et écologie, etc</div>
<div>&#160;</div>
<div>Nous nous arrêterons sur une question que beaucoup considèrent comme prioritaire : <b>quel type de système ou de fonctionnement économique propose notre professeur d'économie JG ?</b></div>
<div>Nationalisations massives, étatisation, entreprises autogérées, société du tout marché ou économie planifiée ? <b>Les esprits avides de simplicité resteront sur leur faim</b>.</div>
<div>Après avoir étudié les rapports entre capitalisme et économie de marché,&#160;(p337 et suivantes)</div>
<div><b>JG propose une société à "économie plurielle"</b>. (qui n'a pas grand chose à voir avec l'expérience de la "gauche plurielle". (p352 et suiv.)</div>
<div><i><span style="font-size: 11pt">"<b>Une économie plurielle est constituée par une grande variété d'organisations productives</b>: associations d'éco­nomie solidaire, coopératives, mutuelles, entreprises indi­viduelles, PME privées, grandes entreprises publiques ou mixtes, sociétés de personnes et de capitaux, etc. Le pro­grès humain passant notamment par la sociodiversité et le progrès de la coopération, les politiques publiques doivent favoriser la libre création de formes multiples d' organisa­tions productives fondées sur l'association et la solidarité de leurs membres</span></i><span style="font-size: 11pt">."</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">Mais il s'agit pour JG de réaliser ce que ni les libéraux, ni les socialistes étatiques n'ont réussi à réaliser : <b>concilier démocratie et économie à tous les niveaux de la société </b>et, au premier rang, au niveau de l'entreprise :</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; text-indent: 10.05pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">"Le principe d'égalité impose l'égalité de pouvoir, de droits et de dignité pour chaque membre de la société. </span></i><b><span style="font-size: 11pt">Aucun citoyen ne doit être en capacité de dominer un autre citoyen du fait de sa position sociale, économique, hiérar­chique, etc.</span></b><span style="font-size: 11pt"> </span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; text-indent: 10.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">Cela implique notamment <i>un nouveau droit des sociétés privées qui distingue l'entreprise (bien commun </i></span><i><span style="font-family: arial"><font size="2">à </font></span></i><i><span style="font-size: 11pt">tous les acteurs) des capitaux (propriété privée de leurs détenteurs) et qui assure la participation de tous les acteurs de la pro­duction </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">la direction de l'entreprise et </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">l'affectation de ses résultats</span></i><i><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial">. </span></i><b><span style="font-size: 11pt">Une économie humaine ne peut comporter aucune institution dans laquelle un seul des acteurs en présence peut imposer sa domination sur tous les autres et se voir attribuer la propriété privée d'une production collective.</span></b><span style="font-size: 11pt"> Cette seule réforme est en soi la fin de la firme capitaliste au sens strict. L'égalité nécessite aussi un <i>renforcement des droits sociaux </i>dans toutes les formes d'entreprises, capitalistes ou non." </span></div>
<div style="line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">Les organisations syndicales voient leur rôle et pouvoir accrus :</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">" La réalité de ces droits suppose, notamment, des moyens et des <i>droits renforcés pour les représentants syndicaux </i>des salariés, une administration du travail dotée des moyens de contrôle et des effectifs nécessaires."</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div>Oui, mais qui organise et décide des orientations de l'entreprise&#160;ou, à un niveau plus élevé, des orientations économiques d'une région ou du pays ?</div>
<div>JG, dans l'application méthodique des principes expliqués dans les chapitre précédents (son ouvrage constitue un tout cohérent), se réfère alors au <b>principe de souveraineté populaire démocratique et à la Loi :</b></div>
<div style="line-height: 14.4pt"><font size="2">"</font><span style="font-size: 11pt"> Par ailleurs, <i>le principe de souveraineté impose que le peuple est seul souverain pour décider </i>(via <i>ses représen­tants ou directement) de l'ensemble des règles organisant </i></span></div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.2pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">la vie de la société</span></i><span style="font-size: 11pt">. Appliqué à la vie économique, ce prin­cipe a quelques conséquences majeures: </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- les lois et règlements appliqués aux activités écono­miques ne peuvent émaner que d'autorités élues par le peu­ple et responsables devant lui (ce sont ces lois et règlements que je désigne ci-après par </span><span style="font-size: 9.5pt">« </span><span style="font-size: 11pt">la loi démocratique») ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">-la loi démocratique décide des activités qui appartiennent à la sphère privée ou publique, à la sphère marchande ou non marchande; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- il n'y a pas de « libre concurrence» ; seuls les citoyens ont un droit à la liberté; la loi démocratique décide le champ d'ap­plication (les secteurs) et les modalités de la concurrence ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- la propriété d'un actif quelconque ne confère à son détenteur aucun droit sur autrui ou sur la société autre que le droit à la protection de cette propriété par la loi (voir les développements sur la propriété à la section suivante) ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">-<b>la loi démocratique est toujours supérieure aux contrats</b>, </span></i><span style="font-size: 11pt">c'est-à-dire à l'ensemble des arrangements particuliers négociés entre des individus ou des organisations privées ou publiques. </span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">Quoique les principes ci-dessus semblent aller de soi, ils constituent en réalité une révolution complète de la culture économique dominante<b>…."</b></span></div>
<div>&#160;</div>
<div><span style="font-size: 11pt">JG rappelle alors en quoi cette "culture économique dominante" repose sur des principes anthropologiques et philosophiques erronés.</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">(Rappelons ici que dans son livre précédent La disociété, JG fait une étude approfondie des fondements philosophiques et économiques du libéralisme en montrant leurs apports historiques positifs dans leur remise en cause du féodalisme et de l'ancien régime mais aussi en en montrant leurs limites et leur nature non scientifique ou métaphysique.)</span></div>
<div><b>Remarquons que sur ce point crucial de la nécessité d'une véritable démocratie économique, JG rejoint j'analyse de Jean Lojkine : <i>la double impasse de l'étatisme et du mouvementisme</i> dans son livre <i>La crise des deux socialismes : leçons théoriques; leçons politiques</i></b>.(Ed. Le Temps des cerises). Voici ce que dit cet auteur :</div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.2pt; text-indent: 14.6pt; line-height: 12.95pt"><font size="2">"</font><span style="font-size: 10.5pt"> Les expériences soviétiques mais aussi les expériences de gouvernement de la gauche </span><span style="font-size: 8pt; font-family: Arial">« </span><span style="font-size: 10.5pt">plurielle» (PS-PC-Écologistes) dans les pays capitalistes développés n'ont-elles pas prouvé </span><b><span style="font-size: 10.5pt">que toute tentative de transformation sociale par le haut était vouée </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">un double échec: politique et économique? </span></b><span style="font-size: 10.5pt">Un échec politique: sans liaison avec la mobilisation consciente des masses populaires, avec leur appropriation des objectifs pour­suivis, il n'y a pas de dépassement véritable du capitalisme, de passage durable au socialisme, et plus encore </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">une société com­muniste conçue comme la </span><span style="font-size: 8.5pt; font-family: Arial">« </span><span style="font-size: 10.5pt">libre association des produc­teurs ». </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.45pt; text-indent: 13.9pt; line-height: 12.95pt"><span style="font-size: 10.5pt">La prise de pouvoir </span><span style="font-size: 8pt; font-family: Arial">"</span><span style="font-size: 10.5pt">par en haut" sur les grands moyens de production et d'échange n'est donc pas le socialisme, car il n'y a pas libre appropriation individuelle et collective. La cou­pure profonde en URSS entre le prolétariat des usines et des champs et le parti unique bolchevique a abouti </span><span style="font-size: 11pt">à </span><span style="font-size: 10.5pt">une dépoli­tisation massive, l'envers d'une dictature du parti-État. L'échec politique entraîne l'échec économique: la non re­montée des informations d'en bas, l'absence de coopérations horizontales entre collectifs de travail, entre unités écono­miques ont entraîné la démotivation, la démobilisation des ouvriers et des paysans, des cadres techniques; la collectivi­sation forcée des campagnes a abouti </span><span style="font-size: 11pt">à </span><span style="font-size: 10.5pt">un désastre écono­mique (énormes gâchis et gestions bureaucratiques inefficaces dans les entreprises collectivisées et les kolkhozes) ; l'indiffé­rence politique qui en est résultée, explique l'extrême facilité avec laquelle la </span><i><font size="2">nomenclatura </font></i><span style="font-size: 10.5pt">soviétique s'est convertie </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">l'éco­nomie capitaliste et a liquidé les institutions soviétiques. </span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Dans un autre contexte, capitaliste, mais relativement dé­mocratique (État de droit, liberté d'expression, pluralisme partisan), les expériences de transformation sociale initiée en Europe par les gouvernements de la gauche plurielle (avec ou sans les PC) et les social-démocraties ont aussi buté sur la non intervention des masses populaires au niveau politique et éco­nomique." (p67 et suiv. :&#160;fin de citation de Lojkine)</span></div>
<div>&#160;</div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Mais la démocratie économique (et politique) nécessite un bon niveau de formation des citoyens et un cadre institutionnel permettant que la Loi ne soit pas celle qui défende essentiellement les intérêts d'une classe dominante de privilégiés ou d'exploiteurs mais soit au service de tous.</span></b></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Pour JG, ceci est rendu possible parla mise en place d'une </span><u><span style="font-size: 10.5pt">république sociale.</span></u></b></div>
<div><i><span style="font-size: 10.5pt">"La «république sociale </span></i><i><span style="font-size: 9.5pt">», </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">chère à Jaurès, est une expres­sion hélas tombée en désuétude dans la bouche des élus socialistes, à quelques exceptions notables, dont celle de Jean-Luc Mélenchon<sup>8</sup>• Quelle est donc cette république? Elle est celle qui intègre les citoyens, non par la seule éga­lité politique, mais aussi par l'égalité sociale et par la solida­rité sociale, celle qui attache le plus haut prix </span></i><i><span style="font-size: 11pt">à </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">l'éducation citoyenne de chacun de ses enfants, celle qui construit un espace public laïc transcendant toutes les appartenances sin­gulières, non pour aliéner le droit </span></i><i><span style="font-size: 11pt">à </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">la différence, mais pour créer un monde commun à tous les différents, un monde où s'enracine le désir de vivre ensemble."</span></i></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Cette république sociale doit éviter le double écueil de l'hypersociété et de la dissociété et s'inscrire dans une société de développement humain pour reprendre sa terminologie.</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Cette république ne doit donc pas être monolithique et fermée.</span></div>
<div><i><span style="font-size: 10.5pt">"</span></i><i><span style="font-size: 11.5pt"> La république</span></i><i><span style="font-size: 11.5pt">socialiste ne peut pas mépriser les croyances, les cultures ou les traditions spécifiques, parce que la liberté des individus se construit et s'exprime aussi en elles, parce que l'individu en chair et en os ne s'émancipe pas en détruisant des liens sociaux, mais au contraire en les multipliant et en les diversifiant."</span></i></div>
<div>&#160;</div>
<div><span style="font-size: 11.5pt">Mais certains diront "Tout ça c'est bien beau, c'est généreux, mais pour moi, ce qui compte, c'est le concret : me loger, me soigner,…"</span></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Il n'y a pas d'opposition entre traitement des problèmes sociaux concrets et réflexion sur les fondements&#160;mais cohérence : la force d'une vraie gauche est de montrer que sa politique sociale et économique repose sur des fondements rationnels, scientifiquement valides, répond aux besoins humains fondamentaux,&#160;ce que les libéraux ne peuvent faire du fait que le fondement philosophique de leur action n'a pas d'assise scientifique valide.</span></b><span style="font-size: 10.5pt"> Leur soutien permanent au groupe prédateur trouve pour eux son fondement dans cette conception erronée : l'Homme est par nature et essentiellement un prédateur, un égoïste. Mais comme l'explique JG, les libéraux n'acceptent jamais les débats de fond car beaucoup savent parfaitement que leur action politique ne repose sur aucun socle en accord avec les sciences de l'Homme. Alors ils voilent leur indigence par le "pragmatisme", "la faillite des idéologies", la manipulation des émotions, etc<br />
</span></div>
<div>&#160;</div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Il est assez incroyable de constater qu'un ouvrage d'une telle qualité, d'une telle envergure n'ait pas été l'objet d'une vaste publicité dans les médias et notamment dans la presse qui se dit de gauche </span></b><span style="font-size: 10.5pt">alors que nombreux ouvrages bavards ou insignifiants sont placés en tête de gondole dans le supermarché médiatique. Mais c'est peut-être le reflet de l'indigence intellectuelle&#160;d'une certaine sphère politico-médiatique dont l'activité essentielle est la personnalisation de la vie politique, l'anectotisme, la narration factuelle ou narcissique et l'électoralisme. On pourrait être "plus optimiste" en disant que ce livre est trop dérangeant et que la chape de plomb du silence s'impose pour les principaux médias.</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Mais peut-être aussi que Jacques Généreux est trop en avance sur son temps et que la valeur de son œuvre sera comprise, comme pour Van Gogh, qu'après sa mort ? Mais peut-être suis-je ici un peu trop pessimiste !!</span></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Espérons que son travail permette aux multiples courants politiques à gauche du PS de "se remettre à niveau" (au niveau de leur temps)&#160;et trouver un fondement commun à la philosophie politique qui guide et donne du sens à leur action, au-delà des éternels discours sur "l'urgence sociale" et des plate-formes programmatiques que syndicats et associations sont capable d'élaborer, et surtout au-delà des tactiques et stratégies électorales alimentaires et claniques</span></b><span style="font-size: 10.5pt">.<br />
</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Hervé Debonrivage</span></div>
<div>&#160;</div>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_22</link>
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		<category></category>
		<itunes:author>Debonrivage</itunes:author>
		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 14:00:33 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Des fondements nouveaux pour la ph</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Debonrivage à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><br />
<div><b>Réflexions sur le <i>socialisme néomoderne </i>par H. Debonrivage<br />
</b></div>
<div>La crise économique&#160;et financière&#160;actuelle focalise toutes les attentions à gauche comme à droite mais celle-ci n'est que la partie émergée de l'iceberg d'une crise généralisée, non seulement du capitalisme contemporain qui s'est de plus en plus financiarisé mais <b>d'une crise politique plus générale </b>encore.&#160;Non seulement le libéralisme est à bout de souffle mais aussi les modèles alternatifs qui ont été développés au 20<sup>ème</sup>&#160;siècle ;: échec cinglant du socialisme étatique (improprement appelé communiste), épuisement des modèles sociaux-démocrates y compris scandinaves, échec de la gauche plurielle en France pour résoudre les problèmes sociaux majeurs.</div>
<div><b>Et à défaut d'idées nouvelles </b>, les partis dominants (UMP et PS en France) deviennent des entreprises de marketing politique : la politique n'est réduite progressivement à n'être, en-deçà ou au-delà des mots, qu'un gagne-pain (selon l'expression de Bourdieu) , c'est à dire une pourvoyeuse d'emplois, de gains et de profits narcissiques. Cette absence d'idées est occultée par des discours gestionnaires, sécuritaires et sociétaux. On ne peut donc être surpris des multiples ralliements, revirements, reconversions en tous genres, notamment dans des institutions internationales au service du libéralisme économique,( sous prétexte de "réalisme") &#160;on ne peut être surpris de ces pertes de repères qui frappent non seulement le PS mais aussi, dans une certaine mesure aussi la droite qui est devenue moins assurée dans sa foi aux bienfaits du libre marché non régulé. Pendant ce temps les conditions de travail et de vie se dégradent, les acquis sociaux&#160;se dissolvent. L'avenir des enfants devient problématique dans toutes les couches sociales, sauf pour une très petite frange de la population à patrimoine élevé.</div>
<div>Face à cette situation, la gauche du PS est incroyablement morcelée malgré de nombreuses convergences idéologiques. Grâce à une réflexion collective approfondie, ce morcellement pourrait être surmonté et aboutir à l'émergence d'une force politique nouvelle alternative de gauche. En attendant, cette gauche ne propose aucune alternative unitaire autre que des catalogues programmatiques de type syndical ou des convergences d'actions, souvent défensives et sans lendemain, ou encore des alliances électorales dont le contenu stratégique occupe l'essentiel du champ de ses discussions.</div>
<div>Cette gauche souffre donc d'une triple carence : <b>une absence de projet de société alternatif fondé sur de nouvelles bases</b> (absence de réflexion sur les fondements), une absence de structure organisationnelle d'un type nouveau conciliant la verticalité traditionnelle et l'horizontalité respectant les diversités et favorisant l'émergence de formes nouvelles de réflexion collective et d'action. Un aspect de cette carence organisationnelle est le déficit de liens des intellectuels avec les couches populaires. Enfin, une déficience d'audience liée à plusieurs facteurs endogènes et exogènes.<br />
&#160;</div>
<div>Une conséquence importante de cette situation est l'absence de relais politique pour satisfaire les revendications syndicales et associatives qui trouvent en face d'eux un pouvoir toujours plus arrogant ou intransigeant. Cette absence d'unité et de projet engendrent le désespoir et la rancœur des couches populaires qui se réfugient dans l'abstention, la dépolitisation . Cela peut même se traduire, dans certains cas, par le rejet des tracts ou journaux proposés par des militants de gauche, peut s'exprimer par une indifférence à l'égard des multiples petits mouvements de résistance. Et dans un tel contexte de division, on peut&#160;comprendre de tels comportements. Plus grave encore, cette division et absence d'alternative unitaire peut favoriser le développement de mouvements fascistes récupérateurs de la désespérance et de la souffrance sociale.<br />
&#160;</div>
<div><b>Or, le livre de Jacques Généreux arrive, si j'ose dire, au bon moment</b>, car après avoir fait un bilan du libéralisme et des expériences socialistes, en montrant comment leurs fondements (ou du moins une partie de leurs fondements) les mènent à leur perte, <b>il refonde sur de nouvelles bases ce qu'il appelle la société de développement humain ou le socialisme néomoderne</b>.</div>
<div>Nouvelles bases? JG creuse large et profond car sa prospection des sociétés passées à l'aide des science de l'Homme, le conduit à identifier <b>des invariants anthropologiques </b>incontournables pour la construction de toute société humaine, invariants qu'il va utiliser, en les adaptant, pour construire les 20 fondements anthropologiques du socialisme néomoderne.</div>
<div><b>Mais que signifie socialisme pour J.Généreux ?</b></div>
<div style="margin: 0cm 0.45pt 0pt 0cm"><i><span style="font-size: 12pt">"Ainsi, pour moi, le mot </span></i><i><span style="font-size: 12pt">« </span></i><i><span style="font-size: 12pt">socialisme» désigne </span></i><i><span style="font-size: 12pt">une théorie politique fondée sur une conception sociale de l'être humain, </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">savoir que l'être humain, sa conscience, sa personnalité, ses motivations, ses capacités, etc., se construisent dans et par la relation avec les autres hommes, si bien que chacun est </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">la fois acteur de la vie des autres et acté par la vie des autres. Cette conception est simultanément </span></i><i><span style="font-size: 12pt">à </span></i><i><span style="font-size: 12pt">l'opposé de l'individualisme méthodologique et du holisme, parce qu'elle récuse aussi bien tout déterminisme social que tout </span></i><i><span style="font-size: 12pt">déterminisme individuel. Il n'y a dans le socialisme métho­dologique aucun déterminisme, il n'y a qu'une interaction entre les êtres, d'une part, et entre les êtres et la société qu'ils constituent ensemble, d'autre part. L'histoire de cette interaction est contingente et pour cette raison ouverte à l'action politique qui vise à l'orienter. </span></i></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 10.3pt"><i><span style="font-size: 12pt">L'orienter dans quel but et comment? Dans </span></i><i><span style="font-size: 12pt">le but d'une égale et réelle liberté pour tous; par la transformation de la société en sorte que celle-ci renforce les liens solidai­res et les possibilités d'association qui étendent la capa­cité de tous. Le socialisme est donc ici défini par une méthode d'analyse de la société et par le projet d'une construction sociale de la liberté. Ce socialisme-là n'est pas un postulat arbitraire, c'est un cadre de raisonnement politique rigoureusement fondé par l'étude des connais­sances disponibles sur la façon dont les êtres humains se construisent, grandissent et vivent en société.(p55)</span></i></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 10.3pt"><span style="font-size: 12pt">JG définit ce socialisme comme <b>socialisme méthodologique fondée sur une conception scientifique et non idéologique ou métaphysique de la nature humaine</b>. Mais tout cela n'exclut pas , bien au contraire sa référence à Marx et Jaurès :</span></div>
<div style="text-indent: 10.2pt"><span style="font-size: 12pt">"</span><span style="font-size: 11pt"> <i>Cette refondation anthro­pologique ne dissout pas pour autant le double héritage de la morale et de la science socialistes du </i></span><i><span style="font-size: 8pt">XIX<sup>e</sup> </span></i><i><span style="font-size: 11pt">siècle. Nous verrons que, d'une certaine manière, elle réunit ces deux traditions en opérant la synthèse véritable de leurs intuitions. L'idéal humaniste de Jaurès ou de Malon et le matérialisme historique de Marx ou d'Engels sont insuffisants si on les oppose. Ils ouvrent au contraire un nouvel horizon quand on soumet l'humanisme du premier </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">l'ambition scientifique du second. Le socialisme néomodeme est le discours politique fondé sur une science de la nature humaine<sup>l6</sup></span></i><span style="font-size: 9pt">.(</span><span style="font-size: 9pt"> 15. Ci-après, par «anthropologie générale» ou par «science de l'homme </span><span style="font-size: 9pt">», </span><span style="font-size: 9pt">je désigne l'ensemble des disciplines pourvoyeuses d'informa­tions sur la constitution, le fonctionnement, le développement personnel et collectif des êtres humains. Cela inclut notamment la paléoanthropologie, l'éthologie, la psychiatrie, la psychanalyse, la neurobiologie, la psycholo­gie, la sociologie, l'économie, l'histoire, l'archéologie, l'ethnologie, etc.)</span></div>
<div style="text-indent: 10.2pt">&#160;</div>
<div><span style="font-size: 12pt">Cela ne signifie pas non plus que JG partage la vision sociologique marxiste du 19<sup>ème</sup> siècle.</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">Comme l'affirmèrent plus tard par exemple les auteurs marxiens Henri Lefèvre ou Maurice Godelier, JG précise :</span></div>
<div><span style="font-size: 12pt">"<i>La science de l'homme nous met aussi <b>sur la voie d'un nouveau matérialisme historique</b>. D'une part, les conditions matérielles de production et d'existence ne sont pas des infrastructures déterminant des superstructures idéologiques (idées, croyances, conventions sociales, etc.) ; en réalité, toutes les activités intellectuelles, morales et symboliques des êtres humains sont aussi matérielle aussi déterminantes que les autres formes matérielles d'existence. D'autre part, l 'histoire réelle de l'humain n'est pas d'abord celle des rapports de force économiques entre classes antagonistes. La constitution biologique, la psychologie des humains se sont forgées (des millions d'années durant) et se sont stabilisées dans le cadre petites communautés de chasseurs cueilleurs."</i></span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 8.4pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">On comprendra alors pourquoi JG accorde une place de choix à la psychologie dans son livre bien que l'auteur soit de formation économique.&#160;<br />
Pour autant, il n'a pas une conception substantialiste de la nature humaine. Pour lui :</span><i><span style="font-size: 12pt">"</span></i><i><span style="font-size: 12pt">Par «nature humaine </span></i><i><span style="font-size: 12pt">», </span></i><i><span style="font-size: 12pt">on entend donc </span></i><i><span style="font-size: 12pt">des fonctionnem­ents de l'être humain, invariants dans leur mécanisme mais d'une variété infinie dans leurs manifestations, parce que </span></i><i><span style="font-size: 12pt">celles-ci résultent de l'interaction complexe de multi­ples facteurs (génétiques, familiaux, culturels, institu­tionnels, etc.), dans le contexte singulier d'une histoire ~personnelle unique, elle-même encastrée dans une histoire collective particulière."</span></i></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">L'auteur définit 20 fondements anthropologiques qui s'opposent aux conceptions individualistes qui sont des idéologies légitimant le capitalisme contemporain : l'humain est un être social, aucun comportement n'est génétiquement codé, la liberté réelle est construite par la richesse des liens sociaux, etc</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><b><span style="font-size: 12pt">A partir de ces fondements anthropologiques </span></b><span style="font-size: 12pt">en accord avec la nature humaine, et qui définit ainsi un ordre social naturel,&#160;JG inverse la problématique de la liberté :</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 12pt">"Le problème politique majeur n'est pas d'introduire un ordre social sans détruire la liberté naturelle : il est d'introduire de la liberté dans l'ordre social naturel"</span></i><span style="font-size: 12pt"> .</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">On pourrait donc risquer cette boutade : Jacques Généreux est un Jean-Jacques Rousseau des temps modernes !</span></div>
<div style="margin: 0.45pt 0.5pt 0pt 0cm; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">Il défend alors l'idée que la société est un bien en soi.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 12pt">"</span><span style="font-size: 11pt">Pour un être social </span><span style="font-size: 12pt">la société n'est pas un contrat facultatif d'échange de services, c'est le lieu inéluctable et le moyen même de l'existence. La société comme ses institutions constituent dès lors un bien en soi, et non unmal nécessaire."</span></i></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">L'auteur rejette donc une conception contractualiste (ou utilitariste) de la société où les droits sont conçus comme contreparties des obligations engendrant alors la compétition individualiste ou solidaire.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><b><span style="font-size: 12pt">Il y substitue une société de coopération solidaire</span></b><span style="font-size: 12pt">.</span></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">JG aborde aussi une question qui prend de plus en plus d'importance en Europe : le communautarisme mais sous un angle plus général et distancié : </span><b><span style="font-size: 12pt">quels peuvent être les rapports d'une communauté avec la société ? </span></b></div>
<div style="margin: 0.2pt 1.45pt 0pt 4.05pt; text-indent: -4.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 12pt">Il discerne dans toute société les liens intracommunautaires et les liens intercommunautaires ; il distingue alors quatre dynamiques de liens possibles :</span></div>
<div><i><span style="font-size: 12pt">"Selon que la société favorise ou contrarie les liens intracommunautaires et le liens entre communautés, on identifie quatre dynamiques: la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">dissociété individualiste </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui réprime ces deux types de liens; la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">dissociété communautarisée </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui soutient les liens intracommunautaires pour mieux séparer les communau­tés; </span></i><i><span style="font-size: 12pt">l' hypersociété </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui dissout les liens intracommunau­taires pour fondre les êtres singuliers dans un tout social homogène; la </span></i><i><span style="font-size: 12pt">société de progrès humain </span></i><i><span style="font-size: 12pt">qui s'efforce de soutenir et de concilier tous les liens sociaux. Cette dernière voie est celle du socialisme: elle ne construit pas la commu­nauté politique en détruisant les appartenances singulières, elle n'abolit ni la diversité des identités ni la conflictualité inhérente à cette diversité; elle préserve au contraire une humanité pleine, c'est-à-dire contradictoire, tendue entre l'être soi et l'être avec, et, comme le mouvement même de la vie, s'appuie sur cette contradiction pour engendrer la dialectique positive des liens qui libèrent."</span></i></div>
<div>&#160;</div>
<div>En analysant les aspirations fondamentales de l'être humain, par nature social, en actualisant la notion de nature humaine à la lumière des sciences contemporaines, en prenant appui sur les fondements anthropologiques, <b>JG définit méthodiquement&#160;les principes de philosophie politique d'une société socialiste néomoderne,</b> <b>principes, qui, à leur tour, expliquent et justifient des mesures politiques concrètes :</b> répartition des richesses, nécessité d'un secteur public puissant qui n'exclut pas une économie plurielle où le travailleur est aussi citoyen sur son lieu de travail. Il aborde, entre autres problèmes plus concrets : le rôle de l'impôt, la politiques du logement, de santé, d'éducation, l'abandon du productivisme, etc.</div>
<div>&#160;</div>
<div>Il ne s'agit donc pas seulement de reprendre les principes de philosophie politique de Locke, Rousseau, Montesquieu, Tocqueville, Marx, Weber, ou Rawls, etc à des fins de pur exercice ou satisfaction intellectuels, mais de <b>refonder une philosophie politique moderne pour donner assise à de nouvelles institutions, à une économie au service de l'humain et non au service d'une poignée de prédateurs, et aussi de permettre la construction et la vie de relations humaines non violentes et solidaires.</b></div>
<div><u><b>Et ce qui fait le caractère exceptionnel de ce livre est bien l'ampleur de son approche pour définir avec méthode les nouveaux fondements d'une société alternative</b></u>.</div>
<div>De même que les œuvres des philosophes des Lumières ont permis de penser et construire les démocratie modernes, l'œuvre de J.G permet de penser et de construire une société post-capitaliste et post-socialiste étatique.</div>
<div>&#160;</div>
<div>Il serait trop long de mentionner ici tous les thèmes abordés par JG, car son livre constitue, d'une certaine manière, un véritable traité complet de philosophie et de sociologie politique : <b>toutes les questions fondamentales sont abordées </b>: justice, égalité et inégalité, responsabilité, coopération, solidarité, fraternité, contractualité, propriété, rapport de l'Homme à la Nature et au vivant ;notion de croissance ou décroissance économique, rapport entre conceptions économique et écologie, etc</div>
<div>&#160;</div>
<div>Nous nous arrêterons sur une question que beaucoup considèrent comme prioritaire : <b>quel type de système ou de fonctionnement économique propose notre professeur d'économie JG ?</b></div>
<div>Nationalisations massives, étatisation, entreprises autogérées, société du tout marché ou économie planifiée ? <b>Les esprits avides de simplicité resteront sur leur faim</b>.</div>
<div>Après avoir étudié les rapports entre capitalisme et économie de marché,&#160;(p337 et suivantes)</div>
<div><b>JG propose une société à "économie plurielle"</b>. (qui n'a pas grand chose à voir avec l'expérience de la "gauche plurielle". (p352 et suiv.)</div>
<div><i><span style="font-size: 11pt">"<b>Une économie plurielle est constituée par une grande variété d'organisations productives</b>: associations d'éco­nomie solidaire, coopératives, mutuelles, entreprises indi­viduelles, PME privées, grandes entreprises publiques ou mixtes, sociétés de personnes et de capitaux, etc. Le pro­grès humain passant notamment par la sociodiversité et le progrès de la coopération, les politiques publiques doivent favoriser la libre création de formes multiples d' organisa­tions productives fondées sur l'association et la solidarité de leurs membres</span></i><span style="font-size: 11pt">."</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">Mais il s'agit pour JG de réaliser ce que ni les libéraux, ni les socialistes étatiques n'ont réussi à réaliser : <b>concilier démocratie et économie à tous les niveaux de la société </b>et, au premier rang, au niveau de l'entreprise :</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; text-indent: 10.05pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">"Le principe d'égalité impose l'égalité de pouvoir, de droits et de dignité pour chaque membre de la société. </span></i><b><span style="font-size: 11pt">Aucun citoyen ne doit être en capacité de dominer un autre citoyen du fait de sa position sociale, économique, hiérar­chique, etc.</span></b><span style="font-size: 11pt"> </span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; text-indent: 10.05pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">Cela implique notamment <i>un nouveau droit des sociétés privées qui distingue l'entreprise (bien commun </i></span><i><span style="font-family: arial"><font size="2">à </font></span></i><i><span style="font-size: 11pt">tous les acteurs) des capitaux (propriété privée de leurs détenteurs) et qui assure la participation de tous les acteurs de la pro­duction </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">la direction de l'entreprise et </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">à </span></i><i><span style="font-size: 11pt">l'affectation de ses résultats</span></i><i><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial">. </span></i><b><span style="font-size: 11pt">Une économie humaine ne peut comporter aucune institution dans laquelle un seul des acteurs en présence peut imposer sa domination sur tous les autres et se voir attribuer la propriété privée d'une production collective.</span></b><span style="font-size: 11pt"> Cette seule réforme est en soi la fin de la firme capitaliste au sens strict. L'égalité nécessite aussi un <i>renforcement des droits sociaux </i>dans toutes les formes d'entreprises, capitalistes ou non." </span></div>
<div style="line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">Les organisations syndicales voient leur rôle et pouvoir accrus :</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">" La réalité de ces droits suppose, notamment, des moyens et des <i>droits renforcés pour les représentants syndicaux </i>des salariés, une administration du travail dotée des moyens de contrôle et des effectifs nécessaires."</span></div>
<div style="margin: 0cm 0cm 0pt 0.7pt; line-height: 14.4pt">&#160;</div>
<div>Oui, mais qui organise et décide des orientations de l'entreprise&#160;ou, à un niveau plus élevé, des orientations économiques d'une région ou du pays ?</div>
<div>JG, dans l'application méthodique des principes expliqués dans les chapitre précédents (son ouvrage constitue un tout cohérent), se réfère alors au <b>principe de souveraineté populaire démocratique et à la Loi :</b></div>
<div style="line-height: 14.4pt"><font size="2">"</font><span style="font-size: 11pt"> Par ailleurs, <i>le principe de souveraineté impose que le peuple est seul souverain pour décider </i>(via <i>ses représen­tants ou directement) de l'ensemble des règles organisant </i></span></div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.2pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">la vie de la société</span></i><span style="font-size: 11pt">. Appliqué à la vie économique, ce prin­cipe a quelques conséquences majeures: </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- les lois et règlements appliqués aux activités écono­miques ne peuvent émaner que d'autorités élues par le peu­ple et responsables devant lui (ce sont ces lois et règlements que je désigne ci-après par </span><span style="font-size: 9.5pt">« </span><span style="font-size: 11pt">la loi démocratique») ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">-la loi démocratique décide des activités qui appartiennent à la sphère privée ou publique, à la sphère marchande ou non marchande; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- il n'y a pas de « libre concurrence» ; seuls les citoyens ont un droit à la liberté; la loi démocratique décide le champ d'ap­plication (les secteurs) et les modalités de la concurrence ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><span style="font-size: 11pt">- la propriété d'un actif quelconque ne confère à son détenteur aucun droit sur autrui ou sur la société autre que le droit à la protection de cette propriété par la loi (voir les développements sur la propriété à la section suivante) ; </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm; text-indent: 9.8pt; line-height: 14.4pt"><i><span style="font-size: 11pt">-<b>la loi démocratique est toujours supérieure aux contrats</b>, </span></i><span style="font-size: 11pt">c'est-à-dire à l'ensemble des arrangements particuliers négociés entre des individus ou des organisations privées ou publiques. </span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">Quoique les principes ci-dessus semblent aller de soi, ils constituent en réalité une révolution complète de la culture économique dominante<b>…."</b></span></div>
<div>&#160;</div>
<div><span style="font-size: 11pt">JG rappelle alors en quoi cette "culture économique dominante" repose sur des principes anthropologiques et philosophiques erronés.</span></div>
<div><span style="font-size: 11pt">(Rappelons ici que dans son livre précédent La disociété, JG fait une étude approfondie des fondements philosophiques et économiques du libéralisme en montrant leurs apports historiques positifs dans leur remise en cause du féodalisme et de l'ancien régime mais aussi en en montrant leurs limites et leur nature non scientifique ou métaphysique.)</span></div>
<div><b>Remarquons que sur ce point crucial de la nécessité d'une véritable démocratie économique, JG rejoint j'analyse de Jean Lojkine : <i>la double impasse de l'étatisme et du mouvementisme</i> dans son livre <i>La crise des deux socialismes : leçons théoriques; leçons politiques</i></b>.(Ed. Le Temps des cerises). Voici ce que dit cet auteur :</div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.2pt; text-indent: 14.6pt; line-height: 12.95pt"><font size="2">"</font><span style="font-size: 10.5pt"> Les expériences soviétiques mais aussi les expériences de gouvernement de la gauche </span><span style="font-size: 8pt; font-family: Arial">« </span><span style="font-size: 10.5pt">plurielle» (PS-PC-Écologistes) dans les pays capitalistes développés n'ont-elles pas prouvé </span><b><span style="font-size: 10.5pt">que toute tentative de transformation sociale par le haut était vouée </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">un double échec: politique et économique? </span></b><span style="font-size: 10.5pt">Un échec politique: sans liaison avec la mobilisation consciente des masses populaires, avec leur appropriation des objectifs pour­suivis, il n'y a pas de dépassement véritable du capitalisme, de passage durable au socialisme, et plus encore </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">une société com­muniste conçue comme la </span><span style="font-size: 8.5pt; font-family: Arial">« </span><span style="font-size: 10.5pt">libre association des produc­teurs ». </span></div>
<div style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 0.45pt; text-indent: 13.9pt; line-height: 12.95pt"><span style="font-size: 10.5pt">La prise de pouvoir </span><span style="font-size: 8pt; font-family: Arial">"</span><span style="font-size: 10.5pt">par en haut" sur les grands moyens de production et d'échange n'est donc pas le socialisme, car il n'y a pas libre appropriation individuelle et collective. La cou­pure profonde en URSS entre le prolétariat des usines et des champs et le parti unique bolchevique a abouti </span><span style="font-size: 11pt">à </span><span style="font-size: 10.5pt">une dépoli­tisation massive, l'envers d'une dictature du parti-État. L'échec politique entraîne l'échec économique: la non re­montée des informations d'en bas, l'absence de coopérations horizontales entre collectifs de travail, entre unités écono­miques ont entraîné la démotivation, la démobilisation des ouvriers et des paysans, des cadres techniques; la collectivi­sation forcée des campagnes a abouti </span><span style="font-size: 11pt">à </span><span style="font-size: 10.5pt">un désastre écono­mique (énormes gâchis et gestions bureaucratiques inefficaces dans les entreprises collectivisées et les kolkhozes) ; l'indiffé­rence politique qui en est résultée, explique l'extrême facilité avec laquelle la </span><i><font size="2">nomenclatura </font></i><span style="font-size: 10.5pt">soviétique s'est convertie </span><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Arial">à </span><span style="font-size: 10.5pt">l'éco­nomie capitaliste et a liquidé les institutions soviétiques. </span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Dans un autre contexte, capitaliste, mais relativement dé­mocratique (État de droit, liberté d'expression, pluralisme partisan), les expériences de transformation sociale initiée en Europe par les gouvernements de la gauche plurielle (avec ou sans les PC) et les social-démocraties ont aussi buté sur la non intervention des masses populaires au niveau politique et éco­nomique." (p67 et suiv. :&#160;fin de citation de Lojkine)</span></div>
<div>&#160;</div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Mais la démocratie économique (et politique) nécessite un bon niveau de formation des citoyens et un cadre institutionnel permettant que la Loi ne soit pas celle qui défende essentiellement les intérêts d'une classe dominante de privilégiés ou d'exploiteurs mais soit au service de tous.</span></b></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Pour JG, ceci est rendu possible parla mise en place d'une </span><u><span style="font-size: 10.5pt">république sociale.</span></u></b></div>
<div><i><span style="font-size: 10.5pt">"La «république sociale </span></i><i><span style="font-size: 9.5pt">», </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">chère à Jaurès, est une expres­sion hélas tombée en désuétude dans la bouche des élus socialistes, à quelques exceptions notables, dont celle de Jean-Luc Mélenchon<sup>8</sup>• Quelle est donc cette république? Elle est celle qui intègre les citoyens, non par la seule éga­lité politique, mais aussi par l'égalité sociale et par la solida­rité sociale, celle qui attache le plus haut prix </span></i><i><span style="font-size: 11pt">à </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">l'éducation citoyenne de chacun de ses enfants, celle qui construit un espace public laïc transcendant toutes les appartenances sin­gulières, non pour aliéner le droit </span></i><i><span style="font-size: 11pt">à </span></i><i><span style="font-size: 10.5pt">la différence, mais pour créer un monde commun à tous les différents, un monde où s'enracine le désir de vivre ensemble."</span></i></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Cette république sociale doit éviter le double écueil de l'hypersociété et de la dissociété et s'inscrire dans une société de développement humain pour reprendre sa terminologie.</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Cette république ne doit donc pas être monolithique et fermée.</span></div>
<div><i><span style="font-size: 10.5pt">"</span></i><i><span style="font-size: 11.5pt"> La république</span></i><i><span style="font-size: 11.5pt">socialiste ne peut pas mépriser les croyances, les cultures ou les traditions spécifiques, parce que la liberté des individus se construit et s'exprime aussi en elles, parce que l'individu en chair et en os ne s'émancipe pas en détruisant des liens sociaux, mais au contraire en les multipliant et en les diversifiant."</span></i></div>
<div>&#160;</div>
<div><span style="font-size: 11.5pt">Mais certains diront "Tout ça c'est bien beau, c'est généreux, mais pour moi, ce qui compte, c'est le concret : me loger, me soigner,…"</span></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Il n'y a pas d'opposition entre traitement des problèmes sociaux concrets et réflexion sur les fondements&#160;mais cohérence : la force d'une vraie gauche est de montrer que sa politique sociale et économique repose sur des fondements rationnels, scientifiquement valides, répond aux besoins humains fondamentaux,&#160;ce que les libéraux ne peuvent faire du fait que le fondement philosophique de leur action n'a pas d'assise scientifique valide.</span></b><span style="font-size: 10.5pt"> Leur soutien permanent au groupe prédateur trouve pour eux son fondement dans cette conception erronée : l'Homme est par nature et essentiellement un prédateur, un égoïste. Mais comme l'explique JG, les libéraux n'acceptent jamais les débats de fond car beaucoup savent parfaitement que leur action politique ne repose sur aucun socle en accord avec les sciences de l'Homme. Alors ils voilent leur indigence par le "pragmatisme", "la faillite des idéologies", la manipulation des émotions, etc<br />
</span></div>
<div>&#160;</div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Il est assez incroyable de constater qu'un ouvrage d'une telle qualité, d'une telle envergure n'ait pas été l'objet d'une vaste publicité dans les médias et notamment dans la presse qui se dit de gauche </span></b><span style="font-size: 10.5pt">alors que nombreux ouvrages bavards ou insignifiants sont placés en tête de gondole dans le supermarché médiatique. Mais c'est peut-être le reflet de l'indigence intellectuelle&#160;d'une certaine sphère politico-médiatique dont l'activité essentielle est la personnalisation de la vie politique, l'anectotisme, la narration factuelle ou narcissique et l'électoralisme. On pourrait être "plus optimiste" en disant que ce livre est trop dérangeant et que la chape de plomb du silence s'impose pour les principaux médias.</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Mais peut-être aussi que Jacques Généreux est trop en avance sur son temps et que la valeur de son œuvre sera comprise, comme pour Van Gogh, qu'après sa mort ? Mais peut-être suis-je ici un peu trop pessimiste !!</span></div>
<div><b><span style="font-size: 10.5pt">Espérons que son travail permette aux multiples courants politiques à gauche du PS de "se remettre à niveau" (au niveau de leur temps)&#160;et trouver un fondement commun à la philosophie politique qui guide et donne du sens à leur action, au-delà des éternels discours sur "l'urgence sociale" et des plate-formes programmatiques que syndicats et associations sont capable d'élaborer, et surtout au-delà des tactiques et stratégies électorales alimentaires et claniques</span></b><span style="font-size: 10.5pt">.<br />
</span></div>
<div><span style="font-size: 10.5pt">Hervé Debonrivage</span></div>
<div>&#160;</div>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_21</link>
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		<itunes:author>Debonrivage</itunes:author>
		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 14:00:28 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title></title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><p><span style="font-size: smaller"><b>Terme de l'analyse : la philosophie politique comme "science du désir".<br />
</b><br />
Au terme de notre analyse, nous sommes en mesure de présenter une synthèse de notre réflexion :</span><br />
<br />
           Autrui ------------> Désir ----------> Moi   <i><span style="font-size: smaller"> <span style="color: #ff0000">Temps Socialiste</span></span></i><span style="color: #ff0000"><br />
</span><br />
<br />
           Autrui <----------- Désir ---------< moi       <i><span style="font-size: smaller"><span style="color: #0000ff">Temps Libéral</span></span></i><br />
<br />
<br />
           "Autrui-<i>Rival</i>" ----> Désir ---------> Moi     <i><span style="color: #800080"><span style="font-size: smaller">Temps Néo-Libéral<br />
</span></span></i><span style="font-size: smaller"><br />
La philosophie politique se définit ici comme "science des métamorphoses du désir" engendrant ce que nous avons appelé 3 "Temps" :<br />
- "<i><b>Temps objectif" </b></i>dans le cadre de la <b><i>pensée socialiste </i></b>ou le désir est perçue pour ce qu'il est : désir mimétique.<br />
- "<i><b>Temps du vécu subjectif" </b></i>dans le cadre de la <b><i>pensée libérale </i></b>ou le "Moi" se perçoit comme à l'initiative de son désir.<br />
- <i><b>Temps "objectif rival"</b></i> dans le cadre de la <b><i>pensée néolibérale </i></b>ou le savoir du désir mimétique est connu mais où cette connaissance est utilisée de manière rivale vis-à-vis d'autrui (principe des "initiés" sur les marchés financiers).<br />
<br />
Merci à Jacques Généreux pour son livre.</span></p>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_20</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 13:42:36 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title></title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><p>Modèle anthropologique enrichi "TEMPS, DESIRS-Moyens, DESIRS-Fins, BESOINS (Fourastié, Girard, Keynes, Maslow)<u><br />
</u><br />
<br />
                <span style="color: #800080"><i><span style="font-size: smaller">Temps "néolibéral"</span></i></span>                                              <i><span style="color: #0000ff"><span style="font-size: smaller">Temps libéral<br />
</span></span></i>  Désirs-Fins" (Argent) <----(p)----<b>TEMPS</b>---(N)---> Désirs-Moyens (Objets) -------> BESOINS <br />
                                                                 ---(G)-------------------------------------------><br />
                                                                                           <i><span style="color: #ff0000"><span style="font-size: smaller">Temps socialiste</span></span><br />
</i>      <br />
L'apport de la pensée de Keynes sur l'argent nous permet d'enrichir le modèle en faisant apparaître un troisième temps, le temps "néolibéral", temps ou le désir mimétique devient sa propre fin par la médiation d'un objet dématérialisé, la monnaie.<br />
On perçoit ici toute l'ambivalence de l'Economie en équilibre entre deux tendances : les "désirs-moyens" et les "désirs-fins".<br />
Les temps "libéral" et "socialiste" (selon la défintion donnée plus haut) sont ici complémentaires en prenant la forme concrête du "niveau de vie" et du "genre de vie" (ou "climat de vie").       <i><span style="color: #0000ff"><span style="color: #ff0000"><span style="font-size: smaller"><br />
<br />
</span></span></span></i></p>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_19</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 11:47:59 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Modèle anthropologique &quot;Temps, Besoins, Désirs (Fourastié, Maslow, Girard)&quot;</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><p>Nous souhaiterions ici amorcer une première ébauche&#160;de modèle anthropologique&#160;articulant&#160;3&#160;thèmes qui nous paraissent particulièrement complémentaires et féconds pour la science économique&#160;: le Temps (Jean Fourastié), le Désir mimétique (René Girard), les Besoins (Abraham Masow).<br />
<br />
Voici le schéma de l'articulation très simple&#160;que nous proposons :<br />
<br />
&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;<b>&#160; ------------&gt;Objets (DESIRS)--------&gt; (N)<br />
TEMPS&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; BESOINS<br />
&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; --------------------------------------------&gt;(G)<br />
</b><br />
<i>Le Temps </i>est ici le cadre dans lequel se déploie l'activité humaine.<br />
La finalité de l'utilisation du Temps est la satisfaction des <i>Besoins Humains Fondamentaux </i>(cf. Maslow pour une liste hiérarchisée de ces besoins).<br />
<br />
La satisfaction des Besoins humains&#160;passe par&#160;2&#160;chemins (cf. Fourastié)&#160;:<br />
(N) celui du "Niveau de vie"<br />
(G) celui du "Genre de vie"<br />
<br />
Le "Niveau de vie" (N)&#160;consiste en une satisfaction des Besoins <i>par la médiation des objets&#160;</i>(peu importe ici que cette médiation soit jugée "indispensable" ou "superflue")&#160;<br />
Ces objets étant par définition en quantité rare, se déclence un mécanisme de <i>Désir Mimétique </i>(cf. Girard). La solution pour satisfaire un besoin humain par la médiation des objets (et donc par le&#160;déclenchement du mécanisme du désir mimétique)&#160;passe par la production industrielle de masse.<br />
<br />
Le "Genre de vie" (G)&#160;consiste en une satisfaction <i>directe</i> des besoins sans passer par l'acquisition d'un objet. L'attention se porte ici sur le temps choisi et la qualité des&#160;relations sociales.<br />
<br />
Comment se réalise l'arbitrage du temps affecté au niveau de vie et au genre de vie ? De 2 manières :<br />
<br />
- par les gains de productivité dans la production d'un bien qui permet d'affecter le gain de temps soit à la production d'un nouveau bien, soit au genre de vie (cf. Fourastié par exemple dans "Les 40 000 heures").<br />
- par un processus démocratique portant sur l'arbitrage du temps qui doit être consacré au niveau de vie et au genre de vie.<br />
<br />
Merci à tout lecteur de me faire part de ses observation sur cette première ébauche de modèle anthropologique simple pour l'analyse économique.<br />
&#160;</p>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_18</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2009 08:29:49 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: La pensée libérale est-elle cohérente avec elle-même ? Une lecture mimétique</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Au&#160;lecteur qui m'aura suivi jusqu'ici : vous aurez sans doute remarqué que le schéma présentant la <i>Relativité&#160;du rapport social&#160;relativement&#160;aux&#160;"Temps" libéraux et socialistes </i>s'est involontairement&#160;décalé lors de l'enregistrement.<br />
Le schéma originel est celui-ci :<br />
<br />
&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; <b><span style="color: #ff0000">Autrui </span></b><span style="color: #ff0000">------------------&gt; <b>Désir</b> ---------------------&gt; <b>Moi</b>&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span><b><i><span style="font-size: smaller"><span style="color: #ff0000">"Temps Socialiste"<br />
</span></span></i></b><br />
&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;<span style="color: #0000ff">&#160;</span><span style="color: #0000ff">&lt;----------<b>b</b>-----------&lt;-------------<b>a</b>-------------&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;<span style="font-size: smaller"> </span><i><b><span style="font-size: smaller">"Temps Libéral"<br />
</span></b></i><br />
</span>Répétons-le : le "Temps Libéral", temps du vecu subjectif, <i>inverse</i> l'ordre chronologique des évènements. C'est la condition d'existence psychologique&#160;du "Moi" qui proclame :&#160;<br />
a) la <i>propriété</i> de son désir<br />
b) la <i>priorité</i> de son désir sur celui d'autrui.<br />
<b>Merci à tout lecteur de bonne volonté de me faire part de ses critiques, commentaires etc...</b>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_17</link>
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		<category></category>
		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 16:24:01 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>La pensée libérale est-elle cohérente avec elle-même ? Une lecture mimétique</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><p><span style="font-family: Arial; font-size: 10.5pt">Il existe deux manières de démontrer qu'une pensée est "fausse" :<br />
<br />
- la première<b> </b>consiste à démontrer sa fausseté par rapport à la nature du réel. Ainsi on peut s'efforcer de montrer que la pensée libérale est "fausse" par rapport à une certaine réalité objective, la réalité "anthropologique" par exemple.&#160;<br />
La difficulté de cette démarche, cependant, est que si cette réalité anthropologique est elle-même le résultat de la subjectivité des êtres qui la composent alors on ne peut plus s'en servir&#160;comme d'un&#160;point d'appui pour établir une comparaison objective avec la pensée que l'on examine. Cela revient en effet à comparer une "pensée subjective" avec une réalité elle-même "subjective".<br />
<br />
- la seconde manière consiste à prendre la pensée à examiner et tenter de vérifier si, à l'intérieur de cette pensée, il n'existe pas une incohérence interne, une sorte de "volte-face" où elle se mentirait à elle-même.<br />
<br />
Tentons l'expérience avec la pensée libérale à la lumière du "Désir Mimétique".<br />
<br />
Le désir mimétique se présente comme un&#160;"instrument" du lien&#160;entre les humains qui détermine leurs rapports selon un certain déroulement chronologique :<br />
<br />
&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;<span style="color: red"> Autrui ---------&gt; Désir -----------&gt; Moi<br />
</span><br />
C'est l'imitation d'Autrui qui va d'abord créé un mouvement psychologique nommé "Désir".&#160;<br />
Puis c'est ce mouvement qui va engendrer un "Moi". On peut donc parler de <i>"Moi du Désir".</i><br />
<br />
</span><i><span style="font-family: Arial; font-size: 7.5pt">Note : précisons que le "Moi" dont nous parlons ne résume pas à lui seul la totalité de la personne humaine. Il conviendrait, pour se faire, d'y ajouter, sans prétentions d'exhaustivité, ses "Besoins", sa "Mémoire", sa capacité de "Projection" dans l'avenir, ses "Talents personnels" acquis ou innés...<br />
Si on reprend le modèle de description psychologique établi par Abraham Maslow et&#160;schématisé sous la forme&#160;d'une pyramide&#160;des besoins humains,&#160;le désir mimétique y prend très clairement&#160;la&#160;place des "besoins sociaux"&#160;au coeur de la pyramide entre la "base" (les "besoins physiologiques") et le "sommet" (ceux de "réalisation personnelle"). Notons au passage que le savoir&#160;du désir mimétique est&#160;sans doute le meilleur moyen d'appréhender ses "vrais" besoins à la "base"&#160;ainsi qu'au "sommet" de la "pyramide".<br />
</span></i><span style="font-family: Arial; font-size: 10.5pt"><br />
<b><i>Le mécanisme du Désir Mimétique présente donc la relation entre "Autrui" et "Moi" dans un certain ordre : le "Temps Socialiste", temps de la réalité objective.<br />
</i></b><br />
La pensée libérale, qui est aussi celle du vécu subjectif du "Moi", va inverser le sens réel des évènements.&#160;<br />
<br />
Cette inversion n'est pas une invention des penseurs libéraux : c'est ni plus ni moins la condition d'existence du "Moi". Elle fonde le "Temps Libéral".<br />
<br />
<b><i>Le "Temps libéral", temps du vécu subjectif, <u>inverse</u> donc le "Temps socialiste", temps objectif :<br />
</i></b><br />
&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;<span style="color: red"> Autrui ----------------&gt; Désir -------------&gt; Moi&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; "</span></span><i><span style="font-family: Arial; color: red; font-size: 7.5pt">Temps socialiste"</span></i><span style="font-family: Arial; font-size: 10.5pt"><br />
&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;<span style="color: blue">&#160;&lt;--------b----------------------a----------&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;"</span></span><i><span style="font-family: Arial; color: blue; font-size: 7.5pt">Temps libéral"&#160;</span></i><span style="font-family: Arial; color: blue; font-size: 10.5pt"><br />
</span><span style="font-family: Arial; font-size: 10.5pt"><br />
<b><i>Cette inversion du sens temporel va se faire par le "Moi", de manière subjective, à l'aide de deux "revendications"&#160;:<br />
</i></b><br />
<i><u>Psychologiques d'abord </u></i>:<br />
- en a : revendication par le "Moi" de la propriété de&#160;son "Désir"<br />
- en b : revendication par le "Moi" de la priorité de son "Désir" sur celui d'Autrui<br />
<br />
<i><u>Sociales ensuite </u></i>:<br />
-&#160;en a : droit de&#160;propriété<br />
- en b : pouvoir de subordination<br />
<br />
Ces deux revendications sont les revendications fondant le "Temps Libéral" et&#160;l'instituant socialement.<br />
<br />
</span><i><span style="font-family: Arial; font-size: 7.5pt">Note : on voit, au passage, contrairement à une idée reçue, combien la pensée libérale est ..."revendicative" !<br />
</span></i><span style="font-family: Arial; font-size: 10.5pt"><br />
</span><i><span style="font-family: Arial; font-size: 7.5pt">Note bis&#160;: notre propos n'est pas de&#160;remettre en question&#160;le "Temps Libéral"&#160;puisque nous vivons tous en quelque sorte "en son sein". Il est de&#160;suivre la pensée libérale sur la question du désir et de vérifier si elle est cohérente. Notre propos consiste donc plutôt ici à tenter de"remettre de l'ordre" au sein de la pensée libérale&#160;<u>à l'aide </u>de la pensée socialiste ! On retrouve l'idée de Jacques Généreux&#160;d' "Avenir de <st1:personname w:st="on" productid="la Liberté">la Liberté</st1:personname>" grace à la pensée socialiste.<br />
</span></i><span style="font-family: Arial; font-size: 10.5pt"><br />
<b><i>Ces&#160;deux revendications ne sont pas, hélas,&#160;sans poser problème.&#160;Pourquoi ?&#160;<br />
Tous simplement parce&#160;qu'elle prennent corps,&#160;on l'a vu, au sein du "Temps socialiste", temps de la réalité objective.<br />
</i></b><br />
Au terme du "Temps libéral" on va donc retrouver..."Autrui". Mais un "Autrui" désormais "rival" dans la satisfaction des désirs. Quelle forme va alors prendre ce nouveau rapport "rival" avec Autrui à la rencontre des "Temps" "Libéraux" et "Socialistes" ?<br />
<br />
Cette forme est simple et limpide : c'est celle qui consiste à appliquer à Autrui les "recettes" que, par ailleurs, on se refuse à soi-même.&#160;<br />
<br />
</span><i><span style="font-family: Arial; font-size: 7.5pt">Note :&#160;remarquons qu'on est ici en présence de la définition de la "mauvaise foi".<br />
</span></i><span style="font-family: Arial; font-size: 10.5pt"><br />
<b><i>Après avoir affirmé, à l'issue de deux revendications, son autonomie, le "Moi", rencontrant Autrui&#160;va&#160;se voir contraint à un brusque retournement&#160;de "stratégie".&#160;<br />
<br />
<u><span style="color: red">C'est précisément sur le lieu&#160;du "Marché des biens et services&#160;de&#160;consommation"&#160;que la pensée&#160;libérale se contredit sur&#160;la question du Désir.<br />
</span></u></i></b><br />
Ce retournement va se faire au dépent d'Autrui, considéré dès lors comme l'être le plus "mimétique" du monde, "être" qui&#160;a nécessairement besoin,&#160;pour exister, de prendre appui sur Autrui comme modèle de son Désir.<br />
C'est dès&#160;lors tout l'arsenal marketing et publicitaire&#160;qui va être déployé selon la première description du désir que nous&#160;avons&#160;présentée : celle du Désir Mimétique.<br />
<br />
</span><i><span style="font-family: Arial; font-size: 7.5pt">Résumons brièvement :&#160;<br />
La pensée libérale pose le&#160;"Moi" à l'origine de son "Désir". Cette conception du désir&#160;fonde l'institution libérale de la société :&#160;droit de propriété et&#160;pouvoir de subordination. Dans sa rencontre avec&#160;Autrui sur le "marché des biens et services de consommation", la pensée libérale fait soudain&#160;volte-face : la conception du désir change et autrui est considéré "mimétique" se voyant appliquer&#160;des méthodes relevant très clairement d'une connaissance pointue du désir mimétique.<br />
</span></i><span style="font-family: Arial; font-size: 10.5pt"><br />
<b><i>La pensée libérale devrait donc prendre acte d'une telle incohérence sur la question fondamentale du Désir humain. Pourquoi s'entêter à soutenir une certaine conception du Désir sur lieu de Production alors qu'on la dément sur le lieu de Consommation ?<br />
</i></b><br />
</span><i><span style="font-family: Arial; font-size: 7.5pt">PS : pour être tout à fait complet le "Désir mimétique" est un terme fondé par le philosophe René Girard. Le présent article est une libre application à la pensée politique du mécanisme du désir mimétique décrit pas le psychologue&#160;et neuropsychiatre&#160;Jean-Michel Oughourlian dans son ouvrage de psychologie&#160;"Genèse du Désir".</span></i><span style="font-family: Arial; font-size: 10.5pt"><o:p></o:p></span></p>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_16</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 09:45:35 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Ma lecture du Socialisme néomoderne</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><p>Pour démontrer la pertinence de&#160;la grille d'analyse en terme de "Désir Mimétique", je&#160;vous propose un petit exercice de décodage du discours politique.<br />
Pourquoi un slogan comme "Travailler plus pour gagner plus" (personnellement je n'ai rien contre le travail&#160;au contraire) a-t-il pu rencontrer un tel succès populaire ?<br />
C'est parce que, <i>d'un point de vue subjectif et en l'absence de la présence d'autrui</i>, c'est&#160;un raisonnement&#160;"rationnel" :<br />
<b>Moi</b> (Travaille +) <b>--&gt; </b>(Gagne +) <b>Désir<br />
</b>L'autre&#160;conception consiste&#160;prendre le problème "en&#160;amont" c'est-à-dire <i>en remontant à l'origine du&#160;Désir</i>.&#160;<br />
Après l'avoir écouté, c'est je pense le sens "caché"&#160;de l'interview de VP :<br />
<b>Autrui </b>("Esprit Commun") <b>--&gt; Désir </b>("Espace Public") --&gt; <b>Moi</b> (<i>au sens de "Travaille mieux"</i>).<br />
&#160;</p>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_15</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2009 09:51:22 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Ma lecture du Socialisme néomoderne</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Marc44 à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />&#160;<br />
un peu "new age", j'ai craint, mais finalement ça rejoint ce que Vincent Peillon déplorait au "rendez vous des politiques" hier matin.<br type="_moz" />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_14</link>
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		<itunes:author>Marc44</itunes:author>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2009 19:49:46 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Ma lecture du Socialisme néomoderne</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br /><p>Si je peux me permettre, il n'existe pas 36 façons&#160;pour construire une société "meilleure"...<br />
La seule et l'unique c'est de tout miser sur la voie ouverte par Abraham Maslow à la charnière des années 60-70 : celle du Développement Personnel.<br />
C'est le concept de "Désir Mimétique" qui doit être au coeur de ce nouveau mouvement de pensée&#160;que l'on peut déja nommer&#160;"Développement Interpersonnel".<br />
L'approche que je propose est extraordinairement simple et peut se dire en quelques phrases&#160;:&#160;<br />
1) <b>C'est la conception du "Désir" humain qui&#160;est <i>le&#160;</i><u><i>vrai facteur </i></u>qui différencie&#160;la pensée&#160;libérale de la pensée de socialiste.<br />
</b>2) <b><i>Par défaut tout individu perçoit son Désir comme le fait la pensée libérale.</i></b> C'est ce qui explique le succès de cette pensée. On peut donc affirmer que cette pensée est vraie du point de vue de l'individu (vérité subjective).<br />
Cette conception du Désir peut être représentée par le schéma :<br />
Moi --&gt; Désir<br />
Cela se dit "Je suis à l'origine de Mon Désir"<br />
3) <b>La conception socialiste postule au contraire que le Désir est "Mimétique".<br />
</b>Le schéma est ici :<br />
Autrui --&gt; Désir --&gt; Moi<br />
Cela se dit : "Le Désir qui m'anime est copié sur celui d'Autrui"&#160;ou encore "Nos Désirs sont interdépendants".<br />
4) <b><i>Cette pensée n'est pas "naturelle".</i> <i>Elle exige une conversion du regard </i>sur son propre Désir.</b><br />
C'est bien pourquoi une pensée socialiste a <i>beaucoup plus de mal </i>à s'imposer qu'une pensée libérale.<br />
<span style="color: #ff0000"><b>On peut donc tirer une première conclusion : les pensées libérales et socialistes sont toutes les deux vraies.&#160;Mais la pensée libérale est <u>subjectivement</u> vraie tandis que la pensée socialiste est <u>objectivement</u> vraie.<br />
</b></span>5) La méconnaissance de la nature de son propre désir entraine une rivalité avec autrui : une rivalité mimétique.&#160;<br />
En effet, en l'absence de repérage de la nature mimétique du Désir, chaque individi perçoit son désir comme le sien et donc le désir d'autrui comme un désir rival.<br />
<span style="color: #ff0000"><strong>Deuxième conclusion : ce n'est pas la "culture néolibérale" qui dresse les humains les uns contre les autres : </strong><u><strong>c'est le vécu subjectif de leurs désirs.<br />
</strong></u></span>6) C'est le Désir Mimétique,&#160;désir de posséder ce qu'autrui possède, qui est à la fois à l'origine du désir d'argent&#160;et le moteur de la croissance économique.<br />
7) <b>La condition&#160;principale pour mettre en place progressivement une "Société de Progrès&#160;Humain" c'est donc de pratiquer une <i>"pédagogie de désir"</i></b> sans quoi la "Démocratie effective et générale" risque fort de&#160;tourner à la "foire d'empoigne".<br />
<span style="color: #ff0000"><b>Troisième conclusion : le terme de "Désir Mimétique" doit faire son entrée et s'imposer progressivement comme un <u>terme&#160;majeur&#160;du débat politique</u>.<br />
</b></span></p>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_13</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2009 19:37:50 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Ma lecture du Socialisme néomoderne</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Marc44 à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />&#160;<br />
Les idées (je pense ici plutôt à la dissociété) sont une grille de lecture qu'on pourrait coller à de nombreuses situations (je pense par exemple à l'atmosphère dans les universités qui se dégradent, des gens qui deviennent plus individualistes que naguère, en raison à mon avis des évaluations, de la pression,..). C'est d'une adéquation frappante.<br />
<br />
Par contre, la stratégie, la tactique restent à définir pour convaincre le peuple de se frotter les yeux.<br />
Si cela pouvait être l'objet du 3eme volume....<br />
<br type="_moz" />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_12</link>
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		<itunes:author>Marc44</itunes:author>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2009 20:44:22 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Ma lecture du Socialisme néomoderne</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Une page de garde avec : "La Démocratie Néomoderne - ou L'Avenir de la Liberté", ça aurait été pas mal sur les rayons de librairie...un peu de "sens marketing" ne fait de mal à personne quitte à rester intransigeant sur le fond...<img alt="" src="/fckeditor/editor/images/smiley/msn/regular_smile.gif" />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_11</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2009 18:59:22 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Re: Socialisme vs libéralisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Marc44 à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />&#160;<br />
Mais il ne faut pas hésiter à critiquer ! <br />
On peut taper sur un argumentaire à coups de marteau non pour le détruire, mais pour évaluer sa solidité.<br />
Je préfère adhérer après avec bien tapé dessus qu'avec béatitude. Se faire alternativement l'avocat et l'avocat du diable, voilà un exercice lessivant mais instructif.&#160;]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_10</link>
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		<itunes:author>Marc44</itunes:author>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2009 09:11:02 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Socialisme vs libéralisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Je ne critique pas le bouquin...J'essaie&#160;juste de&#160;le "situer"&#160;dans une perspective plus "globlale"...<br />
Par ailleurs, je le trouve déja assez suffisamment complexe d'approche pour un citoyen "lambda".<br />
Peut-être à lire également après "Une brève histoire de l'Avenir" de Jacques Attali...comme une sorte d'approfondissement "psycho-socio-politique"...<br />
<br />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_9</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2009 09:04:40 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Socialisme vs libéralisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Marc44 à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />&#160;<br />
Je crois qu'il faut faire précéder la lecture de ce livre de l'indispensable "dissociété" de JG,<br />
qui décrit et démonte 'hypothèse alternative : cette de la droite.<br />
<br />
La lecture du "socialisme néomoderne" en paraît moins "gnan gnan".<br />
<br type="_moz" />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_8</link>
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		<itunes:author>Marc44</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2009 09:50:26 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Socialisme vs libéralisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Marc44 à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />&#160;ben oui. Le livre est intéressant, comme un "package" de valeurs, dont la cohérence est décrite.<br />
Cela me paraît utile, c'est une pièce du puzzle. Je n'adhère pas à la vision "livre de catéchisme".<br />
Et c'est un bon livre, car ça n'est pas un ramassis de buzzwords.<br />
<br />
Mais on veut aussi du concret, non qu'on ne soit capable de comprendre les théories, mais parce que le difficile, mais le vrai, c'est le couple théorie-pratique : l'un et l'autre, l'aller-retour incessant.<br type="_moz" />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_7</link>
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		<itunes:author>Marc44</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2009 09:47:50 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Socialisme vs libéralisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Entièrement d'accord avec la dernière remarque du précédent commentaire.<br />
On a plus l'impresion d'avoir à faire à un ouvrage de "psychologie du développement" qui voudrait prendre corps au sein d'une certaine "anthropologie chrétienne" plutôt qu'à un livre d'économie politique.<br />
La question de l' "Etre"&#160;semble y occulter les problématiques concernant l' "Avoir" pourtant au coeur de la vie économique et politique...]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_6</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2009 09:40:54 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Socialisme vs libéralisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Marc44 à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />&#160;<br />
Oui, cela m'a aussi frappé, mais je trouve le livre de Jacques beaucoup plus accessible, beaucoup plus concentré sur l'expression des thèses défendues. Le livre récent de Vincent Peillon est très ornementé du volet historique et références bibliographiques, très intéressantes mais moins "grand public", plus académique et moins percutant.&#160;Je trouve le livre de Jacques à la fois rigoureux et "grand public", proche d'un argumentaire prêt à l'emploi à tracter (en 300 pages...). Au contraire d'une perspective historique, il me paraît s'agir de remettre les idées (les thèses) à l'endroit, cartes sur table, une grille de lecture vraiment intéressante.<br />
<br />
Je l'ai fait circuler dans ma section du PS, avec l'espoir non qu'on y adhère nécessaire, mais qu'on l'utilise comme support de débat, il le mérite amplement. Je crois que les militants PS feraient leur l'essentiel de ce qui y est écrit ; on pourra contester fortement tel ou tel point ; mais là encore, ça serait insuffisant ; l'essentiel est que l'ouvrage est clair, percutant et un excellent support de discussion, d'argumentaire ou de contre-argumentaire.<br />
<br />
<br />
Philippe Raynaud disait ce matin sur FC qu'il s'agit d'une morale catho-bon-marché... j'aurais préféré dire qu'il s'agit d'un pamphlet social-démocrate scandinave des années 70 (à l'époque où "social-démocrate" n'était pas une insulte, et je voudrais réhabiliter ce mot).&#160;<br type="_moz" />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_5</link>
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		<itunes:author>Marc44</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2009 11:39:42 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Ma lecture du Socialisme néomoderne</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Deverne à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Certes, je comprends votre point. Du coup, il me semble que vous attachiez plus d'importance à la réhabilitation du socialisme qu'à la diffusion de vos idées. Celles-ci me semblent extrémement pertinentes, d'actualités, que l'on soit socialiste ou pas. <br />
<br />
Ma lecture de la situation actuelle en tant que citoyen lambda est que la population de notre pays (voire d'autres) est engluée dans le "en dehors du libéralisme actuel, point d'autre solution". Il me semble que votre livre montre très clairement en quoi d'autres chemins sont possibles et en quoi certaines croyances sont infondées. C'est ce message là qui me semble très important de diffuser ainsi que le projet de société tel que vous le voyiez.<br />
<br />
Le règlement de compte avec le socialisme, ce que certains en ont fait me parait un combat de moindre importance. Je vous le dis en tant que non socialiste (plutôt de droite en général), je trouve vos idées et votre approche excellentes. Elles gagneraient à ne pas être confrontées à un clivage Gauche / Droite qui est utile à certains mais qui empêche les débats de fond et réduit au silence les personnes qui amènent de vraies idées.<br />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_4</link>
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		<itunes:author>Deverne</itunes:author>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2009 10:10:01 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Ma lecture du Socialisme néomoderne</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de JG à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />J'entends bien ce que vous dites sur l'effet repoussoir qu'exerce sur certains le terme socialisme. Mais ce n'est pas parce qu'un concept a pu être détourné, dévoyé, abimé par une partie de ceux qui l'ont employé qu'il faut y renoncer. Cetains politiciens paresseux et qui n'ont que l'ambition des feuilles mortes (aller dans le sens du vent) sont passés maîtres dans cet art d'éviter les mots qui ne sont plus "à la mode". Pour ma part je ne cède jamais à la facilité ou au racollage. Le terme socialisme a bien besoin d'être réhabilité pour ce qu'il désigne vraiment (à l'origine) et je m'y emploie.]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_3</link>
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		<itunes:author>JG</itunes:author>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2009 22:53:58 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Science et totalitarisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de JG à l'article "&quot;Le Socialisme néomoderne..&quot;. Extrait. n°1." :<br /><br />Je lui répondrais "modestement" de lire mon livre car je réponds, je crois, trés précisément à sa légitime inquiétude...]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-1#comment_5</link>
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		<itunes:author>JG</itunes:author>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2009 22:45:37 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Ma lecture du Socialisme néomoderne</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Deverne à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />Ca y est, j'ai fini ce livre très bien écrit et auquel je souscris complètement bien que n'étant pas "de gauche". J'ai apprécié les explications anthropologiques qui découlent sur une critique des sociétés actuelles et qui fondent un projet de société basé sur un équilibre entre le soi et les autres, une primalité de la relation à l'autre.<br />
<br />
Je dirais que le contenu de ce livre amène des explications sur comment notre société est fondée à un niveau comparable aux philosophes des Lumières. <br />
<br />
Finalement, je n'ai pas compris une seule chose : le titre. Les concepts amenés par ce livre sont de mon point de vue universels à l'homme. Le mot "socialisme" est un mot qui est extrêmement mal compris ou galvaudé par certains. Du coup appeler votre livre "Socialisme Néomoderne" vous coupe d'une partie du lectorat qui aurait pu accèder à vos idées et ne reflète pas à mon sens à la fois la profondeur et l'universalité de votre réflexion. <br />
<br />
Indépendamment du parti de Gauche, il me semble que le contenu de votre livre devrait être propagé afin de montrer à tous qu'un autre monde est possible.<br />
<br />
Deverne]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_2</link>
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		<itunes:author>Deverne</itunes:author>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2009 11:13:08 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>3 critiques &quot;à chaud&quot;</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Néophyte à l'article "Avis, critiques, débat,..." :<br /><br />Bonjour Monsieur Généreux,<br />
Je viens de terminer la lecture de votre dernier ouvrage. Plutôt que faire l'éloge de sa réelle qualité, il m'a semblé plus utile d'en&#160;proposer 3 critiques "à chaud" :<br />
<b>1)&#160;Rapports sociaux au paléolithique.</b>&#160;La description des rapports sociaux aux paléolithique semble&#160;exagérément optimiste si on la&#160;met en parallèle d'autres sources anthropologique cf.&#160;l'ouvrage de Jean Guilaine et Jean Zammit "Le sentier de la guerre : visages de la violence préhistorique". D'une manière plus générale, il semble&#160;bien que la coopération humaine soit&#160;beaucoup plus exigente et délicate à obtenir que la rivalité.&#160;<i>C'est&#160;la leçon de toutes les grandes sagesses universelles</i>&#160;: inverser la pente de la rivalité humaine exige une très grande introspection doublé&#160;d'un&#160;grand savoir faire.<br />
&#160;<b>2 ) Un grand penseur absent.</b> Le grand penseur absent de votre ouvrage semble être Abraham Maslow. Sa pensée, schématisée par la célèbre "pyramide des besoins humains" aurait été en mesure, à elle seule, de contenir toute votre anthropologie <i>avec une grande économie de moyens</i>. Rappelons que pour Maslow, le besoin d'épanouissement&#160;personnel vient après les besoins sociaux. Il aurait été intéressant de mettre en parallèle son&#160;idée de "société eupsychique" avec la "société de progrès humain".<br />
<b>3) La difficulté de "mettre en pratique". </b>Si le "désir mimétique" pour les objets, pour l'argent peut aisément être remplacé par une "compétition symbolique" pour l'honneur, pour&#160;la reconnaissance de l'activité socialement utile, <i>la première conséquence pratique d'une telle affirmation </i>semblerait être de proposer, parallèlement à la version payante&#160;de votre ouvrage, une version intégralement gratuite en ligne.<br />
Voilà, ce sont 3 modestes remarques "à chaud" d'un ouvrage que je relierai tout de même une seconde fois. Très cordialement.]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/avis-critiques-debat#comment_1</link>
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		<itunes:author>Néophyte</itunes:author>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2009 20:32:38 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: Sciences , totalitarisme et démocratie</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Molo à l'article "&quot;Le Socialisme néomoderne..&quot;. Extrait. n°1." :<br /><br /><span style="font-size: smaller;">Les sciences sociales sont un fondement de la démocratie sociale qu'est le socialisme de liberté. Mes réponses (R)<br />
<br />
"Mais peut-on, dans le domaine de l'action politique faire autre chose qu'un usage idéologique de certaines données scientifiques&#160;?"<br />
R:&#160; Tout d'abord les sciences, sociales particulièrement, se développent dans des contextes démocratiques ou de recul de l'intégrisme: de l'Athènes de Périclès à la Renaissance et la suite. Ensuite les sciences humaines peuvent contribuer à critiquer les idéologies asservissantes.<br />
<br />
"Car en science, il n'y a certainement pas de débat démocratique&#160;: ce n'est, en principe, pas la communauté des scientifiques qui décide de ce qui est vrai ou pas à la suite d'un débat démocratique, et pourquoi pas à la suite d'un vote&#160;! Ce sont des faits précisément quantifiables qui corroborent ou infirment les conséquences logiques déductibles d'une hypothèse."<br />
R: Encore faut-il, pour que la science avance, que le contexte démocratique permette aux outsiders de critiquer librement les thèses erronnées précédentes et de publier les leurs contre les intégrismes papal, jdanovien, hitlérien ou autres.<br />
<br />
"Le libéralisme est certes une idéologie dans la mesure où il n'était pas nécessaire d'attendre la crise actuelle pour se rendre compte depuis longtemps déjà de la fausseté de l'idée selon laquelle l'aisance matérielle et le progrès humain en général pour tous serait le fruit spontané de la Main invisible du Marché entièrement livré à lui-même, sachant que quelques uns cependant avaient et ont toujours intérêt à ce que se maintienne cette croyance. Mais en quoi le socialisme n'est-il pas une idéologie au sens où je viens d'en parler&#160;? Et s'il est une science, ou fondé sur des sciences, comment échapper à la tentation qui en découle, de ne pas accepter le débat démocratique qui relève de la décision collective et non de la soumission à l'observation pure des faits&#160;?"<br />
<br />
R: Pour échapper à cette tentation il suffit de prendre en considération la science historique et de tirer les leçons du contre exemple de la dictature bureaucratique stalinienne. L'observation pure de faits innombrables étant impossible, celle-ci est donc&#160; toujours guidée par des théories qui sont faillibles. La démocratie est un impératif du socialisme néo-moderne<br />
<br />
"Et l'exemple que tu donnes, Molo, par rapport à la question que je posais précédemment, n'est justement pas des mieux choisis&#160;: si tu considères - avec raison - que des preuves sérieuses réfutent définitivement le géocentrisme, tu seras naturellement porté à considérer qu'il ne peut y avoir qu'une perte de temps à débattre avec ceux qui y croient encore car si les preuves scientifiques de l'héliocentrisme ne les ont pas convaincus, rien de rationnel ne pourra les convaincre. Tu considèreras que leur attachement au géocentrisme ne peut relever que de passions mal contrôlées, voire de la folie. Tu vois que ça peut donner si on applique cela au domaine politique, si on pense détenir la vérité scientifique quand d'autres maintiennent des thèses opposées aux tiennes."<br />
<br />
R.: Le débat scientifique et démocratique permet de rendre progressivement minoritaires sans parfois les faire disparaître les thèses erronnées. La revendication de la scientificité à mon sens permet de lutter contre le relativisme, l'irrationalisme ou le nihilisme. Elle recentre le débat politique sur des bases rationnelles. Elle permet de critiquer l'idéologie marchéiste ou néo-libérale qui est à l'origine de la crise actuelle ainsi que les idéologies dictatoriales.<br />
&#160; Cependant le socialisme néo-moderne est à la fois scientifique et idéologique. C'est pourquoi la défense de l'autonomie scientifique contre toute intrusion de pouvoirs non scientifiques doit être un axe de lutte central de ce socialisme néo-moderne de liberté.</span>]]></description>
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		<itunes:author>Molo</itunes:author>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2009 17:42:36 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Socialisme vs libéralisme</title>
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<![CDATA[Réponse de Fabien à l'article "« Le Socialisme néomoderne  » Extrait n°3" :<br /><br />J'adhère totalement à cet extrait évitant les contresens philosophiques et historiques sur les rapports entre socialisme et libéralisme. Une chose me frappe cependant : cela pourrait être du Vincent Peillon ! En effet, lui-même s'acharne à réhabiliter (avec raison) le socialisme républicain pré-marxiste que vous évoquez. Alors que s'est-il passé ? Peillon a-t-il mal tourné ? Qu'est-ce qui vous sépare au point que vous ne soyiez même plus dans le même parti ? <br />
Signé : un lecteur fidèle mais désespéré par l'éclatement de la gauche face à la régression sarkozyste !!]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-3#comment_1</link>
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		<itunes:author>Fabien</itunes:author>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2009 05:04:32 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Re: Science et totalitarisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Christian Lars à l'article "&quot;Le Socialisme néomoderne..&quot;. Extrait. n°1." :<br /><br />Je ne dis pas que j'adhère pleinement à cette objection qu'on pourrait tirer de Comte Sponville, mais je la trouve assez utile pour la soumettre à la réflexion de notre "économiste hétérodoxe" préféré. J'adhère aux analyses généreuses sur la prétendue modernité de la gauche libérale, mais j'ai tout de même une inquiétude sur l'usage qu'on peut faire de la science en politique, comme si on pouvait déduire de théories sociales ou économiques ce que nous devons collectivement décider.<br />
<br />
Certes, la science véritable, si l'on en croit Popper, n'affirme rien comme vérité définitive, une théorie n'est vraie ou simplement plus probable que les autres que tant qu'il n'y a pas eu preuve du contraire, ce qui laisse une marge de doute permettant les remises en causes possibles, face à des faits nouveaux que la théorie n'avait pas prévus. En revanche quand des faits ne sont pas conformes à ce qu'une théorie avait prévu, celle-ci est définitivement réfutée en l'état. On pourra certes dire que les régimes nazis ou staliniens étaient en fait plus dans l'idéologie que dans la science, l'idéologie n'étant pas nécessairement une théorie fausse mais une théorie fermée sur elle-même qui arrange les faits à sa sauce selon ce qu'on veut leur faire dire. Mais peut-on, dans le domaine de l'action politique faire autre chose qu'un usage idéologique de certaines données scientifiques ?<br />
<br />
Car en science, il n'y a certainement pas de débat démocratique : ce n'est, en principe, pas la communauté des scientifiques qui décide de ce qui est vrai ou pas à la suite d'un débat démocratique, et pourquoi pas à la suite d'un vote ! Ce sont des faits précisément quantifiables qui corroborent ou infirment les conséquences logiques déductibles d'une hypothèse.<br />
<br />
Le libéralisme est certes une idéologie dans la mesure où il n'était pas nécessaire d'attendre la crise actuelle pour se rendre compte depuis longtemps déjà de la fausseté de l'idée selon laquelle l'aisance matérielle et le progrès humain en général pour tous serait le fruit spontané de la Main invisible du Marché entièrement livré à lui-même, sachant que quelques uns cependant avaient et ont toujours intérêt à ce que se maintienne cette croyance. Mais en quoi le socialisme n'est-il pas une idéologie au sens où je viens d'en parler ? Et s'il est une science, ou fondé sur des sciences, comment échapper à la tentation qui en découle, de ne pas accepter le débat démocratique qui relève de la décision collective et non de la soumission à l'observation pure des faits ?<br />
<br />
Et l'exemple que tu donnes, Molo, par rapport à la question que je posais précédemment, n'est justement pas des mieux choisis : si tu considères - avec raison - que des preuves sérieuses réfutent définitivement le géocentrisme, tu seras naturellement porté à considérer qu'il ne peut y avoir qu'une perte de temps à débattre avec ceux qui y croient encore car si les preuves scientifiques de l'héliocentrisme ne les ont pas convaincus, rien de rationnel ne pourra les convaincre. Tu considèreras que leur attachement au géocentrisme ne peut relever que de passions mal contrôlées, voire de la folie. Tu vois que ça peut donner si on applique cela au domaine politique, si on pense détenir la vérité scientifique quand d'autres maintiennent des thèses opposées aux tiennes.<br />
<br />]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-1#comment_3</link>
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		<itunes:author>Christian Lars</itunes:author>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 23:32:23 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Re: Science et totalitarisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Molo à l'article "&quot;Le Socialisme néomoderne..&quot;. Extrait. n°1." :<br /><br />Sans vouloir répondre à la place de Jacques G. je réagis tellement ça me parait gros.<br />
La science est fondée sur le débat démocratique rationnel et donc le pluralisme politique démocratique.<br />
<br />
Les soi-disants "scientismes" stalinien ou hitlerien ou intégriste n'ont rien à voir avec la science puisque notamment ils ont aboli ou veulent abolir la démocratie pluraliste.<br />
&#160;Se réclamer de la science c'est distinguer des idées et théories vraies d'idées et théories fausses. La théorie scientifique doit être logique et corroborée par des faits, non infirmée par d'autres faits: théorie épistémologique de K.Popper.<br />
&#160;La terre tourne autour du soleil c'est vrai. Le soleil tourne autour de la terre c'est faux. Pourquoi voulez vous mettre sur le même pied ces deux énoncés?
<p>&#160; Merci à Jacques Généreux de mobiliser les avancées des sciences humaines pour tenter de faire progresser la démocratie.</p>]]></description>
		<link>http://neomoderne.fr/news/le-socialisme-neomoderne-extrait-n-1#comment_2</link>
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		<itunes:author>Molo</itunes:author>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 19:35:03 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Science et totalitarisme</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Christian Lars à l'article "&quot;Le Socialisme néomoderne..&quot;. Extrait. n°1." :<br /><br />Cher Jacques,<br />
Dans un de ses livres, André Comte Sponville dit que ce qu'il y a de plus dangereux en politique, c'est quand les politiciens croient pouvoir fonder leur action sur la science, car alors ils ne doutent plus de rien alors que la politique, c'est le lieu de la décision arbitraire par excellence. En démocratie notamment, on admet qu'il peut y avoir une pluralité d'opinions, certes aussi informées et critiques que possible, mais plusieurs parce que dans un sens comme dans l'autre, il y a toujours une part d'incertitude et donc des choix à faire, des décisions forcément arbitraires à prendre. Si on commence à penser que ses options politiques sont fondées scientifiquement, pourquoi admettre de laisser la parole aux opposants, forcément ignorants, une fois le pouvoir conquis ? <br />
<br />
Comte Sponville cite à ce propos les régimes nazi et stalinien qui prétendaient incarner à eux seuls, dans leurs pays respectifs, la seule vérité politique possible au nom des théories eugénistes ou du matérialisme dialectique. La conséquence est le totalitarisme, c'est-à-dire la prétention à pouvoir tout contrôler dès lors qu'un discours scientifique sert de référence indubitable. Notez que c'est aussi le problème au fond de ce qu'on appelle la technocratie où des énarques hauts fonctiionnaires décrètent ce qui peut et doit être fait et ce qui ne le peut pas du haut de leurs hauteurs conceptuelles, même si l'histoire encore assez récente des dérives du xxème siècle tempère cette tendance à prendre sa propre pensée pour la seule légitime puisque la seule "scientifique". Et on pourrait parler de la dictature douce que constitue le néolibéralisme avec tout l'arsenal médiatique de propagande dont Staline ou Hitler n'auraient même pas rêvé.<br />
<br />
Or dans ce livre, tu te réclames à plusieurs reprises d'une démarche scientifique pour "dépasser la modernité", que répondrais tu donc à Comte Sponville, s'il faisait cette objection ?<br />
Amicalement<br />
(pg86)]]></description>
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		<itunes:author>Christian Lars</itunes:author>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2009 00:49:47 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>Re: quelques questions</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de Enadim à l'article "&quot;Le Socialisme néomoderne...&quot;. Extrait n°2" :<br /><br /><p><span style="font-family: Times New Roman">Entendu, je comprend mieux sur la conception du socialisme, merci de votre explication.<br />
Sur l'emploie du mot ordre, j'avoue avoir exagérément chipoté.<img alt="" src="/fckeditor/editor/images/smiley/msn/angel_smile.gif" /> Je comprend qu'il s'agit d'une "certaine forme" d'ordre, autre que celle que réclame les conservateurs et les réactionnaires, qui ne soit pas le contraire de la liberté mais sa condition. Désolé donc d'avoir cherché la petite bête, mais ce qui va de soi va parfois mieux en le disant...<img alt="" src="/fckeditor/editor/images/smiley/msn/angel_smile.gif" /></span></p>]]></description>
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		<itunes:author>Enadim</itunes:author>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2009 20:47:46 -0000</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Re: quelques questions</title>
		<description>
<![CDATA[Réponse de JG à l'article "&quot;Le Socialisme néomoderne...&quot;. Extrait n°2" :<br /><br />Je vous remercie pour votre intérêt précoce.<br />
Le problème est que je donne ici des extraits d'un chapitre introductif, qui par conséquent<br />
ne peut vous donner une idée précise de mes positions... Cela peut inévitablement entrainer<br />
quelques ambiguités, comme il est normal dans toute lecture d'un morceau choisi tiré de son contexte.<br />
<br />
Dans le passage en question, quand je parle du libéralisme et du socialisme, je parle de la pratique habituelle de ces courants politiques et de leur interprétation usuelle, et non de <b>ma </b>conception.<br />
Manifestement vous avez parfaitement compris ma conception du socialisme, comme la philosophie politique et la methode scientifique d'analyse qui repose sur la conception juste de l'être humain et qui donc concilie toutes les aspirations humaines. Mais si cette conception est en germe dés les origines du socialisme moderne, elle n'est ni pleinement aboutie ni dominante. Celle qui va s'imposer dans la culture politique dominante est celle d'une priorité à l'égalité et à l'association, et avec le marxisme celle du socialisme comme mode de production fondé sur la propriété sociale. Et, à partir de la fin du XIXe siècle l'idée de fonder le socialisme sur une conception scientifiquement fondéede la nature humaine, i.e. sur une anthropologie a quasiment disparue. Les socialistes ont eu (certains du moins comme Leroux ou Marx) l'intuition de l'erreur anthropologique du libéralisme, mais ils n'ont pas explicitement entrepris de refonder le discours politique sur une nouvelle anthropologie. C'est en ce sens que, selon moi, pour aller au bout de cette intuition il faut dépasser le socialisme "moderne", ne plus considérer le socialisme comme un simple mode de production, ou un culte de l'association, ou encore celui de l'égalité réelle, mais comme une philosophie beaucoup plus générale et ambitieuse qui refonde toute la politique, l'économie et la société, sur ce que les sciences de l'homme nous apprenne sur le fonctionnement d'n être social par nature. C'est ce que j'appelle le socialisme néomoderne, celui qui nous fait entrer dans une nouvelle modernité...<br />
<br />
Ensuite, à propos de l'ordre, soit je me suis précedemment mal exprimé soit vous m'aurez mal compris.<br />
Ce que je conteste, c'est le retour à l'ordre moral ou l'ordre social traditionnel. Par extension, je critique tout discours politique qui évoque un nécessaire retour à l'ordre, dés l'instant où il ne précise pas de quel ordre il parle et des modalités de cet ordre. Car alors par défaut, cela ne peut évoquer dans les esprits que les formes anciennes. L'ordre juste entre dans ce lot car le qualificatif "juste" ne lève aucune ambiguité et même en ajoute en mêlant la justice à l'affaire. Toute société a besoin d'un minimum d'ordre et d'autorité. Vous décrouvrirez plus loin dans le livre que tout individu a aussi besoin de ce minimum là pour grandir et construire sa liberté. Le problème de la modernité en cette matière est que seserreurs anthropologiques lui ont interdit de penser l'ordre et l'autorité autrement qu'en contradiction avec la liberté individuelle. Et du coup d'ailleurs la modernité libérale n'a finalement pas su développer les libertés individuelles sans engendrer le désordre social et la mort de toute autorité légitime, ce qui finalement nourri aujourd'hui tous les rappels à l'ordre et à l'autorité qui font peser la menace d'une grande régression. Le défi d'une nouvelle modernité est donc d'échapper à ce cycle infernal et de trouver des principes d'ordre et d'autorité qui non seulement ne sont plus contradictoire avec l'émancipation individuelle mais sont aussi un instrument de cette émancipation. Je prétends et montre que c'est précisément une nouvelle modernité socialiste, fondée sur l'anthroplogie, qui peut relever ce défi. <br />
Malheureusement ces quelques précisions ne peuvent que vous laisser sur votre faim, puisque par définition elles ne peuvent remplacer la lecture des quelques 400 pages de mon livre. Désolé. ;-))<br />]]></description>
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		<itunes:author>JG</itunes:author>
		<pubDate>Sat, 07 Mar 2009 01:54:43 -0000</pubDate>
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	<item>
		<title>quelques questions</title>
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<![CDATA[Réponse de Enadim à l'article "&quot;Le Socialisme néomoderne...&quot;. Extrait n°2" :<br /><br /><span style="font-family: Times New Roman">M. Généreux ce que vous écrivez est interressant et je suis globalement d'accord avec vous mais j'ai quelques petits doutes et quelques petites choses qui m'interpellent je vous en cite deux.<br />
<br />
D'abord, je m'étonne de la façon dont vous présentez le socialisme et le libéralisme. J'ai l'impression, lorsque vous dîtes que l'Occident a oscillé entre le souci de la liberté et de l'égalité, de l'individu et de la société, entre&#160;le libéralisme et&#160;le socialisme, que vous renvoyez dos à dos libéralisme et socialisme, considérant que chacun a ses "bons côtés" (l'émancipation et le progrès pour l'un, le lien social et la solidarité pour l'autre) et ses dérives (l'hyperlibéralisme et la dissociété d'un côté, l'hypersocialisme collectiviste de l'autre), mais que tous les deux ont ce défaut de ne privilégier qu'une des deux aspirations ontogénétiques alors que la seule solution est de les combiner harmonieusement. Bref, que libéralisme et socialisme reposent tout les deux sur une erreur dans la conception de l'être humain; donc il faut trouver une, je ne dirais pas une "troisième voie" pour des raisons évidentes (puisque ce terme est attaché à ce qui est en fait une résignation de la gauche face au néolibéralisme), mais en tout cas une troisième option qui tourne le dos aux deux autres susnommées&#160;en "réparant" leur erreur commune, donc en associant les deux faces du désir d'être.&#160;<br />
Or, j'avais cru comprendre que dans votre grille de lecture, "socialisme" est précisément le terme qui définit cette option qui se fonde sur la nature sociale de l'humain. Dans votre contribution au forum du PS sur le thème "les socialistes et l'individu", vous regrettiez que Pierre Leroux parle des deux ennemis comme de l' "individualisme absolu" et du "socialisme absolu", indiquant qu'il y a un bon individualisme mais aussi un mauvais socialisme, alors que socialisme devrait désigner ce qui s'oppose à la fois à l'individualisme&#160;ET au collectivisme. Or, j'ai l'impression, en lisant cet extrait que vous nous offrez généreusement (sans mauvais jeu de mot), et notamment quand vous parler de l'oscillation permanente entre libéralisme et socialisme, l'utopie hyperlibérale et l'utopie hypersocialiste, que vous utilisez "socialisme" pour désigner ce "frère ennemi" du libéralisme qui commet lui aussi l'erreur de ne voir qu'une des deux aspirations de l'être (le désir "d'être avec" tandis que le libéralisme privilégie le désir "d'être soi").<br />
<br />
</span><br />
<span style="font-family: Times New Roman">Ensuite dans votre conclusion, vous dîtes qu'il faut&#160;<br />
</span><blockquote>
<div><span style="font-family: Times New Roman">redécouvir des principes d'ordre et d'autorité qui tiendraient à nouveaux les gens ensemble, sans détruire la liberté, sans effacer trois siècles d'mancipation.<br />
</span></div>
</blockquote><span style="font-family: Times New Roman">Je comprend ce que vous voulez dire, mais je suis surpris par les mots sélectionnés: ordre et autorité. Il me semblait que c'était une tendance condamnable qu'il y avait dans la famille socialiste d'aller dans le sens de l'alliance dont vous parler entre néolibéraux et conservateurs, c'est-à-dire de vouloir régler le problème de la compétition généralisée et de modérer la dissociété non par l'égalité et le lien social (comme ce devrait être le rôle des socialistes) mais par un retour à l'ordre, au moralisme et au sécuritaire, tendance incarné entre autre par Mme Royal. Dans une émission de radio il y a quelques semaines, vous lui reprochiez d'avoir emboité le pas à&#160;la campagne de&#160;M. Sarkozy, disant que c'était une erreur de faire appel à un retour de&#160;l'ordre, même&#160;qualifié de "juste", alors que les socialistes doivent pacifier la société par la solidarité et l'égalisation, que la&#160;solution n'est donc pas&#160;le retour à l'ordre autoritaire, comme le pense les libéraux-conservateurs et même, hélas, parfois des socialistes. Or, vous parlez bien là comme solution de l' "ordre" (même pas accompagné de "juste" ;-)&#160;), d'où mon étonnement.<br />
<br />
Voilà, ce sont les deux remarques qui me viennent pour l'instant à l'esprit. Je pense avoir déjà un peu trop écrit dans ce commentaire, je vais m'arrêter ici avant d'être vraiment trop long. J'espère que vous aurez le temps de répondre à mes interrogations. Merci en tout cas pour votre contribution au débat intellectuel de la gauche.</span>]]></description>
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		<itunes:author>Enadim</itunes:author>
		<pubDate>Thu, 05 Mar 2009 21:30:22 -0000</pubDate>
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<![CDATA[Réponse de  à l'article "Couverture et texte de couverture" :<br /><br />]]></description>
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		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 18:13:32 -0000</pubDate>
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<![CDATA[Réponse de  à l'article "Couverture et texte de couverture" :<br /><br />]]></description>
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<![CDATA[Réponse de  à l'article "Couverture et texte de couverture" :<br /><br />]]></description>
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<![CDATA[Réponse de  à l'article "Couverture et texte de couverture" :<br /><br />]]></description>
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